MONUMENT COMMÉMORATIF 14-18


Historique du monument Les symboles Les soldats Biographies

Plan

Plan originel approuvé par le Préfet. Sur le monument effectivement réalisé, on notera le remplacement du casque à pointe en cuir bouilli (Pickelhaube), instauré en 1842,  par le casque en acier (Stahlhelm), modèle 1916. De plus, l’étoile au-dessus de la croix de guerre à fait place à la croix latine

À Arc et Senans, comme dans beaucoup de communes de France, un « Comité pour le monument commémoratif aux enfants de la commune morts pour la France» s’est constitué au sortir de la Grande Guerre, dont le président était Monsieur Ernest Gaffiot-Parrod[1], quincailler au village.

Ces comités seront dissous une fois le monument achevé.C’est ce comité qui est à l’initiative de la réalisation de cet édifice et qui a mis en œuvre les moyens et le financement pour mener ce projet à son terme et l’inauguration qui eut lieu le 16 octobre 1921, avec un budget de 19897, 25 francs (21930,88 Euros en monnaie actualisée[2].)

Au  10 juin 1920, un projet est déjà élaboré et  des contacts sont pris avec la Société des Carrières et Usines de Belvoye[3] (Jura) et Corgoloin[4] (Côte-d’Or) qui s’engage, le 17 juillet suivant, à fournir et livrer à la fin du mois d’août 1921 les pierres taillées et sculptées pour une somme forfaitaire de 10350 francs, devis qui évoluera au gré des modifications apportées au projet, pour arriver à la somme de 11899,25 francs, transport compris, sans l’installation. C’est un investissement exceptionnel pour la commune.

Dès le mois de février 1921, des collectes de fonds sont organisées au village, elles réuniront la somme de 8015,15 francs (8834,35 Euros actuels). La commune ajoutera une subvention de 10821,75 francs, votée en séance de conseil municipal le 10 juillet 1921.

Le 31 mai 1921, le directeur de la Société des Carrières et Usines de Belvoye  et Corgoloin fait parvenir au maire d’Arc et Senans un descriptif détaillé du futur monument ainsi que la confirmation du prix convenu ; la ferronnerie de l’entourage est commandée à la  Société Guillot-Pelletier Fils, constructions métalliques à Orléans, le 7 juin.

Le 1er août, Léon Simplot, entrepreneur de travaux publics à Byans, s’engage auprès de Mr Gaffiot-Parrod pour la réalisation des travaux relatifs à la pose du monument.

Le coq en marbre qui coiffe l’édifice a été commandé à la société Édouard Rombaux-Roland à Jeumont (Nord) pour une somme de 1651 francs.

L’édification d’un tel monument érigé à titre d’hommage public doit faire l’objet d’une autorisation ministérielle, conformément à la loi du 10 juillet 1816 ; celle-ci parvient à la commune le 7 octobre 1921. Et le 19 octobre 1921, soit 3 jours après l’inauguration, le Préfet du Doubs « autorise la maire à traiter de gré à gré avec le directeur de la Société des Carrières de Belvoye, approuve les plans et devis concernant l’érection d’un monument à la mémoire des soldats morts pour la France. »Croix_Emplacement

 

 

L'emplacement choisi sera la place du village, devant l'église, emplacement à la vue de tous, ce qui entrainera le déplacement de la croix. Cette croix a été déplacée par les soins de l'entreprise Bourgeois d' Arc et Senans, pour être placée en face, de l'autre côté de la rue. C'est à cet endroit que se trouvait autrefois le four banal de Senans.

 

L’inauguration eut lieu le 16 octobre 1921 en grande pompe, en présence du sénateur du Doubs, Mr le marquis Pierre René de Moustier et avec banquet de la société de musique à l’hôtel Dugois d’Arc et Senans (394 francs). À cette occasion, une nouvelle collecte pour l’achat d’une couronne déposée au pied du monument rapportera 890,25 francs (981,24 Euros d’aujourd’hui).

Inauguration

Des cartes postales, éditées par la maison Gaffiot-Parrod, immortaliseront cet événement.

Bilan financier

Bilan financier de l'association.

