Quelques notes relevées dans les archives d’Arc et Senans avant 1886 d’après Mr Rondot.
Introduction
Cadastre et bornage
Voies de communication et chemins vicinaux
La Loue
Bâtiments communaux - Église - Écoles
Le nouveau cimetière
Ressources budgétaires en 1869
Défrichement des communaux
Statistiques générales
Population du village
Les fromageries
Les salines de Chaux
Le moulin de Roche
Forge et fonderies
Le moulin Toussaint
Le moulin Billerey
Les tuileries
Les seigneuries de Roche et Château-Rouillaud
Le hameau des Défoy
Le hameau du Vernois
L'ancienne chapelle d'Arc en Valhouais
Légende de Loys et Euriette et anciennes maisons
Quelques dates historiques
La forêt de Chaux
Excursions à travers Arc et Senans - Historique des constructions
Section de Senans
Section d'Arc - La Vielle Barque
Le hameau des Défoy
Le hameau du Vernois
Quingey chef-lieu de district - la Révolution
Les élections municipales de 1865 à 1884
Maires de la commune de la Révolution à 1885
Quelques dates de la vie du village
Prêtres de la paroisse de 1687 à 1884
Incendies de 1834 à 1884
Accidents mortels - suicides de 1845 à 1885
Les sobriquets - Patois
Jean Baptiste Rondot avait entrepris un travail conséquent de recherche sur l’histoire de son village natal dès 1878 (« À l’époque où ces lignes sont tracées -1878 »), ou peut-être même plus tôt. Ce travail était appremment destiné à être présenté à la Société d’Émulation du Pays de Montbéliard, dont il faisait partie, du moins, il était destiné à être publié sous une forme quelconque :
« Pour terminer gaiement cet article emprunté à nos mœurs locales, je dois à mes lecteurs une courte anecdote […] » peut-on lire à la page 93. Son décès en mars 1886 a mis prématurémént un terme à ce projet.
Il a mené des recherches dans les archives communales, dans différents fonds d’archives, départementales entre autres, mais aussi dans différentes publications, comme celle d’Armand Marquiset, Statistique historique de l’arrondissement de Dole, pour la présentation et l’histoire de l’exploitation de la forêt de Chaux, sans cependant citer aucune source. J’en ai retrouvé quelques-unes que j’ai notées en bas de page.
L’abbé Joseph Létondal dans son livre Arc et Senans à travers les âges, publié en 1923, s’est largement inspiré de ses travaux, sans citer l’auteur, lui non plus.
Il rapporte des anecdotes et des récits de faits qu’il a collectés auprès des plus anciens du village qui ont connu le tout début du XIXème siècle, ou qu’il a vécus lui-même. À noter aussi une présentation historique de 111 maisons des différents cantons du village, Senans, Arc, le Déffois, le Vernois, la Vieille Barque et présente également les différents moulins avec leur histoire.
Ses recherches l’ont amené à la rédaction de trois cahiers (volumes) manuscrits numérotés intitulés :
Statistique historique complète
du village d’Arc et Senans
La rédaction du premier volume a été commencée en 1879 et terminé en 1885, le second volume a été commencé à Villars-lès-Blamont en 1880, le troisième volume a été commencé à Villars-lès-Blamont en 1882.
Les originaux de ces trois volumes sont actuellement conservés par un de ses descendant, monsieur Robert Rondot, rue de la Burgonde à Arc et Senans.
De ces cahiers ont été tirées un document manuscrit intitulé :
Besançon, 11 juillet 1888
Quelques notes relevées dans les archives d’Arc et Senans avant 1886
d’après Mr Rondot.
J’ai entrepris de numériser ce travail d’après la copie manuscrite qu’en a fait ma tante, Jeanne Chevalier-Cuenot, j’y ai ajouté quelques notes, remarques, compléments et apporté quelques rectifications d’après les informations dont je dispose, ajouté quelques documents en annexe pour faciliter la compréhension ou compléter les informations.
G. VERNEREY 2017.
Le premier grand terrier
[1] d’Arc et Senans est rédigé par Me Poncelin, notaire royal et géomètre en vertu d’un arrêt de la chambre des comptes de Dole en date du 4 août 1744 quoique relié en parchemin ce livre était en 1802 dans un tel état de vétusté qu’il en fut indispensable de le renouveler
[2], l’administration municipale de cette époque fit l’acquisition d’un nouveau registre de 350 feuillets sur lesquels le contenu de l’ancien fut exactement transcrit.
Ce minutieux travail fut confié aux soins de Claude François Amiet
[3]
instituteur de la commune moyennant la rétribution de 120 livres tournois
[4]
.
Plan cadastral de 1828
Par suite des partages, ventes, échanges et successions constructions et démolitions depuis l’an 1802, l’ancien livre terrier ne pouvant plus servir de base régulière à la perception de l’impôt foncier, le conseil municipal demanda au Préfet l’autorisation d’en faire établir un nouveau, les opérations sur le terrain ayant été terminées le 23 mars 1828, Mr le comte de Melon alors préfet du Doubs ordonna a la direction des Contributions directes de procéder à la rédaction des registres matricules ou matrice cadastrale de confectionner les plans et d’en adresser le double à la commune.
Les opérations de bornage de certains cantons du territoire eurent lieu pendant la période de 1839 à 1841 la direction en fut confiée à Mr Bournier, géomètre expert, lequel fut assisté de Jean Pierre Chenu dont le père était l’un des plus grands propriétaires de la commune, ce travail a donné lieu à de nombreuses réclamations suivies de procès à la suite desquels les opérations de bornage furent régulièrement interrompues.
| Nature des propriétés | ||||
| Ha | ares | cent. | ||
| 1ère série | Terres labourables | 950 | 56 | 15 |
| 2ème série | Prairies | 107 | 56 | 85 |
| 3ème série | Terrains plantés | 30 | 05 | 20 |
| 4ème série | Bois | 304 | 57 | 30 |
| 5ème série | Landes et terrains homogènes | 24 | 34 | 20 |
| Superficie des propriétés bâties imposables et des cours | 19 | 62 | 30 | |
| Superficie des chemins vicinaux, rues, places, église, Presbytère et autres bâtiments communaux |
23 | 67 | 50 | |
| Rivière, ruisseaux, étangs etc. | 38 | 58 | 35 | |
| Superficie totale du territoire | 1498 | 58 | 85 | |
Le premier chemin de fer fut établi en France de St Étienne à Andrézieux, 18 km. Cette première section du réseau français décrétée le 26 février 1823 ne fut exécutée et livrée à l’exploitation qu’en 1831, les premières locomotives furent expérimentées le 1er juillet 1832. En 1842 commencèrent près de Paris les travaux de nos cinq grands réseaux qui se prolongent jusqu’aux frontières de la France, soit un total de 22,500 km, cette estimation est de (1878).
Chemin de la forêt
Il sert à relier les hameaux du Vernois et des Défoy [5] , il était dans un état déplorable, tracé en zigzag à travers les taillis, sur un sol argileux, il était impraticable en hiver et par les jours de pluie, ce chemin dont la régularisation, l’empierrement furent exécutés en 1840 est en parfait état de viabilité, il est le passage le plus fréquenté pour se rendre du Vernois aux Défoy.
Chemin dit du triage de Rans au Vernois
Ce chemin était autrefois le plus fréquenté de Rans à la saline d’Arc, le transport des bois pour la fabrication du sel et ceux de la mine de fer destiné à l’alimentation de la fonderie et des forges de Roche étaient exclusivement effectués par cette voie. Durant la saison des pluies, ces chemins étaient dangereux dans maints endroits, à la Tanche, au triage de Fourg, à la Clauge, il existait des fondrières où les chariots enfonçaient jusqu’aux essieux. On employait souvent de 100 à 150 fascines pour combler les ornières de quelques mètres de largeur ; huit jours après tout avait disparu dans les profondeurs de ces fondrières et il fallait recommencer. Les pressants besoins de la circulation sur ce chemin déterminèrent enfin les départements intéressés à son amélioration à mettre en adjudication les travaux à sa mise en état, ils furent commencés en 1845. L’entreprise et la direction de ces travaux furent confiés à Mr Bosc, gascon d’origine, l’ensemble des ponts de pierre sur les ruisseaux et son empierrement fut complètement terminé en 1848, peu après cette époque, cette voie fut classée chemin de grande communication sous le no 46.
Détail à noter Mr Jean Claude Billerey dit le Matelot, chargé pendant 25 ans de la partie de ce chemin appartenant au territoire d’Arc et Senans, fut le premier cantonnier communal de notre localité, la nomination à cette qualité date de l’année 1843.
Chemin des Essarts
Les travaux furent commencés en 1857 après l’établissement de l’oratoire érigé à l’occasion du choléra qui sévissait violemment en 1854. Avant les travaux de la voie ferrée section Arc et Senans, Franois, le chemin des Essarts avait son point de départ au bas de la rampe dit le Bas de Boces.
Chemins vicinaux
Douze chemins vicinaux offrent un développement total de 12 km 30 environ.
Le village d’Arc et Senans et son territoire sont traversés dans leur plus grande longueur par la voie départementale no 24 de Quingey à Dole, le chemin de grande communication de Ranchot à Mouchard traverse le hameau du Vernois, la route départementale no 24 face aux salines d’Arc vers le pont de Cramans qui lui sert de limite dans le département du Doubs, ce chemin d’environ 3 km appartient également au département et au territoire d’Arc et Senans, dans un parfait état, praticable en toutes saisons, d’un accès facile aux voitures les plus chargées, une plantation d’arbres, d’essences diverses a été faite à la fin de février 1872 sur les accotements de ce chemin.
Voies ferrées
Les deux embranchements qui traversent notre territoire appartiennent à la compagnie P.L.M., l’embranchement de Dole à Salins fut livré à l’exploitation dans le courant de l’année 1857 [6] , la section Arc et Senans Franois fut inaugurée le 1er août 1864.
Le tracé des voies ferrées qui sillonnent notre territoire, outre les trois passages à niveaux accordés par la compagnie, deux autres passages, l’un aux carrières, l’autre au point où la voie ferrée traverse le chemin rural (dit de la Vieille Barque [7] ) eussent été d’une incontestable utilité.
Tableau nominatif
Nom du chemin |
où il commence |
où il se termine |
Longueur en mètres |
Désignation des lieux |
observations |
Chemin dit de la Grand-Vye |
À la route départementale no 24 près de la maison d’école d’Arc |
À l’extrémité du hameau des Défoy |
2920 mètres |
Traverse le ruisseau de la Grand-Vye et le chemin de fer |
Tronçon d’une voie ouverte sous la domination romaine |
Chemin de Senans à l’usine de Roche |
Au chemin de grande communication no 46 près du passage à niveau |
À la départementale no 24 au rond-point du fer à cheval du château de Roche |
2303 mètres |
Relie Senans à l’usine de Roche et celle-ci à la route no 24, la rue du Vernois passe devant l’église l’usine de Roche et le château du même nom |
À l’époque de la fonderie et des forges de Roche ce chemin était le plus fréquenté |
Chemin des Essarts et de l’oratoire |
Au chemin de grande communication no 46 à quelques mètres en amont du passage à niveau |
Au chemin no1 dit de la Grand-Vye près de la croix érigée au bas des Défoy |
1530 mètres |
Se dirige vers le hameau des Défoy passe devant l’oratoire, traverse le ruisseau du Vernois dont une partie suit le cours sud-est des communaux d’amont[8] |
Ce chemin qui fut autrefois en très mauvais état fut élargi, rectifié et empierré en 1857-58 |
Chemin de Senans au moulin Billerey ou chemin des Graduations |
À la départementale no 24 à l’angle de la maison Vincent. |
Au moulin Billerey |
1140 mètres |
Se dirige vers le moulin Billerey, suit le bassin des graduations et le canton dit du Brûlé traverse le canal de la saline près de la scierie Aigrot et Cie |
Par délibération du conseil municipal du 17 octobre 1871 demande de classement entre la scierie et le moulin |
Chemin d’Arc au moulin Toussaint ou chemin d la Vieille Barque |
Route départementale no 24 en face de la propriété Chevignard de Siffredy |
Au moulin Toussaint situé sur la rive droite de la rivière Loue |
1402 mètres |
Relie la partie sud-est de la section d’Arc au moulin Toussaint en traversant lee canton de la morte Chalney |
Anciennement cette voie était désignée sous le chemin de Salins[9] |
| Chemin des Topes | Route départementale no 24 entre les maisons Faudot Chavaux |
Au chemin no 5 ci-dessus désigné à la Vieille Barque | 1200 mètres |
Relie la partie nord-est de la section d’Arc au moulin Toussaint en traversant le canton dit de la morte Ravelot | En 1873 le conseil municipal demanda la prolongation et le classement de la partie de ce chemin 250 m aboutissant à la Loue |
| Chemin du dessus du Vernois | Chemin de grande communication no 46 près de la maison Toussaint Poupon |
Au chemin de l’assiette ou chemin neuf auquel il s’embranche | 200 mètres |
Traverse la partie du hameau comprise entre le bois de la Pérouse et le chemin de grande communication no 46. | Le chemin neuf auquel il s’embranche commence près de la maison des sœurs Vincent, suit la lisière sud-ouest de la Pérouse jusqu’à l’entrée de la forêt de Chaux. |
| Chemin de la forêt de Chaux | Chemin de grande communication no 46 à l’entrée de la forêt de Chaux |
Au chemin no 1 grande rue des Défoy en face de la maison Pernet dit le Quaï | 650 mètres |
Relie les hameaux du Vernois et des Défoy en traversant une parcelle de la forêt de Chaux et les communaux d’Amont | La mise en viabilité de ce chemin date de l’année 1840 |
| Chemin du moulin Toussaint à Cramans | Au moulin Toussaint situé au-delà de la Loue et sur la rive gauche |
Au territoire de Cramans | 320 mètres |
Se dirige sur Cramans en traversant les champs Fromont | Le pont qui traverse le canal du moulin Toussaint vient d’être réparé. |
| Rue des Tuileries | À la place de l’église passe près de la tuilerie et s’embranche à celui des forges entre les maisons Carrière et Demillière |
Au chemin des anciennes forges de Roche | 350 mètres |
Contourne la partie Est de la section de Senans et la relie avec le centre près de l’église | Cette rue qui avait été jusqu’alors bien négligée est aujourd’hui en bon état d’entretien et de viabilité |
| Rue du Puits du Poupon | Route départementale no 24 en face de la croix érigée vis-à-vis de la maison Curot |
Environ 120 mètres en contrebas du puits du Poupon | 250 mètres |
Passe près des maisons Curot, Boilley, Benoit et Roubez d’où elle va se réunir au chemin de la Croix Blanche | Le classement des rues du Puits du Poupon, des Tuileries et du Terroux fut autorisé par arrêté préfectoral en date du 31 octobre 1872 sous l’administration de Mr Berthet [10] |
| Chemin du Terroux | Au chemin des anciennes forges rue du Vernois près de la maison Jeannin Pierre dit Barbeau |
À la départementale no 24 en face de la maison veuve Poux dit Bijoute | 410 mètres |
onge le champ de foire passe près de la tuilerie d’où il rejoint la départementale no 24 près de l’étang de Bricon | |
| Total de nos 12 chemins vicinaux 12905 mètres | |||||
Passages de communications établis sur la Loue
De temps immémorial jusqu’en 1772 le passage de la Loue entre Arc et Senans et Cramans s’effectuait au moyen d’un bac établi près des maisons Chevalier Faudot.
En 1773 un pont en bois dont le tablier reposait sur des culées en maçonnerie fut construit à quelques mètres en aval de celui en fil de fer que nous voyons aujourd’hui et remplaça le bac jusqu’en 1789, époque où une crue extraordinaire de la Loue le détruisit entièrement, tous les matériaux de bois furent emportés par le courant, les piles et les culées furent tellement endommagées qu’elles s’écroulèrent peu de temps après.
En 1789 le bac fut rétabli de nouveau à l’endroit même où le pont avait été submergé, il fonctionna jusqu’à la fin de l’année 1836, c’est-à-dire jusqu’à ce que le pont suspendu fut livré à la circulation [11] .
Pont suspendu
Le pont de fil de fer qui donne passage sur la Loue sur le chemin de grande communication de Ranchot à Salins reliant les villages d’Arc et Senans à Cramans fut construit aux frais de M. Faublanc en 1836. Ce pont se compose de deux piles en maçonnerie sur les deux rives de la Loue et servant de base à quatre colonnes en granit au sommet desquelles s’appuient les 4 chaînes qui supportent le tablier.
Annexe : Ordonnance royale de 1835
Le droit de péage sur ce pont qui, en 1843, fut concédé à Jean Louis Chevalier, a cessé à la date du 1er novembre 1872.
Pont de chemin de fer
Le pont en pierre de taille qui donne passage au chemin de fer sur la Loue est formé de 4 arches en plein cintre d’environ 12 mètres d’ouverture chacune. Construit pendant les années 1856-1857, ce pont est surtout remarquable par ses belles proportions et la solidité de sa construction.
La Loue sort d’un antre profond sur le territoire d’Ouhans, humble ruisseau au sortir de cette grotte, elle poursuit son cours sinueux en baignant l’étroite vallée de Mouthier, Vuillafans Chatillon, Quingey où elle alimente de nombreuses usines, passe ensuite à Brères, Port-Lesney, Champagne, Arc et Senans, Cramans, Chissey, Chamblay, Ounans, Belmont et verse ses eaux dans le Doubs un peu en aval et à gauche du village de Parcey, après un cours total d’environ 140 km dont 3 km 21 seulement appartiennent au territoire d’Arc et Senans, où elle alimente une scierie, 4 moulins à farine et fait fonctionner la pompe destinée à élever l’eau salée pour la faire parvenir dans les chaudières de la saline.
La rivière Loue sert de limite naturelle au département du Jura, depuis le village de Champagne jusque vis-à-vis du village de Villers-Farlay, une partie de notre territoire désigné sous le nom de Grands Terrains est souvent endommagé par les fréquents débordements de la rivière au cours capricieux, laquelle rivière forme à cet endroit une courbe très prononcée, provoque des éboulements de terrain sur la rive droite et produit sur la rive gauche des alluvions et des atterrissements considérables, le peu de consistance des terrains qui en cet endroit avoisinent la Loue favorisent insensiblement l’établissement d’un nouveau lit au grand détriment des propriétaires riverains dont une partie des propriétés se trouvent aujourd’hui situés entre la rive gauche de la rivière et le territoire de Villers-Farlay.
Pour obvier [12] à cet inconvénient Mr Polonceau, inspecteur des Ponts et Chaussées en retraite, fit dresser à ses frais un plan de régulation et d’endiguement de cette rivière. Cet important travail mis à l’étude en 1843 fut complètement achevé en 1844 et reçut la haute approbation des Préfets du Doubs et du Jura. Les deux départements devaient contribuer dans les dépenses nécessaires à l’exécution des travaux, en second lieu, il s’agissait d’obtenir le concours des propriétaires riverains pour la part proportionnelle que chacun d’eux aurait à payer, ce qui provoqua de nombreuses protestations.
En raison de l’obstination et de l’hostilité manifestée par les propriétaires riverains le projet de Mr Polonceau fut abandonné.
Crues extraordinaires
1789 – Au nombre des dégâts occasionnés par les débordements de la Loue nous citons la destruction du pont entre Arc et Senans et Cramans. La même année les eaux de la Loue s’élevèrent au-dessus du niveau de la plaine du Val d’Amour et couvrirent les propriétés riveraines d’une forte couche de sable, de gravier, les villages de Chissey et de Belmont furent sur le point d’être submergés, les vagues furieuses de la Loue atteignaient déjà les murs de plusieurs habitations de ce dernier village.
1840 – Pendant l’automne de l’année 1840 une crue extraordinaire des eaux de la Loue causa de terribles ravages dans la vallée qu’elle traverse, notamment à partir de l’usine de Roche jusqu’à son embouchure dans le Doubs, la terre végétale des terrains fraichement ensemencés fut entrainée par le courant et dispersée selon le caprice des eaux.
