NOTICE PUBLIÉE À L'OCCASION DE L'INAUGURATION DE

L'ÉGLISE SAINT-BÉNIGNE - 1852


Cette «Notice sur l’église d’Arc et Senans » est mentionnéee dans l’article du chanoine Joseph QUINNEZ, « Les tableaux de l’église d’Arc et Senans », Académie des sciences, belles lettres et arts de Besançon, vol. 169, pp 69-76 :

«  Il faut donc bénir l’inconnu plus loquace et plus précis qui faisait imprimer chez Gauthier, à Lons-le-Saunier, une petite notice sur l’église en 1852. Cette année-là, sous le pastorat du curé Coutteret, qui sans doute voulait être magnifique bienfaiteur jusqu’au bout, la fit distribuer à toutes les familles en souvenir de la consécration solennelle du sanctuaire restauré. Grande fête s’il en fut, au dire même de l’abbé Létondal, qui pourtant se garde bien de mentionner l’historien défunt.[1] »

Elle a été imprimée chez Frédéric Gauthier, à Lons-le-Saunier et publiée lors de la consécration de l’église le 20 octobre  1852.
L’auteur anonyme de cette Notice n’est autre que Jean-Marie de Grimaldi, alors administrateur général des Anciennes Salines de l’Est, directeur de la saline d’Arc et président du Conseil Général du Jura en 1851 et 1852, qui a largement contribué à la restauration et à la décoration intérieure de l’église paroissiale[2]. Ce mécénat a été réalisé sur ses fonds propres et non, comme on l’affirme souvent à tort, sur les fonds de la reine Marie-Christine de Bourbon-Siciles, reine d’Espagne, alors en exil, qu’il n’a jamais représenté, ni dans le cadre de l’acquisition de la saline d’Arc ou des autres, ni dans celui du financement des travaux et de la décoration de l’église.
Le 19 août 1909, les petits fils de Jean-Marie de Grimaldi, fils d'Alfred, Alvaro et Armand déposèrent un mémoire à la direction des Domaines du Doubs en vue "d'exercer la reprise d'objets donnés à la fabrique d'Arc et Senans" par leur grand-père. L'administration départementale en référa au conseil munucipal, qui, dans un premier temps donna son accord pour la restitition. Toutefois, cette demande de restitution demeura sans suite. (Source : archives communales).

Jean-Marie de Frimaldi offrit un grand banquet à la saline à cette occasion, dont on pourra trouver le menu dans l'ouvrage de l'abbé Joseph Létondal, Arc et Senans à travers les âges, publié en 1923.

Annexe : Lettre de remerciement du conseil municipal.

Jean-Marie de Grimaldi est arrivé à Arc et Senans après avoir acquis les salines d’Arc et de Salins, le 11 novembre 1843, après celles de Montmorot le 25 septembre 1843.

Cette « Notice » est consultable aux Archives diocésaines de Besançon sous la cote 8R1258/04, ou en ligne (reproduction, 2013) sur le site de la Bibliothèque Nationale, Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LK7-359 :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6517152x

L’allusion faite en page 4 de la publication : « les malheurs des temps et les besoins du trésor ayant obligé le gouvernement à disposer d’une somme de cinquante mille francs … », somme  que la commune a dû céder en 1809 au gouvernement, fait référence à une recette de 60510,40 francs, produit de la vente de la coupe de bois communal qui a eu lieu le 15 août 1809 à la préfecture du Doubs, de laquelle 46465,16 francs ont dû être versés à la Caisse d’Amortissement et dont la commune n’a jamais pu obtenir le remboursement, ni même la totalité des intérêts de 3% prévus par la loi. (Article 1167 de la loi du 19 ventôse an X – 10 mars 1802- relative à l’administration des bois communaux), sachant que la construction du bâtiment d'école de garçons d'Arc a couté 8500 francs à la commune en 1838 et que pour chacun des autres bâtiments d'école, le coût était du même ordre.

Source : archives communales.

Le gouvernement d’alors avait grand besoin de fonds pour soutenir l’effort de guerre. De Grimaldi, en bonapartiste de la première heure, formule la remarque de manière très diplomatique…

Les confessionnaux (p. 18) ont été réalisés par Jean-Antoine LAVAIRE, mineur, menuisier, ébéniste au village[3].

Suite aux lois de séparation de l'Église et de l'État (Émile Combes, 1904-1905), la commune d'Arc et Senans recevait le 31 décembre 1909 une assignation devant le tribunal de Besançon de la part des petits fils de Jean-Marie de Grimaldi[4], à l'effet d'obtenir la restitution des oeuvres d'art données par leur grand-père à l'église paroissiale[5]. Le maire ayant donné son accord, le 13 juin 1910, le directeur de l'Enregistrement et des Domaines demandait dans une lettre au préfet que cette revendication soit traitée par une délibération du conseil municipal.

Le 8 juillet 1910, après délibération, le conseil municipal considère la demande de messieurs de Grimaldi comme « bien fondée » et qu'il « consent à ce qu'il soit fait droit à cette réclamation ainsi que l'a fait connaitre la lettre du maire à Monsieur le Préfet en date du 3 janvier 1910

Malgré ce premier accord donné par le maire et le conseil municipal, ces objets oeuvres n'ont jamais été restituées aux descendants de Jean-Marie de Grimaldi.


[1]Jean-Marie est par ailleurs coutumier du fait, tout en laissant suffisamment d’indices pour qu’on le reconnaisse.
[2]Vitraux du choeur, tableaux, aménagement des chapelles latérales ainsi que l’édification du clocher et des deux nefs latérales du clocher.
[3] Registre des hypothèques. AD25 4Q2, vol. 121, case 518.
[4]Jean-Marie n'a eu qu'un fils, Pierre Augustin Alfred et quatre filles, Odile Bruna Eugénie Marie, Léopoldine Andréa Isabelle Marie, Cécile Grégoria Marie et Christine Rose Augustine Marie. Les quatre filles de Jean-Marie de Grimaldi avaient renoncé à la succession de leur père. Ce sont Alvaro et Armand, les deux fils d'Alferd qui sont les deux mandants.
[5]Tous les dons ont été répertoriés par une délibération du Conseil de fabrique en date du 3 mars 1853.


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