Source : Archives communales, Série H Affaires militaires, cote 21, Justice militaire, monument aux morts de la Grande Guerre 14-18.

Un peu plus tard une plaque fut installée dans la chapelle d'Arc et des stèles commémoratives furent également apposées dans l'église paroissiale.

Plaque chapelle

Plaque commémorative de la chapelle d'Arc

 


[1]Martin, Onésime, Ernest Gaffiot (1872-1933), qui a épousé en 1889 Marie-Anaïs Parrod.

[2]Convertisseur de monnaie constante (valeur réelle en 2017). Source www.insee.fr.
[3]Vers Damparis.
[4]Côte de Nuits, non loin de Beaune.


LES SOLDATS MORTS POUR LA FRANCE

1914
1915
1916
CHAUVIN Louis
MALAPERT Albert
CUSSEY Louis
SAURIAT Justin
LAMBERT Étienne
RIGAUD Pierre
DUNAND Albert caporal
CHAVAUX Marcel
MERCIER Félix
BERTHAUD Auguste
JEANNIN Victor caporal
BELPAUME Charles
BOURGEOIS Joseph
RONDOT Ernest
RONDOT Victor
MARGELIN Marcel
MENERY Justin
BOUVERET Eugène
BOLIFRAUD Henri
RENARD Alexis
COHENDET Louis
BILLET Clément caporal
1917 1918
JEANNIN Joseph
DUBOIS Léon
CHEVALIER Louis lieutenant
MENOUX Marcel
DROXLER Charles
DEMILLIERE Léon
DELAMADELEINE Albert
BERCEY Paul
VERNEREY Joseph
DESTOT Étienne lieutenant
ANDRÉ Antoine

Pour certains d’entre eux, ceux qui ont été portés disparus, l’année figurant sur le monument (celle de leur décès effectif) ne correspond pas à celle qui figure dans les registres de l’état civil. Cette dernière, correspondant au jugement déclaratif du tribunal, intervenu quelques années plus tard, fait office de date officielle.

Deux autres poilus morts pour la France, natifs du village, ne figurent pas au monument :
Justin Émile Alphonse RONDOT et Léon Émile THÉVENIN.

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LE MONUMENT ET SES  SYMBOLES

Comme dans de nombreuses communes, le chois s'est porté sur un obélisque solitaire dressé vers le ciel, reposant sur un socle de section quadrangulaire, le tout reposant sur un soubassement à plusieurs degrés.

Enclos

 

L’enclos : Le monument est délimité par une clôture de manière à sacraliser le site. Seuls, le premier magistrat de la commune, les anciens combattants et les enfants des écoles sont autorisés à fouler ce sol sacré. C’est le carré des morts, le site à protéger.
La croix de guerre, créée en 1915 est la reconnaissance officielle de la nation aux combattants. La présence d’obus à l'intérieur donne une signification belliqueuse et guerrière, ils rappellent aussi l’importance de l’artillerie pendant le conflit.

Obélisque

L’obélisque :

Pierre levée, pointée vers le soleil, symbolise le lien entre la terre et le ciel. L’obélisque est parfois associé à la puissance et la vie, rapprochant les défunts vers le ciel.

 

 

Dédicace

 

La dédicace :
Les inscriptions patriotiques sur les monuments sont  gravées dans la pierre pour pérenniser la mémoire de ces événements. Le terme « enfants » souligne de manière affectueuse le fait que ce sont tous de jeunes hommes qui représentaient l’avenir de la commune. On y a rajouté le nom des morts des conflits suivants.

 

 

 

 

 

Les rameaux de chêne et d’olivier :
Le rameau de chêne représente la force, la puissance et la résistance, la feuille de palmier, qui figure de même sur les autres faces de l’obélisque, symbolise la victoire, mais aussi le martyre.
Le glaive est, lui aussi, un symbole de puissance.

 

Croix

 

 

Les croix :

La croix de guerre, ornée d’une feuille de palmier, symbole de gloire, de victoire et aussi de civisme, reconnaissance officielle de la nation à ses soldats.

La croix latine, symbole religieux,  rappelle la croix marquant les tombes des champs de bataille et le sacrifice consenti par les soldats. Bien que laïque, il s’agit du symbole de la foi chrétienne, bien ancrée dans la France de cette époque, surtout dans les campagnes.