En 1828, date de la confection du cadastre de notre territoire, la distance comprise entre la route départementale no 24 et la rive droite de la Loue vis-à-vis du canton des Grands Terrains était de 740 mètres. À la date où nous traçons ces lignes (21 août 1879), la distance est réduite à 538 mètres, soit un empiètement de 202 mètres en une période de cinquante et un an.
1872 – Du 15 au 20 mai la Loue a débordé trois fois à partir du moulin Toussaint jusqu’à Parcey. Cette rivière vorace, au cours capricieux, offrait alors le véritable aspect d’un immense lac agité par la tempête, ce débordement le plus considérable depuis 1840 détruisit une partie des récoltes, par suite de la crue extraordinaire du Doubs, 35 maisons furent emportées par le courant dans le village de Petit Noir, canton de Chemin, Jura, le 28 mai 1872. À une heure de l’après-midi la violence des eaux était telle qu’elle rompit la digue qui protégeait le village, la masse du Doubs se précipita dans la brèche, balaya tout ce qui était sur son passage.
1874 – Les 18 et 19 novembre un débordement subit de la Loue inondait les terrains situés sur les deux rives de cette rivière. Ce fut surtout entre Quingey et Lombard que la crue se manifesta d’une manière peu ordinaire à partir du pont Rotard qui donne passage à la route sur le ruisseau dont les eaux se réunissaient à la Loue et jusqu’à Quingey la route départementale et la plaine qu’elle traverse étaient entièrement recouvertes par 0m85 d’eau.
1875 – les 19 et 22 janvier 1875 débordement des eaux de la Loue.
État indicatif des propriétés communalesLa commune d’Arc et Senans possède environ 55 hectares 72 ares de terrains en nature de labour.
| Hect. | ares | ||
| - 1 | Aux communaux d’Aval | 50 | 36 |
| - 2 | Sur le Terroux | 5 | |
| - 3 | À la levée de César | 18 | |
| - 4 | Au Chancelier | 18 | |
| - 5 | Aux communaux d’Amont, surface boisée | 38 | |
| - 6 | Champ de foire, carrières, cimetière, etc. | 13 | |
| Ensemble | 107 | 34 |
Annexe : la commune en 1828 - les cantons d'Amont et d'Aval.
Ne sont pas comprises dans ce chiffre bon nombre de parcelles de terrains vagues joignant nos chemins vicinaux, le chemin de grande communication no 46 et la route départementale no 24.
Bâtiments communaux
Section Senans
Maison d’école des garçons, ancienne maison Prost dit le Blondain [13] , réédifiée en 1838 sous la direction de Mr Jacquot, entrepreneur de constructions.
Maison d’école de filles, ce bâtiment, complètement restauré en 1841 par Mr JACQUOT appartenait à Mr Gabriel Menoux [14] , lequel par testament en date du 7 avril 1808 en fit don à la commune, cette dernière ne devant en prendre possession qu’après le décès de Mme Délioz, épouse en seconde noce du capitaine Délioz, décédé à Arc et Senans le 24 juillet 1828. Cette construction moderne occupe exactement l’emplacement de l’ancien presbytère. Cette maison, l’une des plus anciennes de Senans, fut à l’origine destinée au curé desservant la paroisse.
Au nombre des importantes réparations et transformations qu’elle a subies en 1869 et 1870 [15] , citons l’exhaussement des murs extérieurs et l’entière réfection de la toiture, l’agrandissement de la cour et du bûcher, la reconstruction du mur de clôture longeant le chemin des forges.
École de garçons, section Arc
La construction de ce petit bâtiment (rez-de-chaussée) fut entreprise par Mr JACQUOT sur un devis estimatif de 4000 frs. Commencés au printemps 1836, les travaux furent entièrement terminés à la fin de la même année [16]
En 1864, le conseil municipal décida la construction d’un étage supérieur destiné au logement de l’instituteur, cette dépense fut soldée au moyen du produit résultant de l’expropriation des communaux lors des travaux de la construction de la section de chemin de fer d’Arc et Senans à Franois.
| Construction du rez-de-chaussée | 4000 fr |
| Construction de l’étage | 4500 fr |
| Ensemble | 8500 fr. |
En exécution d’une circulaire du Préfet du Doubs en date du 8 germinal an X (29 mars 1803) concernant la réorganisation ecclésiastique du diocèse de Besançon, le conseil municipal fit établir un devis estimatif portant à 1320 fr les dépenses nécessaires au rétablissement partiel de notre église paroissiale, la municipalité ne voyant aucun moyen pécuniaire pouvant faire face à cette dépense urgente ouvrit une souscription volontaire, dont, faute de documents, nous ne pouvons mentionner le produit.
Le montant de chaque souscription individuelle fut basé sur le nombre de pièces de bétail que chaque particulier faisait paître sur le parcours communal [17]
En octobre 1807 la municipalité fit également établir un devis estimatif des travaux les plus urgents à l’intérieur de l’édifice, lesquels furent terminés la même année et coûtèrent 546 frs seulement.
En 1831-1832 édification des nefs latérales.
En 1843-1844 exhaussement des murs des nefs latérales, remplacement des plafonds par des voûtes, achèvement des travaux de construction à l’exception du clocher qui ne fut réédifié qu’en 1852.
Enfin en 1851-52 Mr de Grimaldi alors directeur général des Salines de l’Est fit construire un magnifique clocher que nous voyons aujourd’hui, le même bienfaiteur fit également restaurer les deux chapelles de transept et édifier les deux autres que nous voyons en bas, à la naissance des nefs latérales de chaque côté du clocher [18] .
La chapelle à droite du clocher est dédiée à St Isidore, patron des laboureurs, celle de gauche renfermant le bassin où l’on conserve l’eau dont on se sert pour baptiser est dédiée à St Jean baptiste. La chapelle à droite du transept est dédiée à la Ste Vierge, celle érigée à gauche en face de la précédente est consacrée à St François Xavier, apôtre des Indes et du Japon.
La sollicitude de cet homme de bien ne se borna point là, il fit encore meubler et décorer l’intérieur de l’édifice, une grande partie des objets d’art, peintures, sculptures ont été exécutées à Paris et sont dus aux artistes les plus distingués de notre capitale
[19]
Vitraux de couleur
Les quatre vitraux de couleur éclairant le chœur et placés de chaque côté du maître autel ont été exécutés à Paris, sur les dessins de Mr César Gariot, jeune artiste espagnol, lequel a obtenu une médaille de 3ème classe au grand concours de 1843. Ces magnifiques vitraux représentent St Augustin, St Grégoire, St André et St Eugène, patron des enfants du bienfaiteur de notre église. Parmi les œuvres d’art qui occupent une large place dans l’ornementation de notre église, on remarque les tableaux dont les sujets sont tirés du nouveau testament.
Au chœur : à droite et à gauche, à la hauteur des vitraux figurent 4 tableaux représentant l’histoire de la Vierge. Ces toiles sont dues à Claude Vignon, peintre de l’école française. Derrière le maître autel, on remarque un magnifique tableau représentant le martyre de St Bénigne, patron de la paroisse. Ce tableau est l’œuvre de Giacomelli, peintre de l’école italienne.
Chapelle à droite du transept, deux tableaux, dont l’un peint par Annibal Carrache, représentant le Christ et la Cananéenne, l’autre peint par César Gariot représente l’Assomption de la Vierge Marie, représentée dans une attitude vraiment majestueuse.
Chapelle à gauche du transept, deux tableaux. Celui de St François Xavier, fixé au-dessus et derrière l’autel est un tableau de l’ancienne église peint par Carriage de Vesoul, le deuxième placé à droite de l’autel représentant St Joseph avec l’enfant Jésus est l’œuvre de Murillo, peintre espagnol.
Chapelle St Isidore, le retable de l’autel encadre le tableau de St Isidore, peint par Pharamond Blanchart.
Chapelle St Jean Baptiste dans le retable de l’autel on remarque un tableau représentant St Jean Baptiste conférant le baptême à N.S. Jésus Christ. Ce tableau est l’œuvre de César Gariot.
Nefs latérales : dans celle de droite, deux tableaux de grande valeur artistique captivent notre attention. Le premier, œuvre de Gaspard de Crayer représente la Vierge, le second, la Rédemption, est un chef-d’œuvre attribué à Pereda, peintre espagnol.
Enfin dans la nef de gauche, on remarque également deux tableaux dont le premier, œuvre de Gérard Siegers, représente l’ensevelissement de N.S. Jésus Christ, le second qui représente la Ste Famille est attribué à Schidone, peintre de l’école italienne.
L’ancienne église dont la longueur n’excédait pas 27 à 28 mètres, n’avait qu’une seule nef mesurant 6m50 de largeur, un maître autel et 2 chapelles formant les bras de la croix. Depuis la complète réédification en 1852, la nouvelle église mesure 45 mètres en longueur sur une largeur de 14 à 15 mètres. À l’occasion de la consécration qui a eu lieu en septembre 1852, une messe solennelle fut célébrée en présence de Mgr Césaire Mathieu, archevêque de Besançon et de nombreuses personnalités religieuses, civiles et militaires du Doubs et du Jura. Une grande fête avec illuminations termina cette journée [20] .
L’oratoire des Essarts
L’oratoire de forme pyramidale fut établi lors du choléra qui sévit en 1854. C’est un lieu de promenade assez fréquenté.
Érection des croix
Les trois croix en fer sur des soubassements en pierre dont une en face de l’école de garçons de Senans, une autre sur le champ de foire et la troisième au centre de la section d’Arc furent érigées en mémoire du jubilé prescrit par une bulle papale de Grégoire XVI en 1836. La croix placée au milieu d’un amas de petits rochers presque en face de l’antique orme de la place de l’église fut érigée en souvenir d’une mission prescrite par le pape Pie IX vers la fin de l’année 1868. Cette croix fut portée triomphalement dans une procession le 13 décembre 1869.
Établissement d’un nouveau cimetière
Translation des terres et des ossements de l’ancien. 1847-48
Les murs d’enceinte de ce lieu, qui occupe une partie des terrains affectés jadis aux carrières d’Arc et Senans furent commencés au printemps de 1841 et achevés au commencement de 1843. À l’occasion de sa dédicace qui eut lieu le 28 février 1843, une messe solennelle fut célébrée. Deux enfants naturels de Claudine Demillière née Chenu décédés le 27 juin 1843 furent les premiers inhumés dans le nouveau cimetière.
La translation des terres et des ossements de l’ancien cimetière autour de l’église eut lieu 5 ans après en 1847-1848. Ce travail fut exécuté à titre de prestations par les habitants de la localité. L’église ainsi entièrement dégagée, l’élargissement de la route départementale no 24 à partir de la maison Jeannisson [21] jusqu’au bout du pavillon François Barbier dit Francillon put être entreprise.
Un monument funéraire rappelle le souvenir des morts de la guerre 1870-1871. C’est une simple pierre en forme d’obélisque, mesurant 4 m de hauteur, y compris la base sur laquelle il repose. Il est érigé sur le point du cimetière où reposent 27 soldats français morts des suites de la bataille livrée sur le territoire de Villersexel [22] , le 9 janvier 1871, recueillis et soignés aux ambulances improvisées à Arc et Senans. Ces 27 n’ont pu survivre longtemps à leurs blessures. Sur les faces de cette pierre quadrangulaire sont inscrits les noms glorieux de ces 27 défenseurs de la patrie, l’érection de ce monument eut lieu en septembre 1877.
Le déficit de 364 fr accusé par le budget de la commune se trouve comblé par les concessions de terrain du cimetière dont la commune prélève les 2/3, par l’augmentation de la taxe affouagère et la location d’un certain nombre de parcelles de terrains communaux. Ajoutons à ces divers revenus les quelques recettes provenant des places occupées par les marchands étalagistes les jours de foire. Aussi, dès qu’une dépense extraordinaire devient indispensable, le conseil municipal n’a d’autres expédients pour y faire face que de voter des centimes additionnels.
| Nature des contributions | Montant par année | Moyenne annuelle | ||
1870 |
1871 |
1872 |
||
| Foncières | 8227,11 |
82,34,80 |
11185,76 |
9215,89 |
| Personnelle mobilière | 3655,68 |
3692,61 |
4890,66 |
4079,65 |
| Portes et fenêtres | 1776,52 |
1790,60 |
2510,10 |
2025,74, |
| Patentes | 1955,11 |
1701,06 |
2299,44 |
1985,20 |
| Montant annuel des 4 contributions | 17306,18 |
|||
Contributions directes
La moyenne annuelle est établie sur les années 1870-71-72
Nature des contributions |
Montant par année |
Moyenne annuelle |
||
|
1870 |
1871 |
1872 |
|
Foncières |
8227,11 |
8234,80 |
11185,76 |
9215,89 |
Personnelle mobilière |
3655,68 |
3692,61 |
4890,66 |
4079,65 |
Portes et fenêtres |
1776,52 |
1790,60 |
2510,10 |
2025,74 |
Patentes |
1955,11 |
1701,06 |
2299,44 |
1985,20 |
Montant annuel des 4 contributions |
|
|
|
17306,18 |
En vertu d’une autorisation du Président de la République sollicitée par Mr Chavaux, maire de la commune, en date du 13 mai 1852, l’administration fit procéder au défrichement des bois communaux du canton d’aval. Conformément à l’autorisation précitée, une surface de 50 hectares 36 ares divisée en 210 parcelles de 24 ares chacune fut destinée au défrichement. Cette opération commencée en 1852 ne fut complètement achevée qu’en 1858 sous l’administration du docteur Berthet, qui, à cette date était maire de la commune. D’après la convention municipale, chaque chef de famille avait la faculté de défricher une surface de 24 ares, d’en jouir gratuitement pendant une période de 3 ans, ensuite de payer un fermage annuel de 8 f. par parcelle de 24 ares pour les deux ans du bail à courir.
Pour faire face aux dépenses de guerre, le gouvernement impérial rendit un décret en date du 27 juillet 1808 [23] ordonnant la vente au profit du trésor de tous les produits des bois communaux du territoire français. En ce qui concerne la commune d’Arc et Senans, cette vente produisit la somme de 60 506 fr. 40 ct. Pour atténuer l’atteinte portée aux droits des communes, le gouvernement impérial d’alors prit l’engagement de servir à chacune d’elle un intérêt proportionné au produit de chaque vente. Ces intérêts furent versés régulièrement jusqu’à la chute de l’Empire. Le gouvernement de la Restauration crut devoir s’affranchir de cette rigoureuse obligation. Néanmoins, sur les demandes réitérées qui se sont succédées depuis l’avènement de Louis XVIII, les indemnités ci-après furent accordées à la commune.
En 1819, une somme de 1000 frs pour la refonte de la cloche
En 1831 pareille somme destinée à l’achat de l’habillement et l’équipement des gardes nationaux [24] .
En 1843 une somme de 2500 frs. fut employée à la reconstruction de l’église paroissiale.
En fait de forêt, la commune ne possède plus qu’une superficie de 38 hectares 62 ares désignés sous le nom de communaux d’amont et dont une partie a été exploitée pendant l’hiver 1871-72. Sur le sol stérile et rocailleux envahi par les ronces, s’élève aujourd’hui le beau massif des pins sylvestres que nous voyons à l’entrée des Défoy. L’ensemencement de ces pins date des années 1837-38-39. La surveillance et la direction de ces travaux furent confiées à Mr Jean Étienne Nicot qui, à cette époque, était garde de la forêt de Château Rouillaud et des bois communaux de la commune.
Concessions temporaires de terrains à bâtir sur le communal des Terroux
Suite à une demande de construction sur les Terroux, la municipalité attribue une surface de 9 ares de terrain tant pour l’emplacement de la maison que du jardin attenant. Chaque concessionnaire à l’obligation de construire à ses frais et sur un alignement préalablement tracé ainsi que l’indique la situation de chacune de ces constructions. L’alignement sert de limite au champ de foire.
Ces concessions sont faites pour une période de 18 ans que les concessionnaires auront la faculté de renouveler aux mêmes conditions, six mois avant l’expiration du bail. Ne sont point comprises au nombre des constructions alignées précités quatre autres habitations :
Maison Jean Claude Démillière, située au sud-ouest près du cimetière, bâtie en 1847, incendiée le 22 mai 1861, réédifiée la même année.
Maison Claude François Bertrand, située près du nouvel abreuvoir communal bâti en 1858.
Maison Pernet Baptiste, dit Batiton, située sur le chemin des Terroux, bâtie en 1867.
Maison Jean Claude Bassot, située au nord derrière la précédente, bâtie en 1867.
Les cinq maisonnettes placées sur le même alignement bordant la partie nord-est du champ de foire furent bâties de 1858 à 1861.
Superficie du canton communal des Terroux
Évaluée à environ 18 hectares, la superficie totale de l’ancien parcours se décompose ainsi :
| Hect. | ares | Cent. | |
| Terrains loués par baux | 7 |
||
| Sol des carrières | 4 |
||
| Terrains concédés temporairement | 1 |
95 |
35 |
| Sol affecté au champ de foire | 1 |
87 |
|
| Terrains expropriés pour l’ouverture de la voie ferrée | 1 |
25 |
17 |
| Superficie du cimetière | 0 |
63 |
30 |
| Parcelles joignant la tuilerie et les maisons Jeannin frères, Bonnefond, Secrétin et veuve Bourgeois | 0 |
20 |
15 |
| Terrains vagues, chemins, étangs, etc. | 1 |
62 |
25 |
| Parcelles éparses louées | 1 |
25 |
|
| Surface totale approximative | 17 |
53 |
75 |
Souvenirs
Sur le sol qu’occupe aujourd’hui la maison Bertrand s’élevaient autre fois trois antiques chênes aux pieds desquels les bergers et leurs troupeaux venaient chercher abri. Ces trois chênes ainsi que deux autres, placés sur les talus de la chaussée servant à retenir les eaux de l’ancien étang, furent abattus en 1836. 80 arbres de la même essence ombrageaient jadis le sol de nos anciennes carrières près du bois dit de la Pérouse. Ces arbres furent vendus en 1831, sous l’administration de Mr Vincent, alors maire de la commune. Le produit de cette vente fut affecté à l’habillement et à l’équipement de la garde sédentaire. Avant l’exécution de la voie de chemin de fer Arc et Senans-Franois, existait encore en contrebas de la maison Bertrand un vaste abreuvoir communal dont les abords étaient très accessibles aux animaux domestiques.
En consultant les registres de l’état civil des derniers siècles, nous constatons que la moyenne de vie n’excédait pas 31 à 32 ans. Depuis plus d’un demi‑siècle, nous pouvons affirmer sans crainte que la durée de la vie dans la région où nous habitons varie de 37 à 38 ans, soit une augmentation de six ans en faveur du dix-neuvième siècle.
Parmi les vieillards décédés dans notre commune depuis 1623 à 1700, il n’en est pas un sur 20 dont la longévité atteint 75 ans. Enfin, durant cette longue période, c’est à peine si les registres mentionnent cinq ou six décès dépassant 80 ans. Dans cette période, nous citerons le cas exceptionnel de Mme Jacquinot, née Claudia Bretillet, décédée en 1685 à l’âge de cent ans.
Dans le cas de décès, la plus grande partie était prématurée. Certains vieillards, au nombre desquels nous citons Mme veuve Lobie, née Nicot, décédée le 18 mai 1869 à l’âge de 89 ans, 40 vieillards, tant septuagénaires qu’octogénaires, dont 21 hommes et 19 femmes, vivent dans notre village à ce jour.
Familles anciennes qui se sont perpétuées jusqu’à nos jours
Montrolin, Roubez, Liellet, Ventrillon, Labourot, Nélaton, Percier Caillet, Percier Remeny , Percier Goubey, Gaffiot, Jouffroy, André, Lambert, Patruet Bidoz (Bideau), Couturier, Saurin, Chevalier, Menoux, Chenu, Regnauld (Renaud), Jeanguillaume, Billerey, Démillière, Rousseau, Malfroy, Bataillard, Pernet, Besson, Rondot, Viennet et Carrière.
De 1623 jusqu’à la révolution de 1789, les familles Roubez Liellet et Percier Remeny furent exceptionnellement nombreuses. Cette dernière étant divisée en trois branches bien distinctes dont la première Percier Caillet, reconnues pour être les plus anciens de leur généalogie, la seconde par les Percier Remeny et la troisième par les Percier Goubey [25] . Ces 30 familles anciennes représentaient au dix-septième siècle les trois quarts de notre population locale.
Dons divers à la commune
19 avril 1760, Guillaume Jules Mathieu dit Salins, donne la somme de 150 livres par an, afin qu’une messe soit dite chaque dimanche et fête à perpétuité en la chapelle d’Arc en Valois et 200 frs aux pauvres les plus nécessiteux de la paroisse, une somme de 1000 f. en faveur de l’église, à condition expresse qu’une messe soit célébrée à chaque anniversaire de la mort du donateur [26] .
La chapelle susdite a été démolie en 1836, cette chapelle historique fut réédifiée aux frais de Mr Emmanuel de Siffredy [27] . Les travaux étaient à peine achevés que l’autorité ecclésiastique s’opposa à ce qu’elle fut affectée au service de Dieu [28] . Cette construction appartient à Mr Mourolin [29] .
Don Joseph Billerey
10 décembre 1856, quatre cents frs annuels et à perpétuité à répartir entre les œuvres de la paroisse [30] .
Mr le curé Coutteret a fondé une rente annuelle et à perpétuité en faveur des Frères des écoles Chrétiennes [31] . Au cas où les Frères viendraient à être remplacés par un instituteur laïc, la rente ferait retour à la Fabrique paroissiale de Lombard [32] (Doubs).
Dons de Mr de Siffredy
25 frs devront être employés à l’entretien de l’école de filles d’Arc et Senans, mille cinq cents frs affectés exclusivement à l’ornementation de l’église de Senans.
Donation de Mr Vetchnaslavi, prince Wolkonski
Vers la fin de 1881, une donation inattendue due à la libéralité d’un prince russe a été faite à la commune. Pendant son séjour parmi nous, Mr Vetchnaslavi a acquis de Mme veuve Démillière, née Prost, une maison située au fond de l’impasse dite du Chanoine, près de la place de l’église. Sur le même acte est fait l’achat de la maison 3500 frs et la donation en faveur de la commune. Cette dernière est gratuite et sans conditions [33].
En 1789 le village comprenait 800 habitants, atteignit en 1841 le chiffre de 1681. Un relevé officiel des feux et ménages de la commune, établi le 8 ventôse an III de la République, en accusait 247, le recensement quinquennal de 1841 portait ce chiffre à 480, soit une augmentation de 233 ménages pendant une période de 46 années.
La prospérité de notre village doit être attribuée à sa situation avantageuse, à la facilité de ses nombreuses communications, à un développement de l’agriculture et à la fabrication des fromages de gruyère, qui est un des principaux revenus agricoles [34] .
Les instruments de travail agricole ont eux aussi subi d’importantes modifications en un quart de siècle. L’invention de la charrue, système Bretant, a pris une extension considérable et l’usage s’en est généralisé dans un grand nombre de localités agricoles. Pour cette charrue, Mr Bretant père a obtenu deux médailles d’encouragement, la première décernée par le comice agricole de Villers-Farlay le 20 juin 1865, la seconde lui a été accordée au concours agricole de Pontarlier, le 20 août de la même année [35] . Une amélioration sensible a été introduite dans la fabrication des chariots à 4 roues, dits chariots Courtois.
Pour ce qui concerne la nourriture, une grande amélioration est à constater également. Autrefois, la principale nourriture des cultivateurs et des ouvriers se composait exclusivement de bouillie de maïs, appelé communément turquie, [36] la pomme de terre, le pain d’orge mélangé de seigle, rarement ils faisaient usage de vin et de viande. Le sucre, le café, considérés alors comme une gourmandise, n’étaient servis qu’exceptionnellement dans les repas entre parents et amis. Notons que le sucre se vendait jusqu’à 6 frs le ½ kg. Cette cherté exorbitante était due au système de prohibition générale des marchandises anglaises établi dans nos ports de commerce par Napoléon 1er en 1806 [37] .
Au début du siècle, un ouvrier travaillant à la culture gagnait 1fr à 1fr 25 par jour. Aujourd’hui, il est payé 2f. à 2f. 25 pour chaque journée de travail. Les ouvriers des professions diverses, menuisiers, plâtriers, maçons travaillant à la grosse journée gagnent 4f. 5 à 5f. par jour.
Le costume des anciens se composait d’un chapeau tricorne, d’une culotte, d’un habit à grands pans, d’un gilet croisant sur la poitrine, de bas noirs et de souliers ornés d’une large boucle en cuivre fixée sur le coup de pied. Ceux qui ne faisaient pas usage de chapeau avaient pour couvre-chef une toque de laine nommée vulgairement dobière. Ces respectables vieillards portaient leurs longs cheveux en arrière, réunis en queue sur la nuque et fixé au moyen d’un simple cordon.
Le costume des jeunes gens de sexe masculin se composait d’un bonnet de coton de couleurs variées, d’un pantalon étroit avec jambes excessivement courtes et dont le tissu était formé de fil de chanvre et de coton bleu, d’une veste sans basques avec collet montant nommée communément carmagnole. Quant à la chaussure, ils faisaient usage de sabots les jours ouvrables, de souliers ou de gros brodequins ferrés, chaussures réservées pour les dimanches et jours de fête. Les distractions favorites des jeunes gens du pays sont pendant l’hiver les cartes et le billard, dans toute autre saison, les dimanches et fêtes, seulement lorsque le temps le permet, les jeux de quilles, dont aujourd’hui la plupart sont situés à proximité des auberges. Autrefois, ces jeux étaient établis sur le champ de foire sur l’esplanade des Salines, dans l’ancienne propriété Jeanguillaume, dit Bourdon, à Senans. Ce dernier fut supprimé par l’acquisition de cet immeuble par Mme veuve Chevignard de Siffredy en 1867 ou 68.
Fromagerie de Senans
L’origine de la fabrication façon Gruyère à Senans date de l’année 1838. Avant l’établissement du chalet situé sur le champ de foire, la fabrication eut lieu successivement chez les sœurs Démillière, puis chez Étienne Jeanguillaume et enfin en dernier lieu dans la maison habitée par Simon Nicot. Le besoin d’un local mieux approprié se faisant de plus en plus sentir, les sociétaires se cotisèrent et firent construire le chalet actuel [38] .
Annexe : Un contrat de fromager en 1861 (Source : archives familiales).
Fromagerie d’Arc
Un premier essai pour la fabrication du fromage eut lieu à Arc en 1836, dans un local situé près des Salines, mais cette branche de l’industrie agricole n’a commencé à produire qu’en 1837.
En 1865, la société faisait construire un chalet qui fut achevé vers la fin de la même année et inauguré le 1er janvier 1866. Depuis l’époque de la fondation de cette fromagerie jusqu’au 31 décembre 1865, la fabrication eut lieu dans l’ancienne maison de Jean François Mourolin, appartenant aujourd’hui à Claude Démillière, dit Rabatté.
L’établissement des Salines de Chaux fut ordonné par un arrêt du conseil du roi Louis XV en date du 29 avril 1773. Par un autre arrêt du conseil de Louis XVI, en date du 12 juin 1774, François Marie Maréchal, seigneur de Longeville et de Vuillafans, conseiller au parlement de Besançon, commissaire général du conseil pour les Salines de Franche-Comté, fut commis pour faire l’acquisition des terrains nécessaires à cet important établissement, qui, sous le rapport de l’architecture est sans conteste le plus beau de ce genre.
L’entreprise des travaux de construction qui ne commencèrent réellement qu’au printemps 1775, fut confiée à Mr Montclar Jean-Roux sous la surveillance et la direction de l’architecte Nicolas Ledoux.
Les Salines de Chaux et leurs dépendances occupent une superficie totale de 19 hectares 55 ares 70 centiares, divisée ainsi qu’il est indiqué au tableau ci-dessous :
Nature des terrains |
Hect. |
Ares |
Cent. |
Bâtiments, allées, jardins, |
5 |
55 |
90 |
Esplanade ou avant-cour extérieure |
|
46 |
40 |
Pelouse comprise entre les haies et murs d’enceinte |
|
61 |
70 |
Terrains bordant le chemin qui s’embranche à la départementale no 24, bâtiment dit du bassin avec ses abords, sol de l’ancien bâtiment de graduation, de celui occupé par la scierie mécanique, chemins et talus du canal de dérivation dont les eaux alimentent la scierie et les pompes des Salines. |
12 |
9 |
80 |
Superficie totale |
19 |
55 |
70 |
Ne sont pas compris dans ce chiffre les terrains occupés par la conduite, c’est-à-dire ceux sous lesquels passent les tuyaux servant à porter les eaux salées depuis Salins jusqu’à l’intérieur de l’établissement. Depuis sa fondation en 1775, la Saline d’Arc a été successivement désignée sous les noms de Saline de Chaux, Saline nationale, Saline royale. La reine Christine d’Espagne en fit l’acquisition en 1843, elle la posséda jusqu’en 1860, époque où elle fut vendue à une société anonyme qui l’exploite encore en ce jour (1880) sous la raison sociale Société des anciennes salines domaniales de l’Est [39] .
Cette importante usine est alimentée par l’eau du banc salifère de Salins [40] (Jura) par des conduites en bois qui amènent le liquide d’une distance d’environ 21 km [41] . Elle fabrique en moyenne par année 50000 quintaux de sel alimentaire et 500 quintaux, tant en sulfate de soude, qu’en chlorure de potassium.
Les Salines sont sans contredit la curiosité la plus intéressante qu’offre le village d’Arc et Senans, l’ensemble de ses constructions présente un aspect très agréable, surtout au point de vue harmonie et, à l’exception des murs d’enceinte, tous les bâtiments sont construits en pierre de taille provenant des anciennes carrières traversées jadis par le chemin dit de la communauté de Senans.
Entrée
Le magnifique portail qui donne accès à l’établissement est remarquable par son style pittoresque et par la solidité de sa construction, son entablement (architrave, frise, corniche) repose sur huit colonnes en pierre de granit [42] , hautes d’environ huit mètres chacune, y compris le chapiteau. Les parois et la voute de cette porte monumentale sont garnies d’énormes blocs de pierre, figurant des petits rochers, fortement attachés avec des crampons en fer ingénieusement dissimulés. Une esplanade d’arbres à hautes tiges en ombrage les abords durant la belle saison, ce qui contribue à rendre cet établissement aussi vivant qu’agréable.
Intérieur
L’intérieur de la saline est sillonné par trois larges allées partant de la porte d’entrée et servant à relier las bâtiments entre eux. L’allée centrale, ou grande allée, divise les jardins en deux parties égales, elle correspond directement au milieu de la façade du bâtiment principal qui forme le trait d’union entre les deux grands bâtiments où sont établis les chaudières et les magasins à sel. Les deux autres allées tracées parallèlement aux murs d’enceinte sont bordées de coquettes habitations également espacées et destinées au personnel de l’usine et aux préposés des contributions indirectes. Sous tous les rapports, ces deux allées sont exactement semblables, c’est ainsi que les bâtiments qui se font face sont construite sur le même plan, d’après le même style et les mêmes dimensions, ce qui forme un ensemble parfaitement harmonieux.
Bâtiment principal
Ce bâtiment dont nous donnons quelques descriptions rappelle l’architecture des barrières de Paris, également construits sous la direction de l’architecte Ledoux [43] . L’entrée de cet édifice correspond directement au milieu de la porte d’entrée de la Saline et au pont sur la Loue, le fronton triangulaire, au milieu duquel figure le cadran de l’horloge, est supporté par 8 colonnes d’environ 8m80, y compris l’entablement. Un magnifique péristyle vouté précède l’entrée principale de l’édifice désigné communément sous le nom de direction. Le vaste escalier qui met en communication le rez-de-chaussée avec l’étage supérieur mérité d’être signalé ; il est formé de 29 marches en pierre de granit [44] , longues d’environ trois mètres chacune. Arrivé au palier de l’escalier, nous avons en face de nous une magnifique galerie voutée fermée d’une grille de fer et éclairée par une fenêtre semi-circulaire. C’était dans cette galerie, alors transformée en chapelle, qu’un prêtre non assermenté célébrait l’office divin sous le règne de la Terreur (1793-94). Du premier étage pour se rendre au belvédère qui couronne le centre de cet édifice, il faut gravir un escalier assez étroit et comprenant 83 marches. Ce pavillon occupe une surface de 81 m², soit un carré de dimensions égales et dont chacune d’elle mesure 9 m de longueur. Du haut de ce belvédère, un magnifique panorama se présente aux yeux.
Depuis sa fondation, la direction de la Saline fut successivement confiée à MM Dorval, Castaing, Lemonnies, Bossu, Fontenelles, Carré et Thiriet. Après le départ de ce dernier, qui eut lieu en 1860, la surveillance de l’usine et de ses dépendances fut confiée à un chef de service, aux appointements de 1800 frs. Mr Legrand, dit Labrit, a été concierge de la Saline depuis le mois de janvier 1829 jusqu’au 13 avril 1867, soit 38 ans 3 mois.
Il existait encore en 1856 entre le réservoir dit le bassin et l’usine Aigrot et Cie [46] , un vaste bâtiment mesurant environ 490 m de long sur une hauteur régulière de 15 mètres environ. Ce bâtiment était exclusivement construit en bois de sapin, sauf la partie orientale qui reposait sur quatre rangées de piles en pierres taillées d’une hauteur de 0m65 de moyenne. À l’époque, l’eau salée avait besoin d’être graduée, procédé que l’on emploie plus aujourd’hui. Deux tournants mus par un courant d’eau habilement ménagé, faisaient fonctionner les pompes qui tiraient l’eau salée d’un réservoir placé à proximité, la montait à une hauteur d’environ 9 mètres, d’où elle se répandait ensuite goutte à goutte à travers des épines amoncelées avec art et tombait ensuite dans des bassins destinés à la recevoir. Ce genre de filtration dépouillait ainsi l’eau salée de ses parties hétérogènes [47]. Une conduite souterraine la faisait parvenir dans les chaudières sous lesquelles un feu régulier l’évaporait et la réduisait en sel naturel. Ce bâtiment dispendieux n’ayant plus de raison d’être, a été démoli durant l’hiver de 1855-56, à l’exception de la partie située sur la rive droite du canal, laquelle été a conservée pour abriter la pompe et le réservoir contenant l’eau salée.
Présumant sans doute de rencontrer à une certaine profondeur le gisement d’un banc de sel gemme, l’administration de la saline fit exécuter un sondage à l’extrémité Sud Est de l’ancien bâtiment de graduation. Cette opération à la fois longue et coûteuse, eut lieu pendant les années 1844-45-46 [48]. Le trou formé par la sonde de 0m23 de diamètre, sa profondeur est de 162 mètres dont 157 mètres dans le roc et 5 mètres pour le percement des couches intermédiaires de sable et de gravier. À cette profondeur, la roche offrait une résistance telle que la tarière de la sonde, fréquemment émoussée, ne pénétrait plus que difficilement dans cette masse de granit [49] , dont on ne pouvait prévoir l’épaisseur. L’administration des salines dut abandonner définitivement les travaux exécutés sans succès.
Scierie mécanique
Fondée en 1856 par l’administration des salines, qui fit d’abord construire le hangar destiné à abriter les scies verticales mues par l’eau, cette usine devait prendre une importance considérable [50]. Pendant un an seulement, elle fut exploitée par la société des salines, à laquelle appartenaient le cours d’eau qui l’alimente ainsi que les terrains.
Vers la fin de 1857, la scierie fut concédée à MM Chamecin et Fontaine qui l’exploitèrent pendant 7 ans et l’agrandirent considérablement. Enfin, vers 1864, la société Chamecin Fontaine ayant été déclarée en faillite, le droit d’exploitation de l’usine, le matériel et les constructions, sauf les scies verticales, le hangar et la motrice, qui sont la propriété des Salines de l’Est, furent cédées à Mr Aigrot père, lequel en prit possession le 4 juin 1865 et l’exploita pendant une période de 10 ans. Ensuite, en raison d’un ralentissement de la vente des bois façonnés, cette importante usine a beaucoup perdu de son activité. À l’époque où ces lignes sont tracées (1878), elle ne fonctionne plus guère que pour des particuliers en attendant l’échéance du dernier bail consenti entre Mr Aigrot et la société des Salines, propriétaire du cours d’eau qui alimente l’usine.
Aucun titre authentique ne mentionne l’origine du moulin à farine de Roche sur Loue, nous nous bornerons à rappeler qu’une vieille tradition, très accréditée dans le pays, le considère comme le plus ancien de ceux établis sur la rivière la Loue, bien que la date de sa fondation ne se trouve consignée nulle part. Il est néanmoins hors de doute qu’elle remonte à une époque lointaine, puisque dans son histoire du Comté de Bourgogne en 1656, Béatrice de Châlon mentionne l’existence d’un moulin à grain près de la section de Senans vers l’an 1240 [51].
En ce qui concerne l’ancienne fonderie de Roche, nous n’avons pu préciser la date de sa fondation. Toutefois, nous inclinons à croire qu’elle existait déjà plusieurs années avant la Révolution de 1789, ainsi que l’atteste un titre qui nous a été communiqué par Mr Lespermont à l’époque où il était propriétaire de cet immeuble.
Lors de la construction de la Saline de Chaux en 1775, une convention fut conclue entre le propriétaire de Roche et l’administration des salines. En vertu d’une disposition particulière, l’administration des salines était autorisée à ouvrir, un peu en aval du moulin de Roche, un canal latéral destiné à mettre en mouvement les deux pompes hydrauliques qui après l’achèvement de la Saline furent établies à l’extrémité sud-est du bâtiment de graduation. Cette prise d’eau fut consentie d’un commun accord entre les deux parties intéressées, à la condition expresse que l’administration des salines serait tenue de payer une redevance annuelle de 150 frs à tous les propriétaires qui pourraient se succéder dans la possession de l’usine de Roche.
Ainsi que l’attestent les documents officiels, Roche possédait autrefois une forge et une fonderie, mais le minerai et les combustibles indispensables à leur alimentation nécessitant des transports relativement trop coûteux, l’exploitation ne put résister à la concurrence de certains établissements métallurgiques dont la main d’œuvre rapide, l’outillage et l’extrême division du travail déterminent les propriétaires à cesser l’exploitation pour donner un plus grand développement aux forges de Fraisans qui emploient 3000 ouvriers.
La fonderie de Roche a cessé d’être exploitée en 1818 [52] , la forge a été définitivement arrêtée en 1841. Les vastes magasins contenant autrefois les matières combustibles destinées à alimenter les usines ont été démolis pendant la période de 1842 à 1850. La remise attenant au moulin et abritant jadis la roue destinée à activer l’action du feu de la fonderie, renferme aujourd’hui un battoir à grains. Enfin, en 1861, le bâtiment situé sur la rive gauche du canal, où était placé le martinet de la forge, a été approprié pour recevoir le matériel d’une papeterie fondée par Mr Lespermont, alors propriétaire de Roche sur Loue.
Ministère de l’Intérieur
« Sur la demande du citoyen Poignand, propriétaire de l’usine de Roche sur Loue, tenant à obtenir l’autorisation de construire une forge, le Préfet du Doubs, vu les oppositions des frères Caron et autres maîtres de forge de Dampierre, vu l’avis du conseil des mines, décide qu’il n’y a pas lieu de soumettre cette question à l’approbation du gouvernement consulaire. Néanmoins, il est permis au demandeur de continuer provisoirement les travaux de cette usine jusqu’à la décision du gouvernement pendant 1 an et 1 jour [53]. »
Cette autorisation fut accordée avant le délai convenu, le 29 vendémiaire an XI (21 octobre 1802). Le roulement de l’ancien fourneau de Roche et la construction d’une forge près de ce fourneau sont autorisés, le citoyen Poignand sera tenu sur la réquisition du conservateur des forêts, d’ensemencer et de planter tous les ans, en temps convenable et en essences de bois qui lui seront désignées, un hectare de terrain dans les vacants voisins de cet établissement ou qui n’en seraient pas éloignés de plus d’une lieue.
À l’époque où le fourneau et la forge étaient en pleine activité, sa population commis, fondeurs, forgerons, manœuvres, formaient une véritable colonie de plus de cent vingt personnes, presque tous étrangers à la commune. Pendant 5 ans, de 1842 à 1847, Roche fut la résidence de Mr Polonceau, inspecteur divisionnaire, auteur du projet d’endiguement et de régularisation du Doubs et de la Loue.