Couronne

La couronne funéraire :

Située sur la corniche, c’est un symbole funéraire. L’ampleur du deuil est nationale. Une couronne fut également déposée lors de l’inauguration du monument en 1921.

 

 

Coq

Le coq :

C’est le symbole de la patrie, le « gallus » des romains, son chant annonce la venue du jour. Il se tient fièrement campé sur un casque allemand, comme une sentinelle, accompagné d’une feuille de palmier, témoignant ainsi de la victoire sur l’ennemi.

Sur le plan initial, approuvé par le préfet, il s'agit du casque à pointe (le fameux Pickelhaube) des Prussiens qui équipait l'armée allemande jusqu'en 1916.

 

Pro Patria

Pro patria :

Inscription patriotique sur la corniche. Expression latine tirée d’un vers du poète Horace « Il est doux et glorieux de mourir pour sa patrie ».

Sources :
Bonnet, Claude, Guerre de 14-18. Les monuments aux morts dans le département du Doubs, Empreintes éditions, Franois, 1998.
CNDP, Académie de Besançon, Françoise Henriet CPAIEN Pontarlier, 2011.

CNDP, Les monuments de Mémoire de la Grande Guerre dans le Nord Meusien, 2013-14 .


ANDRÉ Antoine Marius :

Né le 1er avril 1895 à Arc et Senans, journalier. Incorporé à compter du 16 décembre 1914, à 19 ans. Blessé par éclat d’obus le 31 janvier 1916 au plateau de Vimy (Pas-de-Calais), cité à l’ordre de la brigade pour sa bravoure, cité à l’ordre du bataillon le 13 novembre 1917 pour son calme,  son courage et son sang-froid, décoré de la croix de guerre avec étoiles.
Admis à la réforme No 1 avec gratification de 2ème catégorie* par la commission de réforme de Béziers du 7 octobre 1918 pour tuberculose pulmonaire ulcéro-osseuse, imputable au service (avec gratification de 750 francs (1285,91 € 2017) par décision ministérielle du 25 février 1919).

Il décède à Arc et Senans le 10 mars 1919. Déclaré « Mort pour la France » sur avis du maire.
* Suites de blessures ou maladie contractée en service. De très nombreux cas (estimés à 150 000) de tuberculose ont été constatés au cours de la guerre. Les gratifications sont des pensions.
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BERCEY Paul Joseph :

Né le 8 mars 1873 à Besançon de parents épiciers. Il réside à Besançon où il est employé de commerce, successivement au 4, rue Victor Hugo, puis au 8, rue d’Arènes et enfin au 21, rue de la République. Au 4 juin 1912, il est domicilié chez Mr Gaffiot*, qui tient un commerce 4, Grande Rue à Arc et Senans (anciens établissements Berthet « Au Bon marché »).

Engagé volontaire pour 4 ans le 12 mars 1891 à la mairie Besançon, il sera renvoyé dans ses foyers le 29 juillet 1894 (frère sous les drapeaux), avec un certificat de bonne conduite. Il épouse Marie Sophie Richert le 24 décembre 1895 à Besançon. Ils auront deux enfants, Marcel Paul, né le 15 mai 1899, rue du Lycée à Besançon, décédé le 1er mars 1984 dans la même ville et Paul Jean Baptiste Léon né  le 1er août 1902 à leur domicile, 38 rue Charles Nodier,  décédé  à Mulhouse le 2 mars 1954. Il est rappelé par convocation individuelle le 1er août 1914, à 41 ans, renvoyé temporairement le 3 janvier 1915, il est ensuite détaché, puis réaffecté dans différents corps (7e escadron du train, 60e R.I., à nouveau 7e escadron du train, nommé 1er sapeur au 7e bataillon du Génie, enfin 27e R.I.)
Il décède de maladie contractée en service le 15 novembre 1918 à l’hôpital 19 de Dôle. Il a 45 ans. Il est inhumé à Besançon dans le carré militaire du cimetière communal de St Claude (tombe individuelle).