Moulin Toussaint, propriétaire Mme veuve Belpaume
Le moulin à farine mû par l’eau fut inventé l’an 787 de notre ère.
Le sol sur lequel est construit le moulin Belpaume, ainsi qu’une notable partie des terrains qui en dépendent, furent concédés en 1608 par Mr Toussaint de Saulx à Mr Jean Ligier, ancien meunier du moulin des Lanternes, moyennant une redevance annuelle de trois grosses d’œufs (36 douzaines) et d’une poule. Cette concession fut ratifiée la même année par Mr de Pracontat, fils de Mme Toussaint de Saulx. En vertu d’une clause particulière de la convention précitée, Mr Cosnes, alors propriétaire par ascendance du moulin des Lanternes, fut dûment autorisé par le censier à avancer la borne, expression usitée cette époque, de 12 toises en amont du pré Chauvey.
Le 2 octobre 1652 ou 44 ans plus tard, messire Ferdinand de Brun, marquis de Roche et seigneur de Chatel Rouillaud, concédait les deux moulins à Mr Bideaux, à charge pour lui de continuer le procès intenté par Mr Mathieu [54] , lequel prétendait avoir droit à une redevance annuelle de 50 livres sur lesdits moulins et cela en sa qualité de chapelain de la chapelle de Château Rouillaud.
Enfin en 1683 Georges Bideaux étant décédé, ses deux fils obtinrent la concession des deux moulins précités, moyennant une redevance annuelle et perpétuelle de cent livres. Également, ils devaient payer chaque année au marquis de Brun une somme de 50 livres représentant le cens dont était frappée l’antique chapelle de Château Rouillaud.
L’entreprise Belpaume comprend un moulin à farine, une scierie et un battoir à grains. Les importantes réparations faites en 1873 et 1874 ont contribué à la mettre dans un état satisfaisant.
Ancien moulin des Lanternes, désigné aujourd’hui sous le nom de moulin Toussaint, propriétaire actuel Mr Prenalton (1880). Situé sur la rive gauche de la Loue, à quelques mètres en aval du précédent, l’origine du moulin des Lanternes est incertaine, puisqu’elle ne se trouve consignée nulle part. Bien que la date de sa fondation soit restée ignorée, il reste cependant une preuve incontestable de son ancienneté, c’est le titre authentique que nous avons consulté, lequel relate son existence vers la fin du Moyen-Âge. Les premiers possesseurs de l’ancien moulin dit des Lanternes ne se trouvant mentionnés nulle part, nous rappellerons donc que vers la fin du XVIème siècle, cette usine relevait du fief du seigneur de Roche qui la donna à cens à l’un de ses vassaux du nom de Jean Ligier. En début du 17éme siècle, elle fut concédée au même titre à Mr Cosne, qui la donna en dot à sa fille aînée, alors religieuse au Carmel de Dole. L’acte de donation ayant été déclaré nul par le seigneur de Roche, la propriété passa à la famille Bideaux, l’une des plus anciennes familles de la commune et dont les descendants la conservèrent jusqu’au commencement du 19ème siècle. Depuis cette époque, plusieurs propriétaires se sont succédé dans la possession du moulin des Lanternes, qui, à défaut de réparations urgentes, se trouva en 1870 dans un tel état de délabrement qu’il ne répondait plus à sa véritable destination.
Le propriétaire actuel a complètement changé les dispositions intérieures, d’importants travaux y ont été exécutés en 1871-1872, tout le mécanisme a été changé. Aujourd’hui, seule une roue motrice marchant avec pignons, communique avec quatre engrenages fixés sur un arbre en fer placé verticalement sur pivot. Ce mécanisme aussi simple qu’ingénieux, suffit pour mettre simultanément en mouvement un battoir à grains et quatre paires de meules. Pour protéger l’usine contre les débordements du canal d’alimentation, l’aire du rez-de-chaussée a été exhaussée de 0m50. Mr Grenotton a fait réparer le barrage établi à la naissance du canal de dérivation.
Moulin Billerey, propriétaire Mme veuve Colard, née Billerey.
D’après le millésime gravé aux ciseaux et placé extérieurement au-dessus de l’entrée principale du moulin, il semble que sa construction primitive remonte à 1797 an V de la République.
Comme toutes les usines de ce genre installées sur le territoire d’Arc et Senans, le moulin Billerey était en très mauvais état. D’importants travaux durent être effectués afin de le rendre à sa véritable destination de 1837 à 1881. De nombreuses transformations et améliorations furent faites, tant à l’intérieur du moulin qu’au bien-être de ses habitants.
Fabriques de tuiles, de briques et de chaux.
1880 – Il y a 25 ans, Arc et Senans possédait encore trois tuileries en pleine activité. La plus ancienne et la plus importante par la qualité de ses produits était celle située jadis à l’entrée du hameau du Vernois [55]. Elle appartenait en dernier à Mr Hugon d’Augicourt, qui la fit démolir vers l’an 1871 [56]. Cette tuilerie fut exploitée pendant une période de plus de 80 ans par la famille Démillière de Senans, les deux tuileries établies dans la section de Senans appartiennent à Mme veuve Berthet, née Bédaud, celle située rue des Tuileries est en chômage depuis la fin de 1874, époque où les frères Nicot-Baurand en cessèrent l’exploitation. L’autre, située près du cimetière, lieu-dit au Joncheret, est seule aujourd’hui en activité. Ces deux tuileries furent exploitées, la première par la famille Laurency, la seconde par la famille Baurand. Le ralentissement de cette industrie est dû à l’emploi de tuiles mécaniques.
Anciennes seigneuries de Roche et de Château Rouillaud.
La terre de Roche sur Loue, érigée en marquisat par lettres patentes [57] de janvier 1694, n’est plus aujourd’hui qu’un faible débris de cet important domaine, qui, avec la seigneurie de Château Rouillaud, fut donnée en apanage à Guyot de Rochefort en 1360 par Jean de Châlon, comte d’Auxerre et de Tonnerre, en récompense de sa vaillante conduite contre les Anglais à la bataille de Poitiers en 1536 [58]
Jean de Châlon appartenait à la branche cadette des ducs de Bourgogne, il fut l’un des princes les plus libéraux envers notre province, ce prince, surnommé l’Antique ou le Sage, contribua pour une large part à la constitution de notre province de Franche-Comté.
En 1694, la terre de Roche fut érigée en marquisat en faveur de messire Ferdinand de Brun [59], seigneur de Château Rouillaud, d’Amange, de Souvans, De Crissey et autres lieux. Ce personnage était encore chevalier de St Louis, colonel du régiment de Lormoy, grand Bailli de Dôle, maréchal des camps et armées de Louis XIV.
En 1694, la seigneurie de Château Rouillaud fut réunie au marquisat de Roche. après la mort du marquis de Brun, ce domaine passa successivement par héritage ou par alliance aux familles de Vaudrey Grammont [60]. Vers le milieu du XVIIIème siècle, les terres de Roche et de Château Rouillaud appartenaient au baron d’Isselin de Lasnans, lequel en conserva la possession jusqu’en 1789, époque à laquelle le roi de France en fit l’acquisition moyennant le prix de 650000 livres [61].
Le contrat de vente faite par le baron d’Isselin de Lasnans fut passé par devant Maîtres Doillot et Bontemps, notaires au Chatelet de Paris , le 16 mars 1779. Louis XVI, après être resté possesseur du domaine durant quatre années, le revendit à François Alexandre Jouffroy de Précipiano, baron et seigneur de Soye, Fontaine l’Hôpital et autres lieux, moyennant le prix de 1450000 livres. L’acte de cession faite au nom du roi par ses commissaires généraux fut signé dans une assemblée ordinaire tenue au Palais des Tuileries le 5 avril 1783. Peu de temps après la Révolution de 1789, les terres de Roche et de Château Rouillaud passèrent par acquisition à Mr Renouard de Bussière, qui, après cession du domaine de Château Rouillaud à Mr Rochet, conserva la terre de Roche jusqu’en 1809.
À cette dernière date, une famille étrangère, la famille des Bovet, se rendait propriétaire du domaine de Roche, en vertu d’un contrat de vente passé devant Me Masson, notaire à Quingey, à la date du 18 novembre 1809 [62].
Resté en possession de ce domaine pendant une période de cinquante-cinq ans, de 1809 à 1854, Mr Bovet le revendait à MM Nicolas de Meissas et Amédée Caron, de telle sorte qu’après le décès de Mr de Meissas, arrivé le 15 mai 1874, Mr Caron, son gendre, devint le seul propriétaire de ce qui reste encore aujourd’hui de l’ancien marquisat de Roche sur Loue.
Défalcation faite des terrains occupés par la voie ferrée, la superficie approximative du domaine de Roche, y compris ses dépendances, est de 315 hectares.
| La ferme de la Grange Jouffroy | 28 hectares |
| Celle du château | 32 hectares |
| Le bois dit de la Pérouse | 111 hectares |
| La grande ferme
[63]
composée d’un certain nombre de parcelles dont l’ensemble est peut-être d’environ |
110 hectares |
| Terres acensées situées dans les cantons du Vernois et de la Pérouse | 34 hectares |
| Total | 315 hectares |
Château Rouillaud
Réunie pendant près d’un siècle au marquisat de Roche sur Loue, la terre de Château Rouillaud n’en fut définitivement détachée que vers le fin du règne de Louis XVI, à l’époque où, par acquisition, elle devint la propriété de Mr Rochet qui en conserva la possession jusqu’au 6 fructidor an XIII de la République (24 août 1805). À cette époque, la forêt de Château Rouillaud passait par acquisition à Mr Léonard Caron, grand-père paternel de Mr Amédée Caron, propriétaire du domaine de Roche.
Enfin, à la mort de Mr Léonard Caron, parent par alliance du général baron le Pin, de Montigny (Jura), la forêt précitée échût en partage à ce dernier, dont le décès, en 1839, assura à Mr Henri le Pin, son fils, l’entière possession de cette propriété boisée.
Contigu à la forêt domaniale de Chaux, le bois de Château Rouillaud a pour enclave la partie la plus considérable du territoire des Défoy, sa superficie est d’environ 107 hectares [64] .
Rappelons à la mémoire de nos compatriotes le souvenir d’un ancien garde particulier, Étienne Nicot, qui, de 1822 à 1872, fut préposé à la surveillance et à la conservation de ladite forêt.
Souvenir se rattachant au château de Roche
Un précipice en forma d’entonnoir que l’on observe dans la partie nord de la forêt de la Pérouse et nommé creux de Pourcemain est une excavation produite par la nature, laquelle n’indique ni l’entrée, ni la sortie d’un souterrain communiquant jadis avec le château. Néanmoins, la chronique locale rapporte que ce prétendu souterrain communiquant jadis au château, servit plusieurs fois de refuge à la population alarmée pendant les guerres de dix ans et la Révolution française de 1789 à 1794 [65]
D’après les documents authentiques, le château de Roche était encore vers la fin du XVIIème siècle le siège de la justice municipale. Pour ce qui concerne les besoins du culte catholique, alors que le marquis de Grammont était propriétaire des terres de Château Rouillaud, il existait au château une chapelle desservie par un abbé et placée sous l’invocation de St Théodule, la consécration de cette chapelle eut lieu le 18 août 1757.
Au château de Roche se rattachent encore deux souvenirs mémorables. Ancienne propriété de Louis XVI pendant une période de 4 années, de 1779 à 1783, il fut témoin en 1794 de la présence du représentant Lejeune, envoyé en mission extraordinaire dans les départements du Doubs et du Jura [66].
Enfin, le château rappelle un douloureux souvenir : le général Manteuffel vint s’y installer lors de son passage à Arc et Senans le 28 janvier 1871
[67].
Liste des fermiers qui se sont succédés depuis 1798 jusqu’à nos jours (1880), nous ne connaissons pas les noms antérieurs à cette date.
MM Devaux, Daniel, David et Torrent, tous 4 originaires de la Suisse, Lavaire François, d’Arc et Senans, Porteret de Buffard.
Depuis 1867, époque de l’expiration du bail consenti entre Mr Bovet et Mr Porteret, la ferme de Roche est exploitée par son propriétaire Mr Amédée Caron.
Bien que la date précise de la création du hameau des Défoy ne soit point connue, il est certain qu’elle remonte à une époque très reculée et qu’elle est antérieure à celle du village d’Arc et Senans, dont il fait partie. En effet, d’après un document fort ancien que nos recherches nous ont permis de découvrir, il existait déjà à la fin du 5ème siècle de notre ère. Plusieurs habitations de chétive apparence, tant à l’entrée du hameau que sur la lisière nord de la forêt de château Rouillaud, nous autorisent à croire que ces baraques primitives furent construites à la hâte par une petite colonie de Burgondes, aujourd’hui les Bourguignons, qui, après leur invasion dans les Gaules, se sont établis dans ce lieu solitaire et s’y sont perpétués.
Le hameau des Défoy, dépendance de la commune d’Arc et Senans, déploie ses habitations éparses sur la lisière sud-ouest du bois communal d’amont et de la forêt de Château Rouillot. Avant la période de 1852 à 1858, période pendant laquelle eut lieu le défrichement du bois communal d’aval, son territoire tout entier était enclavé dans les bois communaux d’amont et d’aval et la forêt de Château Rouillaud, lesquelles lui servaient de limites naturelles. Légèrement accidenté et traversé par plusieurs petits ruisseaux, le terroir des Défoy est formé presqu’en entier de terrains argileux, nommés communément arbues. Il produit du blé, des pommes de terre, de l’avoine et surtout du fourrage d’assez bonne qualité. Les vergers situés auprès des habitations sont peuplés d’arbres à hautes tiges qui produisent les fruits à couteau. Ce hameau élève aussi beaucoup d’abeilles dont les produits sont très recherchés. Les terres des Défoy, anciennes dépendances du fief de Château Rouillaud [68], sont à peu près toutes affranchies de leurs redevances.
La population des Défoy peut être évaluée à 110 ou 115 habitants, dont à peu près un dixième exerce la profession de bûcheron, tout au moins pendant la saison d’hiver.
Les plus anciennes et les plus nombreuses familles des Défoy sont les Roubez‑Liellet, les Pernet, les Démillière et les Rondot. Comme famille nombreuse, il convient de citer celle des Sauriat, dont les ascendants Philippe et Guillaume étaient originaires de St Hilaire le château (Creuse), d’où ils vinrent s’établir aux Défoy vers l’an 1797.
Le plus gros problème du hameau était celui de l’eau potable. Par décision du conseil municipal, un puits fut creusé sur le point le plus rapproché du centre. Les travaux furent exécutés en 1880.
Contrairement à celle des Défoy dont nous avons donné la description, l’histoire du hameau de Vernois est muette jusqu’à l’époque où il est fait mention de celle d’Arc et Senans. Quoiqu’il en soit de l’incertitude de ses origines, le hameau du Vernois est un ancien fief dépendant autrefois du marquisat de Roche sur Loue. Vers le milieu du XVIIIème siècle, le Vernois avait encore pour seigneur messire Ambroise Renard, lequel habita longtemps la maison de ferme à l’entrée du hameau, appartenant aujourd’hui à Mme veuve Hugon d’Augicourt. L’étang du seigneur du Vernois était jadis situé à quelques mètres nord-est de la maison de Pierre Nélaton, dit le Cadet. Ordre était donné par l’échevin aux habitants du Vernois d’empêcher à coups de Gaule les grenouilles de coasser afin de protéger le repos du seigneur.
Traversé dans sa plus grande longueur par la route départementale no 26, de Ranchot à Salins, le hameau déploie ses habitants depuis le passage à niveau jusqu’à l’entrée de la forêt de Chaux, où s’embranche le chemin reliant les deux hameaux.
Son territoire a pour limites naturelles, au couchant la forêt de Chaux, au nord le bois de la Pérouse, au sud-ouest le bois communal d’amont de même que celui des Défoy. Le territoire du Vernois est légèrement accidenté, il est traversé dans sa largeur par deux ruisseaux sortant de la Pérouse, lesquels coulant du nord au sud se réunissent à celui de la Grand Vye, dont les eaux se jettent dans la Loue un peu en aval du moulin Toussaint.
La population de ce hameau comprend environ 280 habitants, dont un certain nombre sont cultivateurs. Pour fournir aux besoins de la population, la municipalité fit réparer le puits appartenant en commun à MM Jean Rondot, Royer et Cussey, puis elle en fit établir un autre à l’angle nord-ouest du verger Dunand Liévaux.
Près de la rue du Vernois, une tuilerie d’une certaine importance existait jadis à l’entrée du Vernois, cette ancienne tuilerie fut démolie en 1871.
De temps immémorial et jusqu’en 1838, époque à laquelle la municipalité décida la mise en culture des Terroux, ce canton n’était qu’une vaste pelouse affectée à la pâture des animaux domestiques. La partie la plus rapprochée sa la Pérouse était spécialement consacrée à l’extraction de la pierre à bâtir et la terre employée à la fabrication des tuiles provenait en grande partie du sol avoisinant le cimetière et la tuilerie du Joncheret. Parmi les principaux carriers qui à cette époque exploitaient nos carrières, citons Étienne Jeanguillaume, dit Bourdon et Pierre Devaux, associés.
La semaine aux Terroux était bourdonnante de vie, les bergers, les carriers, les charretiers et leurs attelages transportant la pierre, créaient une grande animation. Le dimanche, une nombreuse jeunesse se réunissait sur ce terrain et jouait aux quilles. Si par hasard ils gagnaient des victuailles, ils allaient les consommer à la Grange Jouffroy chez le père Bruet, homme honnête et sympathique qui jouissait de l’estime de tous.
Employés aux carrières étaient également Joseph Duvois, dit l’Avoué, les frères Létivent du Vernois, le père Langrogne [69], carrier d’origine étrangère, lequel vint se fixer au pays vers le milieu du siècle. Il habitait une petite loge qu’il construisit à côté de la carrière.
Ce joli coin de village a subi de très gros changements dus à différentes causes.
1 – La mise en valeur et la location de 6 hectares de terrain, location nécessitée par l’insuffisance des ressources et l’accroissement des dépenses communales.
2 – À l’établissement pour cause de salubrité publique, d’un cimetière situé en dehors de l’enceinte communale.
3 – À l’ouverture de la voie ferrée Arc et Senans-Franois depuis le point occupé par la maison du garde-barrière jusqu’à celui où elle entre dans le domaine de Roche sur Loue.
Ce canton, jadis si joyeux, si vivant, a complètement perdu son ancienne animation. Aujourd’hui, on trouve à peine une branche verdoyante pour se reposer, les cinq chênes séculaires qui ombrageaient l’abreuvoir, arbres sous lesquels pâtres et troupeaux trouvaient abri, ont disparu en 1836-37. Les quatre-vingt autres arbres de même essence, dont l’antiquité se perdait dans la nuit des temps, étaient disséminés sur le sol du Bas de Goubeaux et sur la crête des carrières, ils n’existent plus depuis 1831, époque à laquelle ils tombèrent sous la cognée des bûcherons.
L’ancien et vaste abreuvoir lui-même a dû disparaitre sous le remblai de la voie ferrée en 1863. La partie des carrières sur laquelle est situé le cimetière fut remblayée et nivelée pendant la période de 1840 à 1848, le champ de foire seul a conservé son ancienne physionomie, à l’exception toutefois des jeux de quilles qui furent supprimés.
Du côté nord de l’église et joignant la route départementale no 24 existait encore vers 1847 un pâté de vieilles maisons délabrées. Ces habitations ont complètement disparu. L’une adossée contre la maison Poisot, dit Gargamel, appartenait à Mr Denis Percier Remeny, l’autre occupant une étendue plus vaste appartenait à Françoise Caillet, dite Seuseu, sœur de Denis Percier Caillet. L’entrée de ces habitations était précédée d’une remise ou avant-toit, cette remise était le rendez-vous des jeunes gens, qui, en temps de pluie, venaient y faire la partie de bouchon, désignée sous le nom de galine [70]. Le derrière de cette habitation peu confortable était éclairé par 4 fenêtres donnant sur le jardon, les autres fenêtres s’ouvrant d’une part sur l’impasse Poisot, de l’autre sur la remise qui ombrageait l’entrée principale. C’est sur une partie de l’emplacement de cette chaumière que Claude François Percier Caillet fit construire en 1849 la maison appartenant aujourd’hui aux héritiers Amour.
Du côté de l’église, vis-à-vis le fatras de chaumières, existait un embarras de circulation qu’il importait absolument de supprimer. Dans l’ancien cimetière dont l’origine remontait à plus de deux siècles et demi, d’énormes marronniers ombrageaient les humbles tertres de nos ancêtres, dont les ossement et la terre qui les recouvrait furent transportés dans l’enceinte du nouveau cimetière pendant l’hiver 1847-48. Les abords de l’église du côté sud-ouest étaient rendus difficiles par l’existence d’une mare d’eau qui fut comblée vers l’an 1837.
Situés en face le verger du Renard, sur les emplacements occupés par la maison d’école des garçons de Senans et celle appartenant à Mr Jean Claude Décurey, les deux habitations de la famille Blondain-Prost étaient selon toute probabilité les plus anciennes de Senans [71].
L’ancienne chapelle d’Arc et Valhouais
L’un des plus anciens souvenirs locaux est sans conteste celui qui se rattache à l’ancienne chapelle d’Arc et Valhouais, démolie vers 1836. Mr Claude Belpaume, alors propriétaire du moulin Toussaint, situé sur la rive droite de la Loue, nous a communiqué l’acte authentique dont il résulte que la chapelle d’Arc en Valhouais était encore desservie par un prêtre nommé Mathieu [72], oncle paternel de l’un des généreux bienfaiteurs des pauvres de la section d’Arc [73]. À l’époque où nous traçons ces lignes (31 août 1882), une période de 46 ans seulement nous sépare de l’époque où les ruines de cette antique chapelle étaient encore debout. L’administration, redoutant un prochain écroulement, décida à la faire démolir et déblayer en 1836. Quelques temps après le complet déblaiement de ces ruines, Mr Joseph Augustin de Siffredy [74] conçut le projet de la faire rebâtir à ses frais sur l’emplacement même qu’elle occupait. Ce projet comprenait aussi la construction d’un bâtiment affecté au logement du futur desservant auquel Mr de Siffredy aurait assuré un traitement suffisant. Destiné à donner satisfaction aux besoins des populations d’Arc et du hameau des Défoy, ce projet, bientôt dans la voie de la réalisation, fut favorablement accueilli par ces derniers, mais dans cette circonstance, Mr de Siffredy n’avait sans doute pas prévu les difficultés qui pourraient surgir. Comme dit le proverbe, compté sans son hôte [75]. En effet, le gros œuvre de ces deux constructions était à peine achevé que l’autorité diocésaine, sur les réclamations du curé d’alors [76], s’opposa formellement au rétablissement d’une chapelle à Arc, alléguant à tort ou à raison, que l’église paroissiale suffisait largement aux besoins du culte catholique. Point n’est besoin de rappeler que ce conflit entre nos deux puissances locales se termina à l’avantage de Mr le curé de Senans et que dans ce cas, l’influence nobiliaire fut mise en échec par l’influence cléricale, si bien que, en présence de l’opposition faite à son projet, Mr de Siffredy dut y renoncer définitivement, laissant inachevés les travaux intérieurs des deux constructions. Ces dernières restèrent ainsi dans cet état jusqu’en 1861, époque à laquelle elles passèrent à la possession de Mr Jean Baptiste Monrolin [77] et cela en vertu d’un échange de propriété consenti entre ce dernier et Mr de Siffredy. Devenu légitime propriétaire de ces deux bâtiments, Mr Monrolin fit tout d’abord achever celui destiné au logement d’un desservant, puis, plus tard, il convertit en cave la cage de la nouvelle chapelle.
Annexe : Les traces de la nouvelle chapelle aujourd'hui.
Sur la plateforme de terre-plein ou du monticule circulaire qui s’élève au centre de la section d’Arc, du côté sud-est de la maison Monrolin, se dressait encore au milieu du 18ème siècle de notre ère le château légendaire qui rappelle le drame émouvant des tristes amours de Loys et d’Euriette, drame lugubre dont l’action principale se passe par une nuit obscure, au milieu du lac traditionnel du Val d’Amour [78], construit bien antérieurement à la fondation d’Arc en Valhouais. Cet antique château fut longtemps isolé sur le bord du lac mystérieux, d’où il dominait l’immense horizon qui s’étend aujourd’hui sur toute cette plaine dite du Val d’Amour, plaine d’autant plus fertile qu’une grande partie des terrains qui la composent sont formés d’alluvions.
Si l’on en croit une vieille chronique dans le pays, cet antique manoir dont l’origine semble être descendue dans les profondeurs de l’oubli, ne fut abattu que vers la fin du 8ème siècle. Ce vieux château est-il tombé en vétusté, a-t-il été détruit par les événements ou démoli par la main des hommes ? Ce sont autant de questions sans réponses. Depuis plusieurs siècles, sauf le monticule sur lequel il s’élevait jadis, il n’en reste aucune trace, aucun souvenir visible [79].
À environ 25 mètres nord-ouest de la maison appartenant à Mr Jean Baptiste Pernet Bassot, en face de l’ancienne tuilerie du Vernois, en contrebas du talus longeant la route départementale no 24 de Ranchot à Salins, existait encore à l’époque de la Révolution française une vieille chaumière habitée par demoiselle Béatrice Vincent Regond, cousine de Jean François Regond, qui fut maire d’Arc et Senans de 1828 à 1840. Durant la tourmente révolutionnaire, de 1792 à 1794, cette humble demeure, démolie vers l’an 1825, servait souvent de refuge à des prêtres non assermentés, lesquels baptisèrent secrètement un certain nombre d’enfants nouveau-nés. Pendant la période du 28 prairial an II de la République (18 juin 1894) au 5 fructidor an IX de la république (23 août 1801), un prêtre officiait dans la ferme sise au Vernois, appartenant aujourd’hui à Mme veuve Hugon d’Augicourt [80]. À une distance d’environ 15 mètres au sud-est de la maison Lagrange, au Vernois, existait encore il y a environ 40 ans l’ancienne chaumière de François Eme, dit le père Francillon. En face de ladite chaumière et sur le côté nord du chemin du Vernois existait autrefois une vaste maison couverte en chaume et ayant appartenu aux frères Liévaux, dit Botod. Abandonnées et privées de réparations, ces deux habitations furent démolies et déblayées, la première en 1842, la seconde en 1848.
À quelque cinquante mètres nord-est de la maison de Pierre Nélaton, dit le Cadet, au Vernois, l’on voit encore les restes de la chaussée ayant servi jadis à retenir les eaux de l’étang du seigneur du hameau. Ce personnage de triste mémoire et dont la domination prit fin à la Révolution de 1789, se nommait Étienne Ambroise Renard. Il avait pour résidence habituelle la maison actuellement habitée par l’un des fermiers de Mme veuve Hugon d’Augicourt.
À l’angle oriental formé par le bois communal d’amont, existait jadis la maison légendaire d’Ignace Broutet, qui fut maire de la commune depuis le 2 décembre 1792 jusqu’au 17 brumaire en IV de la République (8 novembre 1795). Au commencement de la Révolution française, alors que cette maison sordide et isolée [81] était habitée par son premier propriétaire, Mr Broutet, elle fut signalée, à tort ou à raison, comme renfermant le matériel nécessaire à la fabrication de la fausse monnaie. Ignace Broutet était de nature intrigante, dans la majeure partie de la population, cet homme ne devait son bien-être qu’à la coupable fabrication de la fausse monnaie et celle des assignats. Les graves soupçons qui pesaient sur cet homme intelligent, audacieux, rusé, ne furent jamais confirmés et aucun instrument pouvant servir à fabriquer ou falsifier cette fausse monnaie ne fut trouvé en sa possession, tout se réduisait à des conjectures, dont les gens sérieux n’eurent garde de se faire écho. De cette maison, démolie en 1850-51, dont on ne saurait indiquer l’emplacement, il ne reste plus aujourd’hui qu’un vague souvenir [82].
La maison Roubez-Liellet
L’ancienne maison Roubez-Liellet aux Défoy, sur la lisière du bois de Château Rouillaud, à environ 250 mètres au nord-ouest du groupe de maisons formant l’extrémité du hameau, s’élevait encore en 1872. L’ancienne maison des Roubez-Liellet, appartenait alors aux demoiselles Vincent Regond. Cette maison rappelle des souvenirs dramatiques, dont la responsabilité faillit retomber sur un innocent injustement soupçonné.
C’était vers l’an 1836, un étranger exerçant la profession de colporteur était alors en tournée dans le hameau des Défoy. Il reçut l’hospitalité de nuit chez Mr Roubez-Liellet ; or, le lendemain à la première heure du jour, le colporteur, dont le nom et l’origine sont inconnus, quittait le domicile où il avait passé la nuit pour se rendre dans les villages de Plumont, Rans, Ranchot et autres localités. Le malheureux ne se doutait guère qu’il se mettait en route pour l’autre monde. En effet, le lendemain de son départ des Défoy, il fut trouvé mort dans la forêt de Chaux, les blessures et les traces de violence relevées sur le cadavre ne laissaient aucun doute, il y avait eu crime, dans le but de dépouiller la victime des articles contenus dans la manne et de l’argent qu’elle pouvait contenir. Soupçonné au début de l’enquête, le père Roubez put prouver son emploi du temps, mais le véritable assassin ne fut jamais connu et emporta son secret dans la tombe.
Un château tremblant
Décidément, l’humble et paisible hameau des Défoy, si ignoré de bien des gens, est désormais acquis à l’histoire. Outre le château Rouillaud, dont nous avons tracé l’historique, il est un autre château destiné à appartenir à la légende du hameau. On le désigne sous le singulier nom de château Tremblant, auquel Eugène Vincent, dit Guillaume le conquérant en raison de son attitude crâne et décidée, a si bien su attacher son nom. Le nom plaisant de château n’est pas menaçant, il ne présente aucun danger pour le visiteur, ne possédant ni garde, ni fossés d’enceinte, ni bastions, ni guérites aux étroites meurtrières.
Environ trois ans après la guerre franco-allemande de 1870-71, dont le douloureux souvenir ne s’effacera jamais de notre mémoire, l’ancienne maison Roubez-Liellet et ses dépendances passèrent en la possession de Claude Vincent, frère des demoiselles Vincent Regond, auxquelles elles appartenaient encore à cette époque. Le nouveau propriétaire voulant se ménager un pied-à-terre dans cet endroit fit démolir l’ensemble, à l’exception de la première pièce qui fut réparée et enjolivée.
Ainsi réparé, ce petit habitacle sert d’abri à son propriétaire quand les travaux des champs l’appellent dans cette région solitaire, de sorte que, sauf à de rares intervalles, le château Branlant, dernier reste de l’ancienne maison Roubez-Liellet, est à peu près abandonné par son châtelain, ce dernier venait parfois égayer ses loisirs, ripailler et fêter la bouteille en compagnie de ses amis intimes.
Les ruines de la maison Roubez-Vachie, cette ancienne habitation de Joseph Eloy, est une des plus anciennes du hameau. D’après un document authentique et incontestable, l’origine du hameau des Défoy remonte à la première période du Moyen-Âge. Les ruines de l’ancienne maison Eloy, situées à quelque 150 mètres de la maison de campagne de Mr de Siffredy appartiennent aujourd’hui à Mr Jean Baptiste Mourolin, à la fois négociant et propriétaire foncier, dont la coquette demeure, les vastes caves, les chantiers de bois de construction, sont groupés au centre de la section d’Arc.
Emplacement de la maison Laurent Billerey
À environ 150 mètres au nord-est de la maison de campagne de Mr de Siffredy, s’élevait, il y a 40 ans à peine, une vaste maison couverte de chaume ayant successivement appartenu à Mr Laurent Billerey et François Démillière, dit le comte d’Artois [83]. L’habitation fut entièrement détruite par un incendie, attribué à la malveillance, dans la nuit du 25 au 26 décembre 1843, époque où la maison était habitée par François Cussey, fermier de Mr Démillière, dit comte d’Artois. Si l’on en croit la rumeur publique, l’auteur de cet incendie qui faillit ruiner la famille Cussey ne fut autre que André dit le Chasseur, ancien garde des bois de Château Rouillaud, lequel dans cette malheureuse circonstance, aurait agi à l’instigation de Jean Baptiste Nicot dit le Gros.
Quelques dates historiques intéressant Arc et Senans
| 1855 | Établissement d’un puits communal sur la place de l’église. |
| 25 août 1865 | |
| 10 mai 1870 | Plébiscite tendant à relever le prestige de la dynastie Napoléonienne et à raffermir l’Empire ; avant-coureur de la guerre franco-allemande, le plébiscite de 1870 auquel Arc et Senans répondit par près de 200 non, équivalait à un vote d’abdication nationale, dont naturellement notre pays comme d’autres pays de France devait bientôt subir les désastreuses conséquences. |
| 4 sept. 1870 | Proclamation de la République sous forme de gouvernement de défense nationale, au lendemain de la capitulation de Sedan, prélude à celle de Metz, le 17 septembre suivant. |
| 2 novembre 1870 | Célèbre décret du grand citoyen Gambetta ordonnant la levée en masse de tous les hommes valides de 21 à 40 ans, mariés ou veufs, avec ou sans enfants. |
| 9 novembre 1870 | Passage à Arc et Senans d’une division de l’armée de l’Est, dernier espoir de la Franche-Comté, l’objectif de ce corps d’armée commandé par le général Bourbaki, était le déblocage de Belfort. |
| 9 novembre 1870 | Arrestation préventive de Mr Vieille, curé d’Arc et Senans par deux officiers de l’armée garibaldienne
[86], conduit sur le champ à Autun (Saône et Loire). Il fut remis en liberté quelques jours après. |
| 24 janvier 1871 | Entrée brutale à Arc et Senans d’un détachement de soldats allemands appartenant au 14ème régiment d’infanterie de ligne. Le lendemain à la première heure du jour, ce détachement quittait Arc pour aller prendre part à l’attaque de Salins (Jura), dont les Prussiens ne purent s’emparer et où ils éprouvèrent des pertes considérables. |
| 25 janvier 1871 | Un détachement de l’armée d’invasion formé d’infanterie et de cavalerie entre à Arc et Senans. Il quitte cette localité après un séjour de 48 heures. |
| 13 février 1871 | Une députation composée de Mr Joliot, Wurtz, Gaffiot, Pottier, Sauriat, André, Joseph et Jean Baptiste Rondot, se rend à Dole quartier général de l’armée de Werder pour solliciter de ce dernier une réduction de la contribution de guerre imposée à la commune d’Arc et Senans. Ce voyage ne fut pas des plus agréables ; le lendemain de leur arrivée, ils furent reçus par un intendant militaire prussien, dont les bureaux étaient provisoirement installés à la gare de Dole. La discussion s’engagea d’abord sur le montant de la contribution (par erreur, sans doute, l’autorité allemande avait exagéré le chiffre de notre population), qui avait été fixée à la somme énorme de 30000frs. Le débat engagé sur ce point aboutit enfin à une entente avec l’autorité allemande qui consentit à réduire la contribution à 12195 frs, dont 5195 devaient être versés dans un délai de 8 jours entre les mains d’un bataillon qui occupait Quingey. Il restait donc 7000 frs à payer pour solder notre contribution de guerre. Dans cette situation aussi délicate qu’embarrassante, Mr Jolyot, autorisé par Mr Duchêne, conseiller municipal et chef de service à la Saline d’Arc, imagina un expédient fort ingénieux et qui réussit à merveille, celui de proposer le paiement en nature des 7000 frs restants. Mr Jolyot, avec finesse et assurance, sut faire consentir l’intendant prussien à accepter en paiement des 7000 frs, la quantité de 2000 quintaux de sel pris à nos salines, sel qui, aux termes de la convention intervenue, devait être expédiée en gare de Dole et au fur et à mesure des besoins du corps d’armée du général Werder. Ce sel devait être expédié franco et exempt de l’impôt dont il est frappé d’ordinaire. D’abord conclue verbalement, cette convention fut ensuite écrite en termes clairs et précis. Quant à la livraison des 2000 quintaux de sel, grâce aux événements et à l’armistice général conclu et signé le lendemain par les parties belligérantes
[87], la commune d’Arc et Senans fut dispensée de la faire, même ultérieurement. Quoiqu’il en soit, la démarche de la délégation envoyée à Dole par Mr Berthet, maire de la commune, fut couronnée de succès en ce sens qu’elle eut pour résultat final de réduire des 5/6 la primitive contribution. |
| 28 février 1871 | Arrivée à Arc et Senans de deux compagnies de soldats allemands appartenant au 72ème d’infanterie de ligne. Parties de Vadans le 26 du même mois, ces deux compagnies rentrèrent à Arc et Senans le 28 où elles séjournèrent jusqu’au 9 mars. |
| 22 mai 1871 | Exhumation de Mr Coutteret, ancien curé d’Arc et Senans. Sa translation dans l’église paroissiale où il repose dans un caveau préparé à cet effet entre la table de communion et le maître autel. |
| 30 mai 1871 | Entrée et installation à Senans d’un groupe de 835 soldats prussiens appartenant au 49ème régiment d’infanterie de ligne, partis pour Dole le 11 juin suivant. |
| 24 octobre 1871 | Arrivée à Arc et Senans d’un détachement de 640 soldats appartenant au 9ème régiment de ligne, parti de la localité le lendemain. Ce détachement devait se diriger par étapes dur St Dié (Vosges). Ces soldats, les derniers qui passèrent, refusèrent de loger chez l’habitant de nos hameaux, ce dont ces derniers étaient très contents, ils craignaient sans doute que leur sécurité ne fut compromise dans ce voisinage de forêts où ils avaient plus à risquer qu’à piller. |
| Octobre 1871 | Vente d’une coupe de bois de taillis aux communaux d’amont. Le produit de cette vente a été à l’amortissement des réquisitions allemandes. |
| Mars 1872 | Plantation de deux rangées d’arbres sur les accotements du chemin de grande communication no 46 de Ranchot à Salins, dans la partie comprise entre la Saline et le pont de Cramans . |
| En 1872 | Arrachage de 4 vieux acacias s’élevant la maison Bataillard à Senans, rectification de la rampe sur laquelle s’élevaient ces arbres. |
| 1871-72 | Rectification et empierrement du chemin des Terroux, classement de trois chemins vicinaux dans la section de Senans. |
| 20 août 1872 | Délibération du conseil général du Doubs autorisant la création de deux foires annuelles à Senans, la 1ère le 23 février, la 2ème le 23 juin. |
| 15 sept. 1873 | Grande et patriotique journée. La France, après trois années d’une occupation humiliante et douloureuse, voit enfin s’effectuer le départ des derniers soldats allemands. Puissent les vandales germaniques ne plus jamais souiller le sol de la Patrie. |
| En 1874 | Délimitation de l’avant-cour de la Saline d’Arc, comblement du fossé longeant la route départementale no 24, établissement d’une palissade en bordure de la route précitée et de chaque côté du chemin donnant accès à la Saline. |
| 10 mars 1874 | Son éminence le cardinal Mathieu, archevêque de Besançon, se rend à Arc et Senans pour conférer le baptême à un enfant d’un agent des contributions indirectes du nom de Houchard. |
| Avril 1874 | Nomination de Mr Roy, cantonnier, en qualité de bedeau de la paroisse. Son entrée en fonction date du 5 avril, jour de Pâques. |
| 20 et 21 mai 1874 | Pose de deux pompes, dont l’une au puits de la place de l’église, l’autre au puits de la maison d’école de filles sur le côté extérieur du mur de clôture du jardin et près de la maison Letivant, dit Valentin. |
| 11 novembre 1874 | Célébration du mariage de Mr Guérin Louis Charles Joseph, avocat, avec Mlle Nicolas de Meissas Gabrielle Octavie Anne Joséphine. La bénédiction nuptiale a été donnée en l’église d’Arc et Senans par Mgr Guérin, évêque de Langres et oncle du conjoint. |
| 8 février 1875 | La poste aux lettres établie primitivement dans le pavillon Bataillard, en face de la maison Nicot à Senans, est transférée dans la maison Prudhon, rue du Vernois. |
| Avril 1875 | Plantation d’une rangée d’arbres sur les terrains vagues compris entre les deux croix érigées, l’une à l’angle de la route no 24 et la rue du puits du poupon, l’autre en face de la maison Rougeron, section de Senans. |
| En 1876 | L’administration fait placer des bornes milliaires ou poteaux indicateurs des distances sur les deux points du village où s’embranchent les routes départementales no 24 et 26. |
| En 1880 | Désignation des rues du village et numérotage des maisons d’habitation. |
| Mai 1880 | Démolition de l’ancienne chaumière Lavaire, dit Lanlan, à Arc. Chaumière qui était à quelques mètres au nord de la maison Gaffiot, François et Jean Baptiste. À la même époque, avait lieu la démolition de la maison Duvois, située sur la route départementale no 24 de Quingey à Dole, non loin de l’angle du cimetière. Cette maison était l’ancienne propriété de cet inabordable et légendaire garde champêtre baptisé du double sobriquet de Rouge Duvois et de Tribunal de Dieu. Cet homme inflexible, inexorable, fut longtemps la bête noire du territoire d’Arc et Senans et des bergers de l’époque. |
| En 1880 | L’administration municipale d’Arc et Senans fait établir 3 puits dans les hameaux des Défoy et du Vernois. Le premier de ces puits fut concédé gratuitement et à perpétuité à la commune par MM Jean Denis Rondot, Royer et Cussey, auxquels il appartenait en commun, le second également établi au Vernois se trouve placé au nord-ouest du verger Dunand, ancien verger Liévaux, dit Crololot, sur le chemin de la ferme Champon, à environ 12 mètres de la route départementale de Ranchot à Salins, enfin le troisième de ces puits est établi au hameau des Défoy, à environ 50 mètres au-delà de la maison Rondot Champon, près de l’étang communal que MM Girod frères ont fait creuser à cet endroit. Ces puits qui suffisent à la consommation d’eau potable sont uniformément établis, profondeur 18 mètres, ainsi que leur largeur ou diamètres qui sont les mêmes, les margelles d’environ 1m10 sont en pierre de granit
[88]
, elles sont surmontées d’un trépied formé de barres de fer cintrées, au sommet duquel est fixée une poulie correspondant au point central du puits de façon que les seaux ne se heurtent pas aux parois. |
| En 1881 | Construction d’un bassin au puits du Poupon. |
| En 1884 | Plantation d’une rangée d’arbres de diverses essences sur l’accotement de la route départementale no 24 depuis l’extrémité de la section d’Arc jusqu’à la limite nord-est du territoire de Chissey, Jura. |
Avant la conquête de la Franche-Comté par Louis XIV, la forêt de Chaux appartenait aux souverains de cette province, Philippe de Rouvres, duc de Bourgogne et de Franche-Comté au 14ème siècle, propriétaire de la forêt et des terrains qui l’avoisinaient donnait aux communes riveraines le droit d’affouage et autres, toutes les communes riveraines eurent de toute ancienneté des droits d’usage considérables. Dans ce domaine, les droits étaient si étendus, que plusieurs d’entre elles avaient la faculté de couper du bois, non seulement pour leurs besoins particuliers, mais même pour en faire un trafic. En effet, une série de lettres authentiques des 13ème, 14ème et 15ème siècles attestent ces droits. Il est à remarquer que ces titres en rappellent de plus anciens encore, dont l’origine se perd dans la nuit des temps.