 * Ernest Parrod-Gaffiot, qui sera plus tard président du Comité pour le monument commémoratif aux enfants de la commune morts pour la France.

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BILLET Clément Antoine :

Né à Marnoz (39) le 12 novembre 1881. Au 7 février 1913, il est comptable à Arc  et Senans (Saline ? Usine Tillon ?), où il réside, après avoir exercé la profession de comptable à la banque Prost de Lons-le-Saunier, puis à Boujailles.
Il épouse Thérèse Louise Baille. Leur fils Raphaël Fernand Gaston né à Arc et Senans, le 10 décembre 1913 sera déclaré pupille de la nation par le tribunal d’Arbois le 22 mai 1919*.
Incorporé à compter du 14 septembre 1903, passé dans la disponibilité le 21 septembre 1903, avec certificat de bonne conduite, il est rappelé le 3 août 1914, porté disparu le 7 avril 1915 aux Éparges (Meuse).  Position de Tranchées - Bombardements obus de 120, 150 et 210. 20 disparus ce jour-là. (Source J.M.O. du  132ème R.I.). Son nom figure également au monument commémoratif de Marnoz.

* Par la loi du 27 juillet 1917, la France adopte les orphelins dont le père ou le soutien de famille a été tué, blessé ou déclaré disparu ou décédé des suites de blessures ou maladie contractée ou aggravée du fait de la guerre.

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BOLIFRAUD Henri Jules :

Né le 15 janvier 1895 à Osselle. Le père, Auguste Bolifraud est né et décédé  à Arc et Senans. Journalier, Il est resté célibataire.
Incorporé à compter du 6 décembre 1914. Tué antérieurement au 17 octobre 1915 et inhumé par l’ambulance 16/2 de la 157e division près de la ferme des Waques.
Son décès a été fixé au 4 octobre 1915 par jugement déclaratif du tribunal de Besançon du 19 mars 1918. (Voir Cohendet Louis Joseph).
Un secours de 150 francs (385,77 € 2017) a été versé par le corps militaire  à la famille le 25 janvier 1916.

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BOUVERET Léon Eugène :

Blessé le 29 septembre, décédé des suites de ses blessures le 4 octobre. Ambulance 2/70. « Attaque d’un boyau allemand. L’attaque est prise de flanc par un violent feu de mitrailleuses ». Source : J.M.O.

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COHENDET Louis Joseph :

Né à Chissey le 19/05/1879, il épouse Louise Lescoffy à Arc et Senans le 17 août 1908. Travaille comme journalier à l’usine Tillon & Cie (savonnerie sur l’ancien site du Moulin Toussaint, rive droite). 
En 1907, vit  40, Bd de Courbevoie à Paris 2ème. Réside à  Arc et Senans à compter du 28 décembre 1908. Au 21 septembre 1911, habite la maison Cussey à Arc et Senans.
Suite au changement de domicile, inscrit sous le no LM382 au recrutement de Besançon (matricule 1665,  bureau de recrutement Lons-le-Saunier).
Incorporé à compter du 15 novembre 1900, passé dans la disponibilité le 19 septembre 1903, convoqué par le décret de mobilisation le 6 août 1914, son décès a été fixé au 4 octobre 1915 à la ferme des Waques près de Jonchery (Marne) des suites de ses blessures (avis du ministère du 30 octobre 1915).

Il est en fait décédé entre le 25 et le 29 octobre 1915, lors de l’attaque de la 28ème brigade qui fit 1133 tués et disparus. Les corps des soldats sont demeurés sur le terrain ou ensevelis à la hâte jusqu’à la fin de la guerre. Ce n’est qu’en 1918 que le père Doncoeur, aumônier de la 28ème brigade, se charge avec une équipe de soldats de donner une sépulture à tous ces soldats. Le cimetière des Waques fut inauguré en 1919. Source : CNDP Reims.

Son nom figure également sur le monument commémoratif de Chissey-sur-Loue.
Il est ihumé dans le cimetière communal.