D’après l’arrêt du conseil du roi Louis XV en date du 19 août 1766, les paisibles habitants du Val d’Amour étaient menacés dans leurs libertés. Cette loi n’accordait aux usagers qu’un quart de la quantité de bois nécessaire à leur consommation annuelle et leur refusait les bois qu’exigeaient la construction ou la réparation de leurs chétives habitations. Prononcé contre les riverains sans qu’ils eussent été entendus, ce décret abrogeait celui de la propriété, de la nécessité ou d’autres droits équivalents. Quelques années plus tard, la situation des usagers devint encore plus alarmante, ils tombaient sous le pouvoir absolu de l’administration des Salines de Chaux, qui prétendit absorber tous les produits de la forêt. La police de l’établissement des Salines fut d’abord confiée à une foule de nécessiteux arrogants qui se partageaient le fruit de leurs dénonciations.
Aussi les confiscations de bétail furent-elles soudain multipliées, les habitants furent bientôt au désespoir. Survinrent ensuite les amendes ruineuses, puis les petites vexations des commis et des gardes. Dans cet état de choses, l’homme nécessaire à la culture, appauvri par ces procédés vexatoires et injustes, passa bientôt à la profession de voiturier, dont le nombre s’accrut plus d’autant vite qu’il fallait à tout prix faire prospérer cette usine absolument inutile au roi [89] .
L’atelier des Salines étant situé du même côté de la forêt que le Val d’Amour, une horde de voituriers étrangers se joignit à ceux du pays déjà si nombreux et vienne une pluie de quelques heures, les chemins devenaient impraticables, si bien que pour se tirer des profondes ornières, il fallait que les voituriers écrasent les maigres produits voisins. De plus, à la nuit tombante, ces voituriers étrangers fauchaient les fourrages, quelquefois même les blés d’autrui pour alimenter leurs attelages, tandis que ceux du pays avaient peine à nourrir deux bœufs destinés exclusivement au service des Salines. La vie était très dure à tous, mais particulièrement pour le village de Chissey, qui, plus que tous, subissait le joug des classes privilégiées.
À ceux qui sont tentés de mettre en doute l’authenticité de ces détails, nous dirons : interrogez les annales de Chissey , elles vous diront qu’en août 1788 un incendie consuma trois maisons du village, dont une était construite en pierre, deux en fascines, que Jean Saillard, propriétaire de la première de ces maisons resta cinq années pour rétablir la charpente, sans pouvoir obtenir de l’administration de la Saline un seul chevron, que Jean Baptiste Pelletier, locataire d’une partie de cette maison, voulant réparer le logement qu’il occupait, dût se procurer ailleurs qu’à la forêt de Chaux les bois nécessaires, que Charles Pape, père de trois garçons, dont le cadet était alors âgé de 20 ans, exploitait une ferme considérable, dont les bâtiments, les récoltes, les meubles furent incendiés en 1778, ne put reconstruire son habitation qu’en 1786. Un des fils de ce dernier, le plus adroit charpentier des Salines, fut à moitié rôti dans l’incendie. Claude Clerget, victime du dernier incendie, n’a pu, faute de bois, reconstruire les bâtiments de ferme qu’en 1788, que le feu du ciel en août 1783 détruisit la maison de Jean Mazelle avec ses récoltes, ses harnais, son bétail et une huilerie, que ce dernier n’a commencé à rétablir son habitation qu’en 1787, sans avoir pu obtenir, même à prix d’argent, une seule pièce de bois prise dans la forêt de Chaux, que Jacques Huguenet, exploitant alors deux fermes, prit en 1780 une maison moyennant une redevance de 40 f., qu’en attendant quelques réparations urgentes, il y logea un cultivateur de l’endroit, mais que, n’ayant pu se procurer des étais pour soutenir une partie de la charpente, sa maison s’écroula en 1782 sans qu’il y resta un seul pan de mur debout. Une femme et son enfant, son bétail furent moulus dans les débris, 12 autres personnes devaient encore y être ensevelies, mais fort heureusement, elles étaient absentes au moment du désastre. ce bâtiment fut réédifié en 1790 sans que le propriétaire, aidé de protections, put obtenir que 20 chevrons.
Enfin, le nombre des cultivateurs, également de Chissey, rebutés par les forfaitures, les mépris de ceux qui disposaient aussi injustement des produits de cette forêt, finirent par s’en procurer ailleurs, mais cela au prix de grands sacrifices, en perdant un temps considérable. Ces modestes chaumières que les cultivateurs avaient tant de peine à construire, n’étaient pas cependant composées que de pieux de fascines, de terre, de paille. Quelques frêles colonnes supportant leurs toitures formées de perches et de chaume. Aussi de fréquents incendies et quelquefois de fréquents orages violents anéantissaient ces humbles demeures.
Si la Saline n’avait pas disposé tous les ans de 15 à 20 000 cordes [90] de bois en faveur de celles de Salins, la forêt eut facilement pourvu à tous les besoins que nous venons de citer. Les Salines d’Arc et Senans devaient également fournir à cette foule de voituriers qu’elle enlevait à la culture la maigre livraison de bois accordée par l’arrêt de 1776. Dans ce cas, l’administration des Salines trouva encore le moyen peu honnête de se soustraire à cette obligation de livraison, elle fit dresser par les riverains des cordes si maigres et de si mauvaise qualité, qu’elles ne valaient pas les frais de transport. Or, sur le refus des communes de Chissey, Chatelay, Germigney et autres lieux d’accepter des cordes de si mauvaise confection, on les renvoya sans même leur proposer aucun complément à titre de compensation , bien plus, l’administration des Salines, non contente de la quantité de bois qu’elle s’attribuait indûment, poussa les vexations et les entraves au point de défendre aux propriétaires de tailler les haies vives, sous prétexte que les épines devaient servir à l’approvisionnement des bâtiments des graduations.
En présence de ces mesures iniques, bon nombre de familles de Chissey, prévoyant l’impossibilité de continuer leur frêle existence, allèrent chercher asile sous un climat plus clément. C’est ainsi que les familles Chagrot, Vicaire et Gaffiot, accompagnées de Mr Gru, chirurgien, allèrent se fixer à Onans, en Bourgogne. Parmi les 32 personnes accompagnant la petite colonie, onze d’entre elles, le chirurgien y compris, moururent dans l’espace de 6 mois, le reste retourna dans ses foyers primitifs, c’est-à-dire Chissey. Après la mort de Mr Gru, trois médecins vinrent successivement à Chissey dans le but de s’y établir d’une manière définitive, mais, selon leurs propres déclarations, les malades y périssaient de froid et, de crainte d’en mourir eux-mêmes, ils refusèrent d’habiter la localité.
Dans ces conditions, ce fut en vain qu’on essaya d’y attirer des instituteurs, on fut obligé de confier l’instruction et l’éducation de la jeunesse de trois villages et d’un hameau (Chissey, Chatelay, Germigney et les baraques [91] dépendant du premier de ces villages) à un simple cultivateur qui ne pouvait s’en occuper qu’en temps d’hiver.
Un événement politique et social sans exemple dans les annales du monde a mis un terme aux iniquités que nous avons signalé. La Révolution de 1789, si longtemps attendue, devait enfin délivrer nos ancêtres de ces hussards royaux qui, pendant 14 ans firent une guerre si acharnée aux habitants du Val d’Amour, sur la misère desquels ils spéculèrent impunément.
De tous les documents que nos recherches nous ont permis de découvrir, il résulte que de tous les villages du Val d’Amour, celui de Chissey eut la plus large part des calamités attirées par les agents de l’administration des Salines pendant la période de 1775 à 1789. Il est difficile de s’expliquer comment Chissey, ainsi que le constatent les titres authentiques déposés aux archives nationales, était anciennement qualifié de nom de ville, comment Chissey, si vivant, si agréable, a pu tomber en moins d’un siècle de distance à un tel degré de déchéance.
Lors des deux conquêtes de la Franche-Comté par Louis XIV, 1668 et 1674, les communes usagères de la forêt de Chaux jouissaient de leurs droits dans toute leur plénitude. Le nouveau monarque, loin d’y porter atteinte, assura le maintien des droits, privilèges et franchise, dont jouissaient depuis longtemps les Francs-Comtois. Bien plus, par les lettres de capitulation datées de 14 février 1668, Louis XIV jura sur les Saints Évangiles de maintenir loyalement les usages et coutumes de la Franche-Comté [92] . Pendant toute la durée du règne de Louis XIV, les communes usagères de la forêt de Chaux continuèrent à jouir paisiblement et sans interruption du droit d’affouage.
En 1717 une commission fut instituée pour la réforme des eaux et forêts dans les maîtrises de Dole et Clerval. L’arrêt du conseil qui créa cette commission n’est rapporté nulle part au Recueil des Édits. En ce qui concerne les communes usagères, l’État invoquait les jugements rendus par les commissaires du roi en 1718-19, lesquels jugements dépouillaient de tous leurs droits les usagers de la forêt et cependant, on n’en trouve nulle part la signification.
Cinq ans plus tard, le 3 octobre 1724, un arrêt du conseil rendu par l’administration de la forêt de Chaux supprimait tous les droits d’affouage et de chauffage dans ladite forêt. Dès qu’elles connurent ces dispositions, les communes riveraines se réunirent pour protester. Le 1er octobre 1743, il fut dressé au conseil du roi un état général des chauffages et autres droits que le souverain ordonnait de délivrer aux usagers.
Ainsi, soit dans cet état, soit dans les lettres patentes du 31 mars 1744 qui y sont jointes, l’usage du bois mort accordé en 1724 est qualifié de droit ; malgré ce droit, les communes usagères étaient loin de leurs anciens privilèges.
Le 14 janvier 1793 an I de la République française, le conseil municipal d’Arc et Senans, présidé par le citoyen Ignace Broutet, maire, prit une délibération ayant pour objet de procéder aux recherches des documents relatifs à nos droits dans la forêt de Chaux. Sur la proposition du citoyen Létivent, procureur de la commune [93] , le conseil décida de la nomination d’une commission chargée de toutes les recherches ayant pour but de découvrir les titres et les papiers établissant les droits des usagers d’Arc et Senans en particulier [94] .
Le surlendemain, le 16 janvier 1793, eut lieu dans l’église paroissiale, une réunion générale des citoyens de la commune, à l’effet de nommer les membres de la commission. La majorité des suffrages s’étant portée sur les citoyens Antoine Létivent et Denis Percier, une procuration notariée leur fut confiée pour que, dans cette circonstance, ils puissent agir au nom de la commune. Le résultat de ces recherches n’étant consigné nulle part, nous ne pouvons les relater ici.
Enfin, la Révolution française avait sonné l’heure de la réparation et de la justice. Un enfant du pays, un protecteur bienveillant et inattendu, allait bientôt nous faire restituer nos droits. Le 8 ventôse an III de la République (26 février 1795), le citoyen Vernerey [95] , représentant du peuple pour le département du Doubs, fut envoyé en mission dans notre province, où, après avoir examiné attentivement les griefs articulés par les communes usagères de la forêt de Chaux, n’hésita point à accueillir favorablement leurs légitimes réclamations. En conséquence, il prit un arrêté portant réglementation définitive des droits d’affouage en faveur des usagers de la forêt de Chaux, arrêté ordonnant qu’à l’avenir, il serait délivré annuellement et par chaque feu et ménage séparé, la quantité de 16 stères 44 de bois de chauffage. Cet arrêté, émanant d’un fonctionnaire membre de la Convention nationale, était revêtu de la puissance législative, ne pouvait être annulé que par le pouvoir législatif, ce qui n’a jamais eu lieu.
Arrivons maintenant au procès, intenté en 1829 par les communes usagères réunies dans un but d’intérêt commun contre l’État [96] , procès qui, ayant été interrompu par les événements de 1830 [97] , ne fut jugé que le 28 août 1839.
Les 27 communes engagées dans ce procès et liguées contre l’État sont : Arc et Senans, Augerans, Azans, Belmont, La Bretenière, Chatelay, Chissey, Crissey, La Corne de Chaux, Courtefontaine, Eclans, Etrepigney, Fourg, Falletans, Fraisans, Roset-Fluans, Germigney, Goux, Grosbuisson, La Grande Loye, La Vieille Loye, Montbarrey, Our, Plumont, Rans, Salans, Santans, Villard-St-Georges, Villette-les-Dole.
La commune de Champagne n’ayant pas été partie dans les procès de 1839 à 1841, ne reçut à titre d’affouage, que la faible quantité de 5 stères par feu et ménage séparé. Il est probable que le cantonnement qu’elle a accepté à l’amiable et tout récemment a dû être basé sur cette quantité.
La ville de Dole, ainsi que les communes de Liesle, Buffard et Cramans possédaient autrefois des droits sur la forêt de Chaux et selon toute probabilité, ces trois dernières communes ont abandonné ou laissé prescrire leurs anciens droits.
Quant à la ville de Dole, elle fut entièrement dépouillée de ses droits d’usage en exécution d’un arrêt de la cour royale de Besançon, prononcé le 9 janvier 1839 [98] .
Vers le milieu de 1839, s’ouvrirent les débats relatifs à l’importante affaire des communes usagères de la forêt de Chaux, 29 longues procédures, une pour chacune. Les communes conclurent d’abord à ce que l’État fut condamné à leur délivrer annuellement la quantité de 16 stères 44, c’est-à-dire le retour aux délivrances faites en conformité de l’arrêt du représentant Vernerey.
Après plusieurs audiences, le tribunal de Dole condamna l’État à délivrer annuellement aux communes réunies la quantité de 43,680 stères de bois de chauffage, soit environ 4000 stères pour la commune d’Arc et Senans en particulier [99] . Ainsi, les conclusions tendant à l’obtention des 16 stères 44 furent repoussées par le tribunal de Dole.
Peu satisfait sans doute du jugement rendu, l’État, qui voyait la forêt de Chaux lui échapper, s’empressa d’appeler de ce jugement. Les 15, 16, 18, 19, 21 et 16 octobre 1839, l’État refusa de produire les titres établissant les droits des communes usagères, les arguments peu solides et assez mal fondés des porte-paroles de l’administration forestière ne pouvant prévaloir contre les raisons de droit, n’eurent pas plus d’écho à Besançon qu’à Dole.
Les débats s’ouvrirent à l’audience du 8 décembre. Ils occupèrent les séances des 9, 14, 15, et seize du même mois. Enfin, à l’audience du 21 décembre, toutes les communes, à l’exception toutefois du hameau de la Grange Vannans, appelèrent pour faire condamner l’État à leur livrer annuellement à l’avenir la quantité fixe de 16 stères 44 de bois de chauffage. Le ministère public fut entendu dans ses conclusions à l’audience du jour 21 décembre 1841 et la cause renvoyée au 23 pour le prononcé de l’arrêt, dont l’extrait est reproduit ci-après.
Arrêt du 23 décembre 1841
La cour, attendu que les communes intimées possédaient à une époque très reculée des droits d’usage fort étendus dans la forêt de Chaux, qu’elles en jouirent constamment et notamment en 1668 et 1674, époques des deux conquêtes de la Franche-Comté, que, pendant toute la durée du règne de Louis XIV, ces communes continuèrent à jouir sans empêchement comme sans interruption des droits d’affouage qui leur avaient été conservé et qui sont actuellement contestés, que Louis XV, successeur de Louis XIV, alors majeur d’après les lois du royaume leur accorda en 1730 diverses facultés, notamment celle de ramasser pendant 4 mois chaque année le bois mort et gisant à terre, qu’en 1743 et 1766, les communes intimées furent comprises comme usagères, que, depuis 1766 et 1776, les délivrances faites aux communes usagères devinrent plus fixes et plus considérables, qu’en 1782, intervint une ordonnance déterminant l’essence, les qualités et les quantités des bois et fascines à délivrer aux usagers, que de cette époque au 8 ventôse an III de la République, ils reçurent annuellement les délivrances fixées en 1782.
Attendu enfin que le représentant du peuple Vernerey, investi des pouvoirs généraux, ordonna qu’il serait délivré çà chaque ménage 16 stères 44 de bois, représentant les mesures anciennes auxquelles il se référait, que l’arrêté du représentant Vernerey est le dernier acte qui fixe d’une manière formelle les quantités de bois à délivrer à chaque usager sans distinction,
La cour, prononçant sur les amendes et frais, ordonne que l’amende consignée par les communes intimées sera rendue, condamne l’État à l’amende de son appellation et à tous les frais d’instance et d’appel.
Ainsi jugé et prononcé à l’audience publique donnée le 23 décembre 1841 par la chambre civile de la cour royale de Besançon.
Depuis 1795 jusqu’à 1835, soit pendant une période de quarante années, les usagers de la forêt de Chaux reçurent annuellement la quantité de 16 stères 44 de bois par feu et par ménage séparé.
De 1835 à 1841, la commune, dont la population était alors de 1670 habitants et le nombre des feux de 457, recevait annuellement une quantité fixe de 4119 stères de bois de chauffage, quantité partagée entre les usagers, soit 9 stères 13 à chacun d’eux. La commune éprouvait chaque année un préjudice d 3199 stères, voilà comment on exploitait encore les riverains au milieu du XIXème siècle.
Le cantonnement des droits d’usage dans les forêts de l’État est établi par la loi draconienne du 31 juillet 1827. Toutefois, la question du cantonnement usager ne fut agitée qu’en 1857, sous le gouvernement de Napoléon III, c’est à dater de cette époque que le gouvernement appliqua dans toute sa sévérité l’article 63 de la loi du 31 juillet 1827 [100] . Aussi, la plupart des communes usagères, intimidées par le résultat qu’aurait pu occasionner leur refus, se hâtèrent elles d’accepter les offres de l’administration forestière, tout en les reconnaissant insuffisantes.
Un cantonnement comprenant 548 hectares en sol et superficie fut offert à la commune d’Arc et Senans le 15 janvier 1858. En présence de cette offre, le conseil municipal, soucieux des intérêts de ses habitants, décida que pour se rendre compte de la valeur exacte, il y avait lieu, avant acceptation des offres de l’administration, de faire estimer par un expert compétent. À cet effet, ce fut Mr Moirot Bonnet qui fut chargé de cet important travail. L’estimation fantaisiste de l’administration forestière présentait une telle différence avec celle de Mr Moirot Bonnet que la municipalité crut devoir rejeter les propositions qui lui avaient été faites.
Enfin, en 1861, la commune, sur de nouvelles offres qui lui furent faites, commit à nouveau Mr Moirot afin d’estimer ces nouvelles propositions. Mais, cette fois encore, ce fut un refus. Décidément, toute transaction à l’amiable devenait impossible entre les parties adverses. En 1864, la commune, pressentant de nouvelles offres basées sur le nombre réel de feux, crut devoir comprendre dans son rôle affouagiste toutes les familles ouvrières travaillant aux usines de la localité et auxquelles l’administration forestière avait toujours refusé le droit d’affouage. À cet effet, la municipalité put enfin obtenir, à partir de 1865, l’admission à l’affouage de la plupart de ces familles, mais cette adjonction d’environ 50 feux ne devait rien changer aux offres réelles des forestiers, toujours basées sur le chiffre de 382 feux seulement.
En 1866, les douze communes ayant refusé les offres d’un cantonnement, furent assignées au nom du gouvernement impérial par le préfet du Jura devant le tribunal de première instance de Dole. Le procès eut lieu de 1866 à 1867 aux dires de Mr François Rigaud, alors maire. Le pourvoi en cassation des 12 communes a été rejeté par la chambre des requêtes en date du 11 janvier 1869. Ainsi que les communes devaient s’y attendre, l’arrêt du 26 juin 1867 ne leur a pas été favorable et, cette fois, la cour de Besançon n’a pas, comme au procès de 1841, reconnu et confirmé les droits des usagers.
Ainsi donc, les brillantes plaidoiries de Me Albert Grevey, l’avocat des communes intéressées dans cette affaire, n’eurent aucune influence sur la décision de la cour des Besançon, qui basa son arrêt sur le dispositif de la loi forestière de 1827 et le fougueux orateur du gouvernement d’alors, Me Clerc de Landresse.
Enfin, en août 1884, la question complexe, l’interminable question de notre cantonnement est résolue conformément aux dernières offres de l’administration à la municipalité d’Arc et Senans. La commune est maigrement cantonnée, elle n’a reçu à titre définitif, qu’une superficie de 438 hectares 76 ares [101] , compris dans les 12ème et 14ème séries des triages 10 et 11 de la forêt de Chaux.
Le sol de cette forêt est presque partout humide, dans les plaines, il est même souvent fangeux. Cependant, quelques rampes caillouteuses, dont le sol ne renferme que peu ou pas d’argile, se rencontrent sur plusieurs points de la forêt, notamment dans les XIème et XIIème triages. Ces rampes, difficiles à gravir par les attelages chargés, s’étendent presque toutes du nord-est au sud-ouest. Partout ailleurs, la forêt n’est que peu accidentée et présente une surface plane. Les ruisseaux principaux de cette forêt, tout au moins ceux qui appartiennent à la partie sud-est et sud-ouest, sont la Clauge, puis la Tanche, tributaire de la Clauge, ruisseau abondant qui sépare la forêt de Chaux du bois de Château Rouillaud. À environ 4 km au sud-ouest du village de la Vieille Loye et près de la voie ferrée, c’est-à-dire entre la station de Montbarrey et celle de Grand-Contour, la Clauge reçoit le bief du Parfond, la fontaine des Prés-Bas, de la Motte et la Tanche. Enfin, après avoir reçu ces trois affluents, la Clauge, en passant, récolte le bief de l’Étang, entre dans la plaine dite du Val d’Amour où elle vient se réunir au Doubs quelque peu en amont des îlots formés par la Loue, près de son embranchement dans le Doubs.
Quant à la partie nord-ouest de la forêt, sauf la rampe très raide du Renday dans le 8ème triage, elle est généralement plate et surtout très humide. Sous le rapport des cours d’eau, elle est moins bien favorisée que celle précédente. En effet, elle ne possède que deux ruisseaux coulant à peu près sans intermittences. Ce sont la fontaine de la Belle Nanette, située à peu de distance de Grand-Contour, non loin de la voie ferrée, puis les neuf fontaines sources qui jaillissent sur un point du IXème triage et dont les eaux alimentent plusieurs moulins à farine sur la lisière nord‑ouest de la forêt.
La forêt de Chaux était encore il y a un siècle et demi un massif presque impénétrable, n’eussent été les rares sentiers tortueux tracés par nos ancêtres, il aurait été matériellement impossible de communiques directement avec les deux rives. On a obvié à cet état de chose par l’ouverture de tranchées essartées.
Par lettres patentes du 21 octobre 1724, la forêt de Chaux fut divisée en 20 triages et aménagée de manière à rester toujours en nature de futaies. On fixa alors les coupes ordinaires à l’âge de cent ans, l’exploitation qui devait se faire chaque année fut réglée en 390 arpents. Ce système d’aménagement, après avoir subi le 3 août 1731 et le 19 août 1766 plusieurs modifications, fut complètement changé en 1777. À cette époque, on divisa la forêt en 16 triages de lignes d’aménagement destinés à servir, soit de chemin de charroi, soit de chemins de communication d’une lisière à l’autre de ce domaine. Chaque triage est ensuite divisé en 2 parties égales par une large ligne où peuvent circuler les chariots, ligne non empierrée, d’une largeur régulière et tracée sur pelouse. Ces lignes, parallèles et celles qui séparent les triages entre eux sont désignées sous le nom de sommières.
Depuis cette époque, les bois du Prieuré, situés près du village de Falletans et de la Loye et séquestrés sur l’ordre des templiers, y ont été réunis.
L’antique forêt de Chaux, dont le nom semble venir du mot celtique chod, qui désigne bois [102] , présente une superficie d’environ 20000 hectares d’un seul tenant. 32 communes riveraines y possèdent des droits d’affouage, de pâturage, de passage. Les travaux concernant l’exploitation de cette immense forêt, ne pouvant être facilement exécutés par des ouvriers des localités voisines, souvent trop éloignées des coupes à exploiter, l’administration forestière autorisa la formation d’une population de bûcherons, qui, nomades à l’origine et transportant leurs pénates d’une coupe à l’autres, sont depuis plus d’un siècle et demi établis dans des baraques en bois, placées à peu près au milieu de leur triage respectif. Plus de 120 familles, comprenant environ 500 personnes, se sont ainsi créé une patrie dans l’enceinte de ce domaine forestier. Sans parler des travaux variés auxquels ils se livrent, la présence de bûcherons dans une forêt est souvent utile et nécessaire, soit pour aider le voyageur égaré, soit pour aider les voituriers en difficulté, soit pour combattre les incendies de forêt, incendies malheureusement trop fréquents, dus, tantôt à l’imprudence, tantôt à la malveillance.
Dans le but de faciliter la continuelle surveillance de la forêt, l’administration a fait construire, de 1847 à 1865, quatorze maisons forestières, affectées au logement des gardes. Deux de ces maisons, situées dans les 8ème et 9ème séries, forment une petite colonie désignée sous le nom de Chatelaine. Celle-ci dépend de la commune d’Étrepigney, Jura.
La route départementale de Ranchot à Salins emprunte dans sa traversée de la forêt de Chaux l’ancien chemin de charroi qui sépare en deux les 7ème, 8ème et 10ème, 11ème triages. Cette partie de la route mise en état de viabilité depuis 1848, est aujourd’hui le passage le plus fréquenté d’une lisière à l’autre de la forêt.
Liste des maisons forestières
| La Louvière La Renardière La Royale La Châtelaine Le Châtelain Le Temple Falletans Le Cerf Le Chevreuil Le Sanglier Les Noirots La Saline La Vieille Loye Le Grand Contour |
1847 1847 1847 1850 1850 1851-52 1851 1861 1861 1861 1861 1864 1864 1865 |
maison de pierre maison de pierre maison de pierre maison de pierre maison de pierre maison de pierre maison de pierre baraque sur perche baraque sur perche baraque sur perche maison de pierre maison de pierre baraque sur perche maison de pierre |
4ème série 5ème série 15ème série 8ème série 9ème série 2ème série 3ème série 1ère série 17ème série 15ème série 1ère série 1ère série 17ème série 1ère série |
coupe no 11 coupe 12 coupe 6 coupe 30 coupe 20 coupe 11 futaie coupe 26 coupe 1 coupe 30 coupe 1 coupe 19 coupe 11 coupe 1 et 2 |
Principales lignes d’aménagement
Depuis longtemps déjà, outre ses lignes d’aménagement, la forêt domaniale de Chaux est dotée de trois grandes voies de communication : le Grand-Contour, la route départementale no 26, la voie ferrée de Dole à Salins. Ces trois grandes voies traversent cette forêt du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, elles offrent une longueur totale de 55 km, dont 29 appartiennent au Grand-Contour, 10 à la partie de la route qui traverse la forêt et enfin, 16 à la voie ferrée à partir de la station de Chatelay jusqu’à la ferme du Temple, située à environ 2500 mètres du village d’Azans, Jura.
Le chemin dit de Grand-Contour, base fondamentale du système d’aménagement pratiqué dans la forêt de Chaux est la grande artère, le réseau principal où s’embranchent tous les chemins de charroi, toutes les lignes de séparation, de canton de cette forêt. Voie charretière, il y passe peu d’équipages, sur toute sa longueur, le Grand-Contour s’étend dans la direction du nord au sud-ouest depuis le territoire de Courtefontaine jusqu’à la Bedugue (faubourg de Dole). De l’endroit où il commence, jusqu’à celui où il se termine, le Grand-Contour passe à travers la première série de la forêt de Chaux, se dirige ensuite directement sur le chemin de Fourg à Fraisans où il arrive à angle droit, prend de là une direction à gauche, traverse la 9ème série et vient aboutir au territoire de Courtefontaine après un parcours d’environ 29 km.
Les deux côtés du Grand-Contour sont bordés par les 4 triages ou cantons compris entre le chemin de Fourg à Fraisans et la sommière des Prés Gaudard. Ces cantons occupent ensemble les 7/8 de la surface totale de la forêt. Par une ingénieuse combinaison des forestiers, 14 de ces triages avec leurs lignes séparatives tendent directement et parallèlement vers le Grand-Contour, où ils aboutissent deux à deux en sens inverse, de sorte que d’après cette intelligente distribution où tout contribue à faciliter la libre circulation et les communications, il y a relation réciproque entre les 14 triages. L’aménagement pratique sur la masse de la forêt de Chaux en 1777 a donné entière satisfaction aux besoins de la circulation. Sur ce point, tout a été prévu et exécuté avec un soin particulier.
Sur le parcours du Grand-Contour qui sépare les 14 cantons y aboutissant, s’élèvent 7 colonnes en pierre du Jura. Ces colonnes cylindriques, dont le fût est surmonté d’un chapiteau à quatre angles droits, sont établies aux points d’intersection formés par le Grand-Contour et les chemins de charroi entre eux. Chaque colonne occupe le point central de quatre cantons. Les quatre angles droits formés par chaque corniche portent les numéros des quatre triages auxquels ils correspondent. Enfin, les côtés des corniches sont tournés directement vers les villages riverains les plus rapprochés et désignent ceux-ci par leurs noms [103] .
Outre la partie de la route départementale de Ranchot à Salins, qui sépare les 47ème, 8ème, 10ème et 11ème triages, celle-ci est encore traversée dans sa partie sud-ouest par la voie ferrée de Dole à Salins, livrée à l’exploitation en 1857. Cette voie ferrée, qui communique avec le Grand-Contour, est particulièrement favorable au trafic des produits de cette forêt.
L’origine des baraques de la forêt de Chaux remonte à l’époque où commença l’exploitation régulière de celle-ci, c’est-à-dire immédiatement après que fut pratiqué le premier aménagement de cette forêt. À partir de cette époque, il fut établi dans chaque canton ou à peu près, un groupe de baraques destinées exclusivement au logement des bûcherons. Les matériaux nécessaires, soit à la construction, soit à la réparation de ces baraques sont fournis gratuitement par l’administration forestière chargée de pourvoir au logement de ses bûcherons, l’administration étant de ce fait propriétaire et les bûcherons locataires.
Voyons maintenant les endroits les plus animés de la forêt, ceux dont la disposition et les variétés d’aspect offrent un contraste agréable avec la monotonie sombre de cet immense domaine forestier. Parmi 4 endroits, citons La vieille Loye, avec son antique verrerie et son territoire formant enclave dans les 14ème et 15ème triages, les groupes de baraques avec leurs jardins bien entretenus.
Si l’on voulait se rendre compte de l’aspect et de l’étendue que représente la forêt, il conviendrait, par une belle matinée de l’arrière-saison, d’aller se placer sur le coteau de Sillentin , commune de Liesle, à quelques 100 mètres de la maison dite de la jambe de bois. De ce point de vue, elle présente un immense tapis de verdure vraiment admirable en se perdant dans un horizon lointain.
Excursions à travers Arc et Senans
Nomenclature des maisons modernes dont la construction ou la reconstruction ne remonte pas au-delà de l’année 1818 [104] .