 

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CUSSEY Claude Louis Victor :

Né le 26 novembre 1893 à Arc et Senans. Classé « soutien indispensable de famille » le 20 octobre 1913, incorporé le 18 novembre 1913, nommé caporal le 1er juillet 1914.Porté disparu le 24 novembre 1915 à Bouillancy (Bataille de la Marne). Un secours immédiat de 150 francs (385,77 € 2017) a été payé le 30 décembre 1916 à sa mère.
Inhumé après identification le 27 août 1919 au cimetière militaire d’Acy-en-Multien (Oise), tombe 239. Entre 1921 et 1934, le cimetière militaire d’Acy-en-Multien a été transféré à la nécropole nationale de Verberie (Oise - tombe 779).

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DELAMADELEINE Albert Joseph :

Né le 23 août 1881 à Besançon, fils naturel, il épouse le 21 septembre 1901 à Lure Marie Aurélie Louise Pinot, née à Amage (70) le 13 décembre 1883. Jules Raymond nait à Lure le 7 juillet 1902 (marié à Suresnes – Hauts-de-Seine - le 14 avril 1934 avec Édithe Henriette Massias, décédé à Paris 10e le 18 octobre 1965), Jean Louis Adrien nait le 21 août 1905, toujours à Lure (marié à Suresnes le 6 avril 1929 avec Andrée Juliette Yvonne Michaud, décédé à Suresnes le 12 juin 1990).
Jean Louis Adrien a été « adopté par la nation » (pupille de la Nation) par le tribunal civil de Grenoble le 11 novembre 1921, où sa mère a contracté un second mariage le 7 février 1920 à la mairie de cette ville avec Alphonse Roger Belfis.
Ni Albert Joseph ni son épouse n’ont vécu au village, mais au recensement de 1921, on retrouve les deux enfants, Jules Raymond et Louis, qui sont à l’Assistance Publique, recueillis par la famille Béjon Joseph Marie, employé au P.L.M., né le 16 novembre 1861 à Cramans et son épouse Marie Henriette Galet, née le 15 mars 1871 au Deschaux, veuve de Henri Émile Bailly, décédé à Arc et Senans le 15 janvier 1905, apparemment sans enfants (mariage à Arc et Senans le 27 décembre 1905). Cela expliquerait la présence du nom Delamadeleine sur le monument.
En 1906, les époux Béjon résident au 9, rue Mourolin,  en 1911 au 3, rue du Pont et en 1921, à Arc,  Grande Rue, à la Saline.

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DÉMILLIÈRE Léon Joseph Eugène :

Décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze : « Le 21 novembre 1917, au cours d’un coup de main allemand, blessé et entouré d’ennemis, a réussi à leur échapper projeté dans un étang par l’explosion d’un obus.  Trouvé l’énergie de traverser cet étang et de rejoindre nos lignes. »
Source J.M.O. (Journal des marches et  opérations).
Décédé à Villotte devant Louppy (Marne) le 3 octobre 1918 à l’hôpital d’évacuation no 4B, suite à « maladie contractée en service commandé ».

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DROXLER Charles Albert :

Né le 22 juin 1879 à Beaucourt (Haut-Rhin – Beaucourt faisait partie du Haut-Rhin jusqu’en 1919), ferblantier. Il se marie à Arc et Senans le 21 septembre 1903 avec Florentine Boehler, née le 21 octobre 1874 à Blotzheim (Alsace)  alors territoire en  allemand. Leur premier enfant, Alfred, reconnu lors de leur mariage, nait à Blotzheim en 1896, le second à Paris en 1900, les deux suivants, Charles Alfred et Lucien Albert, à Arc et Senans en 1905 (décédé à Arc et Senans le 6 juin 1918) et 1908. Ils résident rue de la fromagerie au numéro 7.
Son épouse et son premier fils seront naturalisés français. Incorporé  sous le no de matricule 1821 à Belfort et inscrit depuis le 21 septembre 1911 sous no 383 à la LM (liste matricule) de la subdivision de Besançon. Maintenu dans le service auxiliaire par la commission spéciale de réforme de Besançon le 5 décembre 1914, il est provisoirement renvoyé dans ses foyers le 21 juillet 1915. Rappelé le 14 août 1915 et détaché le 10 avril 1916 à l’usine Japy à Lafeschotte*.
Il décède le 22 juillet 1918 à l’hôpital militaire du château de Montbéliard suite à une pneumonie suraigüe, maladie non imputable au service, il ne sera pas déclaré « mort pour la France ».
Il est inhumé  dans le carré militaire de Montbéliard. Florentine Boehler épousa en secondes noces Léon Louis Joseph Solilhac, veuf, originaire de Pradelles (Haute-Loire), receveur des contributions indirectes à Quingey, le 6 janvier 1923 à Arc et Senans.

* Les usines Japy, dont celle de Lafeschotte, qui produisaient alors des casseroles et autres gamelles et quarts de soldats, mais aussi des obus,  ont  conçu le prototype du casque en métal de l’armée, le casque Adrian modèle 15. Dès 1915 on rappelle des soldats comme affectés spéciaux dans les usines pour remplacer les hommes partis au front. Les usines Japy produiront à elles seules plus de 3 millions de casques pendant la guerre.

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LAMBERT Marcel Étienne :

Né le 27 septembre 1885 à Arc et Senans, employé. Il résida successivement à Besançon, rue Battant (15/15/1908), à Belfort, faubourg de Brisach (30/07/1909), à Besançon, 98 rue Battant (6/05/1910), à Paris 2e, 15 rue Richard-Lenoir (08/11/1910), 95 avenue de la République, Paris 11e (01/10/1913), puis 3 Villa du Parc dans le 19ème arrondissement.
Engagé volontaire à Belfort le 16 novembre 1903, envoyé dans la disponibilité le 20 juillet 1905 avec certificat de bonne conduite. Dans la réserve depuis le 16 novembre 1907, il est rappelé le 1er août  1914. « Tué à l’ennemi » antérieurement au 12 septembre 1914 dans la région de St-Soupplets (Seine et Marne) lors de la bataille de la Marne.

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MALAPERT Albert Léon :

Né à Montbozon (70) le 20 mai 1885. Le père est meunier à Champagne sur Loue. Meunier lui-même, il  épouse Marie-Léonie Berne, née à Paris le 20 juillet 1885 à Paris 12ème, 56 rue de Charenton de parents fruitiers,  le 20 mars 1909 à Arc et Senans, laquelle épousera en secondes noces Marcel Bouveret, le 24 janvier 1921 à Arc et Senans. Domicilié à Champagne sur Loue jusqu’à son mariage ; il réside à Arc et Senans à partir du 10 décembre 1909, en 1911, il habite avec son épouse chez sa tante, Marie Robert-Raton, qui tient un hôtel au 29 bis Grande Rue, à Arc.

Incorporé à compter du 7 octobre 1906, il est envoyé en congé avec certificat de bonne conduite le 25 septembre 1908 et rappelé le 4 août 1914. Blessé par « balle pénétrante au ventre » le 3 décembre à Ammerzwiller, il décède à Dannemarie le 4 décembre 1914 des suites de ses blessures.

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MARGELIN Louis Charles :

 Né le 14 février 1895 à La Vieille Loye (39) de parents bûcherons et bûcheron lui-même. Entre 1904 et 1923, décès du père, (15 avril 1923), la famille réside à Arc et Senans, rue de la Pérouse et compte 7 enfants.
Incorporé à compter du 16 décembre 1914, passe le 24 mai 1915 au 97e R.I. décède le 27 juillet 1915 à Houdain (Artois P. d. C.) des suites de ses blessures.

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MENOUX Marcel Lucien :

Né à Arc et Senans le 12 novembre 1888, mécanicien. En 1906, il vit avec ses parents au 2 de la rue des Tuileries et travaille à l’usine Tillon. En date du 20 décembre 1911, réside à Delle (Haut-Rhin à l’époque), pensionnaire chez Samson.
Incorporé le 8 octobre 1908, mis en disponibilité le 24 septembre 1911, il est rappelé le 1er août 1914. « Tué à l’ennemi » dans le secteur d’Esnes (Meuse) le 15 juillet 1917.

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MERCIER Félix Jean Baptiste :

Né le 22 février 1879 à Arc et Senans, cultivateur, incorporé le 28 novembre 1900 (Algérie), il passe dans la disponibilité le 18 août 1903 avec certificat de bonne conduite. Rappelé le 1er août 1914 au 7ème E.T.E.M. – il a 35 ans - (Escadron du Train et des Équipages Militaires), il est réformé no2 le 26 mars 1915 par décision de la commission spéciale de Belfort pour tuberculose pulmonaire et cachexie (maladie non imputable au service) et décède à Arc et Senans le 14 avril 1915 et ne sera pas considéré comme « mort pour la France ».

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MENERY Jean Justin Georges :
Né à Arc et Senans le 10 août 1887, dans une famille de 4 enfants, le père, né à  Chissey,  est charpentier aux Salines de l’Est. Charpentier lui-même, il est incorporé le 20 octobre 1908,  envoyé en disponibilité le 27 octobre 1910, avec certificat de bonne conduite.
Rappelé lors de la mobilisation générale le 2 août 1914, il décède à Dannemarie le 4 août 1915 dans des circonstances non élucidées (voir fiche « Mémoire des Hommes »), il ne sera pas considéré comme « mort pour la France ». Il est inhumé dans le cimetière communal de Dannemarie (68).

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RENARD Alexis Théodore :

Né le 12 avril 1882 à Plumont, il épouse Marie Césarie Émilie Goyat le 14 juin1908 à Plumont. Exerce les professions de cultivateur et de bûcheron. Incorporé le 14 novembre 1903 sous le matricule 583, bureau de Lons-le-Saunier et envoyé dans la disponibilité le 18 septembre 1904, avec certificat de bonne conduite.
Au recensement de 1911, il réside toujours à Plumont avec leur fils (fille ?) Camille, né(e) en 1909. Affecté au 5e B.C.A. le 1er avril 1914, rappelé à l’activité par l’ordre de mobilisation générale.
« Tué à l’ennemi » le 19 janvier 1915 au bois d’Uffholz (Alsace) lors d’un « bombardement d’une violence extrême qui  laboura tout le plateau d’Uffholz en retournant plusieurs tranchées ». Source : J.M.O. (Journal des marches et opérations)
Leur fille Yvonne Joséphine Lucienne Renard nait le 19 février 1915 à Arc et Senans (décédée le 2 avril 1916 à Arc et Senans). Son épouse Marie Césarie Émilie a épousé en secondes noces Armand Rigaud le 15 novembre 1919 à Arc et Senans.
Son nom figure également au Livre d’Or de la commune de Plumont.

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RIGAUD Pierre Jean François :

Né le 6 septembre 1890 à Cour-Cheverny (41) de Joseph Victor Léon Louis Rigaud, né à Arc et Senans le 28 octobre 1852,  militaire de carrière dans l’artillerie, alors affecté au Mans, et de Mélanie Marguerite Duboys, née le 23 février 1863 à Paris 9e.
Classe 1910, matricule 2188, il est exempté en 1911 pour endocardite. En 1914, ses parents résident à Blois, 12 boulevard Carnot et lui-même, employé, 54 Faubourg St Honoré, à Paris 8ème.
Rappelé par décret de mobilisation générale du 1er août 1914, il est affecté au 113e R.I. le 16 novembre 1914. Il est tué le 15 mars 1915 à la Haute Chevauchée (Meuse) lors d’une attaque.
Son père, venu passer sa retraite au village avec son frère Ernest dans la maison familiale au 38 Grande Rue, à Arc*,  est décédé à Arc et Senans le 15 juillet 1925, sa mère le 34 janvier 1917 à Paris 17ème.

* Aujourd’hui 50 Grande Rue, la maison située au carrefour de la rue de la Burgonde.

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SAURIAT Justin :                                  

Décédé le 25 septembre 1914 à Vingré (Aisne) lors de la première bataille de l’Aisne (date qui figure sur sa fiche Mémoire des Hommes), son décès ne fut constaté officiellement par procès-verbal que le 7 décembre 1915, date portée sur sa fiche matricule. Le jugement déclaratif (tribunal de Besançon) intervint le 11 décembre 1919 et transcrit sur le registre de l’état civil de la commune le 17 janvier 1920.

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VERNEREY Joseph Charles Léon :

Né le 23 juillet 1895 à Passonfontaine, ses parents quittent le village peu avant 1900 pour venir s’installer d’abord à Liesle (Grange Jouffroy), où des représentants d’une autre branche étaient déjà présents (Moulin Vernerey – Moulinot), puis à Arc et Senans à la ferme du château de Roche. Il est incorporé à compter du 16 décembre 1914 (il a 19 ans) au 11ème régiment du Génie. Disparu au combat le 1er juin 1918 à Monthier-Courchamps (Aisne).

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RONDOT Justin Émile Alphonse :

Fils naturel d’Henriette Joséphine Rondot, journalière, né à Arc et Senans le 27 juillet 1877.
Domestique à Chissey dans la maison Palys, il résidait déjà en mars 1904 dans cette localité. Il y épouse Marie-Françoise Baudier le 8 avril 1907, puis Albertine Juliette Amandine Allain le 20 avril 1914.
Il est incorporé le 16 novembre 1898 au 47ème R.A.C. (régiment d’artillerie de campagne) sous le matricule 229 au bureau de recrutement de Besançon. Mis en disponibilité le 21 septembre 1901 avec certificat de bonne conduite.
Rappelé le 1er août 1914, il est affecté au 4e R.A.C. 

Détail de ses campagnes :

Armées N. et N.E.(1), campagne double (2) du 7 août 1914 au 20 août 1918, intérieur (3) campagne simple du 21 août 1916 au 7 février 1917.
Armées N. et N.E. campagne double du 8 février 1917 au 11 janvier 1918, intérieur campagne simple du 12 janvier 1918 au 19 mars 1918. 

Il est décédé le 19 mars 1918 à l’hôpital du Sacré-Cœur de Chambéry de tuberculose pulmonaire « contagion militaire » et déclaré « Mort pour la France ». Il est inhumé dans le dans le carré militaire du cimetière communal de Chambéry.
Inscrit au monument aux morts, sur la plaque commémorative de l’église ainsi qu’au Livre d’Or de Chissey-sur-Loue.
Décoré de la médaille de la Victoire (4).

(1) Armées Nord et Nord-Est, c’est-à-dire le front sur le territoire français par opposition au front d’Orient.

(2) Signifie que le soldat en question se trouve dans la zone des combats, période qui compte double pour la pension.

(3) Le soldat se trouve dans la zone de l’intérieur, en caserne ou hospitalisé.

(4) Médaille interalliée de la Victoire (loi du 20 juillet 1922).

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THÉVENIN Léon Émile :

Né le 9 août 1892 à Arc et Senans, d’un père garde de nuit aux chemins de fer P.L.M. (décédé à Arc et Senans en 1903) et d’une mère garde-barrière (Marie-Augustine Liévaux). En 1911 (recensement de la population – Dole 1911), la famille  réside au 28 bis faubourg de Gray, à Dole, où Léon est mécanicien, à la même adresse que la famille Nouvelot.
Il épouse Georgette Louise Nouvelot  à Dole le 3 octobre 1915.
Incorporé sous le no de matricule 638 au bureau de recrutement de Besançon dans le 21e R.G. (Génie – ne figure pas dans la table alphabétique de sa classe et lacune dans les registres matricule).
Il décède à Besançon le 18 octobre 1917 de « tuberculose pulmonaire, maladie aggravée en service » et inhumé dans le carré militaire du cimetière de St Claude. Son décès sera transcrit le 14 mai 1918 dans les registres de l’état civil de Dole.

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Merci à Julie Journot de l’association Mémoire de nos Pères pour son aide précieuse dans les recherches concernant Pierre François Rigaud.
Sources :

Registres de l’état civil, registres matricules.
Archives départementales du Doubs,
Archives départementales du Jura,
Archives départementales de Haute-Saône,
Archives départementales de Paris 8ème, 9ème et 17ème,
Archives départementales du Haut-Rhin,
Archives départementales du Loir-et-Cher.
État civil de la commune d’Arc et Senans,
État civil de la ville de Lure,
État civil de la ville de Besançon,
Mémoire des Hommes (Ministère des Armées).
J.M.O. (Journaux des marches et opérations) des différents corps de troupe.
MemorialGenWeb.


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