| Désignation des propriétaires qui se sont succédé dans les immeubles cités | Construction | Agrandissement ou reconstruction |
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| 1 | Presbytère agrandissement de l’aile gauche du bâtiment côté chemin des forges, exhaussement des murs, réparation complète de la toiture, reconstruction du mur bordant la rue des forges | 1869-70 |
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| 2 | Maison d’école des garçons, ancienne habitation Prost dit Blondain, complètement réédifiée [105] en | 1838 |
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| 3 | Maison d’école de filles située sur la place de l’église, réédifiée en | 1841 |
|
| Modifications apportées à l’intérieur, établissement d’un puits, d’une pompe, reconstruction du mur bordant la rue du Vernois | 1873 |
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| 4 | Construction du chalet de Senans | 1864 |
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| 5 | Maison Jeannin dit Lamy Jean Baptiste Commencée en |
1843 |
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| Agrandie en | 1848 |
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| Achevée en | 1863 |
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| 6 | Maison Nicolas Laurency , Pierre Jeannin dit Barbeau, gendre et successeur bâtie en | 1837 |
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| Agrandie aux deux extrémités d’une remise et d’un logement en | 1867 |
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| 7 | Maison de Claude Démillière, Étienne Percier, gendre et successeur, bâtie en | 1836-37 |
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| 8 | Maison Auguste Prudhon primitivement sous forme de pavillon comprenant un rez-de-chaussée sur cave et un étage supérieur, construction entreprise par Mr Jacquot en | 1840 |
|
| Agrandie à diverses reprises d’une grange, d’une écurie et d’une remise, puis ensuite d’un local où est installé le bureau de poste | 1874 |
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| 9 | Maison Claude Viennet, bâtie près de l’emplacement jadis occupé par l’ancienne habitation de Claude Viennet, dit Ligier en | 1840 |
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| 10 | Pavillon de Jean Baptiste Rondot élevé sur cave, d’un rez-de-chaussée et d’un étage, lequel est construit à environ 18 mètres nord-est de l’emplacement qu’occupait l’ancienne maison François Rondot. | 1865 |
|
| 10 ans après sa construction, cet immeuble est devenu la propriété de Mr Jules Clerget, valet de chambre du comte de Riancourt [106] . | |||
| 11 | Ancienne chaumière Claude Bourdon, démolie en | 1818 |
|
| sur l’emplacement de laquelle Étienne Jeanguillaume, dit Bourdon, fit construire la partie comprenant les logements en | 1818 |
||
| l’autre partie comprenant grange et écurie en | 1832 |
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| Mme veuve de Siffredy successeur de Xavier Jeanguillaume fit complètement restaurer cette vaste habitation pendant les années | 1867-68 |
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| Propriétaire actuel M Chevignard de Siffredy, habitant la section d’Arc. | |||
| 12 | Ancien pavillon de Jean Pierre Lambert, Lambert Louis, successeur, propriétaire actuel Eugénie Brefet, construction d’une cave et d’une remise | 1874 |
|
| 13 | Ancienne maison Germain Comte agrandie d’une grange et d’une écurie, d’un bûcher en | 1835 |
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| Propriétaire actuel Mr Casimir Comte, petit-fils du précédent. | |||
| 14 | Ancienne maison Jeannisson, exhaussée par Mme veuve Comte, propriétaire actuelle | 1879 |
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| 15 | Ancienne maison Percier Caillet Françoise, entièrement démolie en 1848, réédifiée en | 1849 |
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| par Claude François Percier, neveu et successeur de Françoise Percier. Cette maison moderne passée par acquisition aux époux Amour, appartient à leurs héritiers légitimes. | |||
| 16 | Ancienne maison Pierre Brefet, dont l’écurie et la grange ont été démolies par Nicolas Simon, gendre et successeur | 1864 |
|
| 17 | Pavillon Auguste Lambert, adossé à la maison principale appartenant en commun aux frères Lambert construit en | 1876 |
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| 18 | Pavillon Billard dit Maconnais, construit en | 1855-56 |
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| Sur l’emplacement de l’ancienne maison Dugourd, propriétaire actuel Mr Roucher dit Vital. | |||
| 19 | Pavillon Lacroix Décurey, construit sur l’emplacement jadis occupé par les habitations de Mr Mourdon et Percier dit Ribouit | 1860-61 |
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| 20 | Ancienne maison Just Liévaux veuve Nicot, Nicot Baurand successeur, construction d’un logement attenant à l’ancien corps de bâtisse et transformation de l’ancien local en écurie | 1874 |
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| 21 | Ancienne maison Léon Percier, Percier frères successeurs, restaurée et agrandie à diverses époques | 1834, 1841 et 43 |
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| 22 | Ancienne maison Levy-Billamboz dit Chouilli, dit Couillery , gendre et successeur de Billamboz, entièrement restaurée en | 1843 |
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| par Mr Bresson père, successeur de Couillery | |||
| 23 | Maison Démillière dit le Blanc Châle, restaurée et agrandie d’une grange et d’une écurie | 1873 |
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| 24 | Maison Quirol père, exhaussée et agrandie en propriétaire actuel Jean Baptiste Lavaire | 1845 |
|
| 25 | Ancienne maison François Lavaire, exhaussée une partie en |
1840 |
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| seconde partie en | 1869 |
||
| cette maison appartient à Joséphine Boudet, veuve d’Antoine Lavaire. | |||
| 26 | Ancienne maison Dugourd, construite en | 1841 |
|
| Complètement restaurée et agrandie par son propriétaire actuel Mr Couteret, dit Pataquin | 1856-57 |
||
| 27 | Maison Charles Billerey, construite en | 1847 |
|
| sur l’ancien emplacement de la forge de Xavier Jeanguillaume dit Sabbat. Incendiée le 7 janvier 1865, cette maison fut reconstruite la même année, elle appartient aujourd’hui à Adrienne Curot, veuve de Charles Billerey | |||
| 28 | Ancienne maison Antoine Billerey, attenant à la précédente, incendiée le 7 janvier 1865, complètement rétablie en | 1866 |
|
| Billerey Jacques, dit Coco, successeurs et propriétaires actuels, les descendants de ce dernier | |||
| 29 | Ancienne maison Broutet frères et sœurs, restaurée par Jean‑Pierre Lamy, allié à la famille Broutet [107] vers l’an 1836, | 1838 |
|
| Acquise par les époux Rougeron Démillière, cette maison appartient aux héritiers de ces derniers [108]. | |||
| 30 | Ancienne propriété Joseph Berthet, négociant, comprenant deux corps de bâtiment séparés par une grange et une remise ou cave. Le principal corps de bâtiment construit en | 1834 |
|
| où sont installés les magasins appartenant actuellement à Mr Paul Berthet, ancien maire d’Arc et Senans, l’autre corps de bâtiment élevé sur l’ancien emplacement de la maison Adrien est aujourd’hui la propriété de Mme veuve Berthet, née Thérèse Bedeaud. La reconstruction de cette maison eut lieu en | 1854 |
||
| 31 | Ancienne maison Claude Malenfer, exhaussée et réparée | 1838 |
|
| Mr Coulet armurier à Besançon successeur de Jean Malenfer, son beau-frère, fit entièrement restaurer l’intérieur de cet immeuble en | 1870-71 |
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| 32 | Pavillon Louis Menoux, construit en | 1876 |
|
| 33 | Maison Justine Chenu Benoit, bâtie en | 1877 |
|
| 34 | Pavillon Guyon, construit en | 1879 |
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| Les trois habitations qui précèdent sont construites sur la partie nord-ouest d’un terrain ayant appartenu à Mr Renard, conseiller au Parlement de Besançon. | |||
| 35 | L’ancienne maison Prost, dit le Blondain, auquel ont tour à tour succédé Jean Claude Bassot, Jean Lavaire, Mme veuve Colard, née Billerey, appartient aujourd’hui à Jean Claude Décurey. Ce dernier, après avoir fait exhausser les murs extérieurs et réparé la toiture, en changea la distribution intérieure [109] | ||
| 36 | Ancienne maison Benoit père, réédifiée et agrandie en | 1840 |
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| Propriétaire actuel Emmanuel Benoit. | |||
| 37 | Pavillon Roubey Garnet, construit en | 1878 |
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| sur le terrain communal en contrebas de l’ancienne maison Menoux, près du puits du Poupon | |||
| 38 | Ancienne maison Claude Nicot. Après avoir appartenu à divers propriétaires, elle fut achetée par Mr Pottier, qui durant plusieurs années exerça la profession de boulanger, la fit restaurer et agrandir en | 1866 |
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| Propriétaire actuel Rondot Gentil, boulanger | |||
| 39 | Pavillon d’Auguste Bresson, maréchal ferrant, bâti en | 1866 |
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| 40 | Maison Lavaire, Beaucaire, perruquier bâtie en | 1866 |
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| Les travaux de construction furent entrepris par Mr Défaut, artisan actif et intelligent. | |||
| 41 | Pavillon chalet Roussel, véritable maison de plaisance, construit en | 1881 |
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| 42 | Ancienne maison Vincent Régond. Alexis et Louis Vincent, successeurs. Bâtiment dont l’aile gauche côté nord, fut agrandie de deux pièces en | 1862 |
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| 43 | Maison veuve Nicot, dont la construction fut entreprise par Mr Jacquot en | 1840 |
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| Acquise en 1850 par Mr Cussey, ancien messager de la Saline, cette maison solidement construite devint peu après la propriété de Mme veuve Berthet, née Thérèse Bedeaud, qui la conserva jusqu’en | 1873 |
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| époque à laquelle elle fut acquise par Étienne Aimé. Au bâtiment primitif, du côté nord, il fit ajouter un rez-de-chaussée, puis, un peu plus tard, il fit construire un étage supérieur, comprenant deux logements distincts, séparés par un couloir de dégagement, auquel conduit un escalier. Ces travaux furent exécutés entre | 1878 et 1883 |
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| 44 | Ancienne maison Claude Bideaux, auquel à succédé Alexis Baveux, cordonnier. Cette maison échut en partage aux héritiers de ces derniers, fut agrandie dans sa partie nord d’une grange et d’une écurie en | 1871 |
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| du côté sud, l’ancienne maison fut agrandie d’une écurie construite par Mr Jean Claude Démillière, beau-frère de François Baveux, travaux exécutés en | 1871 |
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| 45 | Maison Reverchon, ex messager des Salines. Michel Girod, devenu acquéreur de cette maison, fit complètement achever les travaux, tant intérieurs qu’extérieurs. La serre ainsi que le mur, à hauteur d’appui longeant la route no 24 ont été construits par Mr Charles Giraud, propriétaire actuel. | ||
| 46 | À quelques 20 mètres au sud-ouest de la précédente habitation, près de l’enceinte des Salines, s’élèvent des bâtiments construits par Mr Alexandre Giraud. Pendant les années | 1881-82-83 |
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| 47 | Ancienne maison Malenfer, restaurée et agrandie en | 1861 |
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| Propriétaire actuel Mr Malenfer | |||
| 48 | Maison Joseph Poncet, cordier, bâtie en | 1860 |
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| 49 | Ancienne maison Jacquot père [110] , située en face des Salines, construite de | 1821 à 1882 |
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Cette habitation, qui passa par héritage à Jean Baptiste Jacquot, alors négociant en bois de construction et entrepreneur de bâtiments, mesure 48 mètres de longueur. Mr Jacquot ayant été déclaré en faillite en 1844
[111], Mr Jolyot, par acte authentique en date du 13 décembre 1848, devint propriétaire de la maison et de ses dépendances, auxquelles il ajouta la vaste remise fermant un côté de la cour, élevée en face des Salines. Au centre du village et à l’angle formé par les routes départementales no 24 et 26, la maison Jolyot est sans conteste la plus importante de notre localité. Un bâtiment comprenant une grange et des écuries est adossé à la maison principale, laquelle est élevée sur caves voutées de deux étages, les jardins longeant la route du pont sont entourés de murs. Enfin, la propriété Jolyot occupe une situation relativement avantageuse ; elle se s’étend de chaque côté de la route de Ranchot à Salins, sur une longueur d’environ 125 mètres et une largeur moyenne de 60 mètres, ce qui permet de maintenir ces bâtiments à une distance respectable de futurs voisins. C’est vers 1848 que l’hôtel des Salines fut installé dans la maison Jolyot par Mr Hyppolite Poncet, auquel a succédé son fils Joseph. Cet hôtel est considéré comme le meilleur d’Arc et Senans. |
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| 50 | Maison Férréol Bideaux, bâtie en | 1860 |
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| près du pont de Cramans. Cette villa de plaisance, qui occupe un des plus beaux points de la vallée de la Loue, est bordée au nord-est par une rangée de vigoureux peupliers, l’immeuble de Mr Maire, qui s’étend du côté sud-ouest jusqu’au pied de la voie ferrée, offre une superficie de deux hectares ½. | |||
| 51 | Sur le point central de la localité, deux importants bâtiments construits en | 1882 |
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| se font vis-à-vis. L’un de ces bâtiments, propriété de Mr François Chavaux, dit Tillon, est situé à droite de la route du côté des Salines. | |||
| 52 | L’autre de ces bâtiments, situé presqu’en face de la gare, à environ 10 mètres de la route, appartient à Mr Roucher, dit Vital, ferblantier aubergiste. | ||
| 53 | Le café de la gare, petit bâtiment de construction légère, ainsi que la remise, située à quelques mètres en arrière sont des dépendances de Mr Chavaux, bâti en | 1864 |
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| 54 | Plus loin, dans la direction du couchant, entre l’enceinte des Salines et la voie ferrée, s’élève le pavillon Grandperrin, lequel étant construit sur un plan quelque peu original, présente un aspect assez singulier, construit en | 1879 |
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Si comme ligne de séparation des deux secteurs du village nous désignons la voie ferrée, les 4 dernières maisons que nous venons de citer terminent la section de Senans.
| 1 | La maison d’école de garçons d’Arc, primitivement composée d’un rez-de-chaussée bâtie en | 1836 | |
| fut élevée d’un étage en | 1864 | ||
| 2 | Maison d’école des filles construite en | 1881 | |
| Édifiée dans un périmètre bordant la route no 24, ce nouvel établissement présente dans son ensemble des avantages incontestables, au triple point de vue de l’orientation, de l’hygiène et de la simplicité du service. La cour de récréation qui précède le bâtiment est clôturée de murs. | |||
| 3 | Chalet de la société fromagère de la section Arc, édifié en | 1865 | |
| 4 | Maison Jacquet, pharmacien, bâtie près du passage à niveau en | 1880 | |
| 5 | Ancienne maison Jean Claude Mourolin, acquise, restaurée et agrandie par son propriétaire actuel, Mr Pierre Louis Rondot, épicier et débitant de tabac en | 1862 |
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| Établissement d’une cour bordant la route no 24 en | 1874 | ||
| 6 | Ancienne maison Amiet, complètement détruite par un incendie en novembre 1836. Le propriétaire de cette maison jugea nécessaire de la reconstruire entièrement en | 1837 |
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| Cette maison, dont la reconstruction fut entreprise par Mr Jacquot, appartient aujourd’hui à Mlle Jeannette Amiet. | |||
| 7 | Ancienne maison Riffet, Étienne Lavaire, successeur, la fit restaurer et agrandir pendant la période de | 1855 à 1865 | |
| Cette maison et ses dépendances sont aujourd’hui la propriété des enfants de ce dernier, Louis et Mathilde Lavaire. | |||
| 8 | Ancienne maison Percier Goubey, sur l’emplacement de laquelle François Rigaud, ex maire d’Arc et Senans, a fait édifier l’élégant bâtiment faisant face à la maison Rousseau en | 1856, 1867 et 1869 |
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| 8 | Ancienne maison Rousseau père, Rousseau aîné successeur et propriétaire actuel. Cette maison a été exhaussée et complètement restaurée moitié en | 1846 |
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| moitié en | 1873 | ||
| 10 | Maison de Jean Baptiste Patruet, acquise vers l’an 1830 par Mr Pierre Chavaux qui fut l’une des gloires de notre magistrature locale [112] François Chavaux, dit Tillon, propriétaire actuel en fit agrandir la cour en | 1874 |
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| 11 | Maison dite du Sapeur, bâtie par celui-ci en | 1841 | |
| Cette maison moderne, devenue peu après sa construction la propriété de Mr de St Aubin, appartient aujourd’hui à Mr Joseph Chassagnole, originaire de la commune de Grandrif, Puy de Dôme. | |||
Quittons momentanément la section d’Arc, à laquelle nous reviendrons ensuite et suivons le chemin qui conduit directement à la Vieille Barque, lieu situé sur les bords de la Loue, entre le pont de chemin de fer et le moulin Toussaint, rive droite. C’est là que la vallée apparait dans toute sa splendeur, c’est sur ce point du territoire, lieudit la Vieille Barque, que s’élevait presque l’un en face de l’autre et à très courte distance deux importants bâtiments d’un aspect entièrement moderne.
| 12 | Le premier de ces bâtiments, celui situé droit au bord de la Loue, dans les eaux de laquelle il se mire a été construit en | 1841 | |
| par Jean Louis Chevalier, auquel a succédé son fils, Joseph, qui en est actuellement propriétaire. Cette maison, démolie en | 1884-85 |
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| a été reconstruite au sud-ouest de celle de Baveux, aujourd’hui la ferme de le Levée [113]. | |||
| 13 | L’autre bâtiment, situé au nord-ouest du précédent et qui, par moitié, a appartenu pendant longtemps aux familles Chevalier Faudot, est aujourd’hui la propriété des descendants directs de Jean Jacques Chevalier. Ce bâtiment, dont la construction primitive est très ancienne, a été restauré et agrandi en | 1855 |
La vieille Barque ne manque pas de souvenirs historiques, qui intéressent particulièrement notre localité et dont plusieurs, à notre avis, d’être transmis à la postérité. Tout d’abord, à une époque qui remonte à plusieurs siècles et que, faute de renseignements suffisants, nous ne pouvons préciser ici, un bac fut établi à quelques mètres des maisons Chevalier Faudot, ce qui, à n’en pas douter, fit donner à ce lieu la dénomination de Vieille Barque, qu’il a toujours conservé jusqu’ici.
En 1783, un pont fut construit à quelques 50 mètres en aval du pont suspendu qui relie directement entre eux Arc et Senans et Cramans et, dès que ce pont fut livré à la circulation, on a dû supprimer le bac, anciennement établi près des habitations Chevalier Faudot. Mais ce pont, trop légèrement construit, ne devait pas résister longtemps au courant rapide de la Loue, en effet, 16 ans après sa construction, en 1789, la violence des eaux de cette rivière fut telle, qu’elle balaya le tablier du pont et emporta entièrement les piles et les culées. Le pont détruit, le bac fut rétabli à nouveau, non pas où il était primitivement, mais à l’endroit même où le pont avait été construit. Dès lors, la traversée de la Loue sur ce point se continua sans interruption jusqu’en 1836, époque de la construction du pont suspendu entre Cramans et Arc et Senans.
La plupart des détails qui précèdent nous ont été donnés par Jean Jacques Chevalier, lequel les tenait d’un de ses ancêtres. Mais, bien que ces détails concernent particulièrement la Vieille Barque, ils ravivent en nous des souvenirs qui se rattachent directement au grand-père des Chevalier d’aujourd’hui, souvenirs qu’il nous est agréable de consigner ici.
Claude Chevalier, dit Dodot de la Barque, naquit en ce lieu et y mourut le 20 juillet 1841. Homme profondément attaché aux mœurs et aux coutumes du bon vieux temps, il avait à un haut degré le respect du passé, c’est ainsi que, contrairement aux hommes de son âge qui portaient le costume du commencement du 19ème siècle, il ne voulut jamais abandonner celui en usage avant la Révolution française de 1789, habit à grands pans, gilet croisant sur la poitrine, culotte courte boutonnant au-dessus du genou, chapeau tricorne, bas noirs, souliers ornés par une large boucle en cuivre fixée sur le coup de pied. Ajoutons qu’il portait les cheveux enfermés dans une housse de taffetas noir formant queue sur la nuque. Respectable à tous les titres, Claude Chevalier, courbé sous le poids des années, accablé par les rudes travaux des champs, était un vieillard digne, modeste, sérieux, inspirant à la fois le respect et la considération. Ses traits portaient l’empreinte de la douceur la plus naturelle. Cependant, nous devons dire que, malgré sa physionomie sympathique, Claude Chevalier, par son costume étrange, démodé, était un objet de terreur pour les petits garçons de la localité et, en ce qui me concerne personnellement, je me rappelle que, quand j’étais gamin, s’il m’arrivait de passer à proximité de la Vieille Barque, j’avais soin d’éviter de le rencontrer. À la pensée de voir apparaitre le tricorne de cet homme inoffensif, un sentiment de frayeur s’emparait aussitôt de moi, je croyais le plus naïvement du monde que le père Chevalier était le croquemitaine, aussi, du plus loin que j’apercevais l’homme au tricorne, je fuyais prestement à travers champs jusqu’à ce que je l’eusse perdu de vue. Mais ce qui effrayait tant les gamins de l’époque en passant près des maisons de la Vieille Barque, c’était l’étrange costume de Claude Chevalier et non sa personne.
De Claude Chevalier, type et admirateur du passé, il convient de passer à son fils cadet, à la mémoire duquel nous consacrons les quelques lignes qui suivent
Joseph Augustin Chevalier naquit le 17 mars 1814 à la Vieille Barque, berceau de ses ancêtres. Ordonné prêtre le 3 septembre 1837, il partit en 1838 pour les missions étrangères dans l’Extrême Orient, devint par la suite évêque de Pondichéry, où il mourut en 1878, dans la quarantième année de son apostolat. Telle fut la noble carrière de cet enfant du pays [114].
Et maintenant, après avoir retracé l’historique de la Vieille Barque, hâtons-nous de continuer notre visite à travers la section d’Arc.
| 14 | Ancienne maison Clerc, Victor Vercey, gendre et successeur, primitivement couverte en chaume, cette habitation a été entièrement restaurée en | 1881 | |
| 15 | Pavillon de Jacques Chassagnole, attenant à la maison principale, bâti en | 1865 | |
| 16 | Ancienne maison de Jean Baptiste Lavaire, titulaire au débit de tabac de la section Arc, ancien maire d’Arc et Senans pendant la période de la monarchie de 1840 à 1848. Décidément, cette partie de notre pays a produit une pléiade de maires, dont il convient de citer les noms : Roubey, Riffet, Malfroy, Patruet, Lavaire, Chavaux, Rigaud et Dorval. Revenons à notre maison Lavaire, habitée par Mme Veuve Martel, née Lobie. Cette maison qui appartient à Mr Lobie, capitaine d’artillerie en retraite, à complètement changé d’aspect. Outre qu’elle a été exhaussée et agrandie, les appartements du rez-de-chaussée, ainsi que l’étage ont été convenablement restaurés en |
1867 |
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| 17 | Maison Joseph Bideaux Butet, auquel a succédé son fils cadet connu et désigné sous le nom de Gaillard-Butet. La construction de cette maison moderne a eu lieu en |
1835 |
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| Elle fut entreprise par Jean Baptiste Jacquot, alors négociant en bois de construction et entrepreneur de bâtiments. | |||
| 18 | Ancienne maison ayant appartenu aux frères Mourolin Quéchouret et à Jean Claude Mourolin, dit Capucin, laquelle maison fut incendiée dans la nuit du 5 au 6 octobre | 1818 |
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| et entièrement rétablie pendant les années | 1849-50 | ||
| Ce vaste corps de bâtiment qui mesure 40 mètres de longueur, comprend trois logements distincts, ayant chacun leur propriétaire pour occupant. Ce sont Mr Claude Raton, successeur des héritiers de Jean Claude Mourolin, les frères Sauriat Jean Claude, Lolau et Joseph, successeurs le premier de Marc Mourolin et le second de Joseph Mourolin, frère du précédent. | |||
| 19 | Maison Claude Chavaux, bâtie en | 1872-73 | |
| sur l’emplacement jadis occupé par l’habitation des frères Chavaux Gillot. | |||
| 20 | Ancienne maison Alphonse Bideaux, attenant à l’habitation des héritiers Létivent Tuyaux. Cette maison appartient aujourd’hui à Mr Caillot, gendre et successeur de Bideaux, a été restaurée et agrandie en | 1876 |
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| 21 | Ancienne maison de Jean Baptiste Roubey, attenant à celle de François Malfroy Gayette, laquelle a appartenu à son aïeul, puis à son père Joseph Malfroy, dont il est l’unique héritier. Parmi les propriétaires de la maison Roubey, citons Charles Faudot, son gendre, Jean Claude Cussey. Acquise en dernier lieu par Joseph Malfroy, celui-ci fit entièrement restaurer la toiture en |
1881 |
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| 22 | Ancienne maison Rigaud, dit le Gros, entièrement réparée et considérablement agrandie à deux époques | ||
| d’abord en | 1838 | ||
| puis en | 1850 | ||
| Cette maison est aujourd’hui la propriété de Mlle Anne Françoise Rigaud | |||
| 23 | Ancienne maison d’Antoine Létivent, Pierre Pernet successeur et propriétaire actuel, lequel l’a faite agrandir à sa partie sud-ouest en | 1879 |
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| 24 | Maison Genestier, ancienne maison Rousseau, exhaussée, restaurée et agrandie en |
1876 |
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| Cette ancienne maison, jadis couverte en chaume, n’a rien conservé de son aspect primitif. |
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| 25 | Maison Alexis Vesse, bâtie pendant la période de | 1822-24 | |
| Acquise peu après par Mr Alexis Bretant. Cette importante maison est aujourd’hui la propriété de ses descendants. | |||
| 26 | Maison Jacques Vesse, frère d’Alexis, bâtie en | 1820 | |
| Propriétaire actuel Jeannin Létivent Jean Baptiste |
Droit en face de la maison Bretant s’élève le château d’Arc, dont nous allons tracer l’historique de sa fondation à nos jours.
Étant construit en 1751, le château d’Arc, à l’époque où sont tracées ces lignes (1882), a, par conséquent cent trente et un an d’existence. Son fondateur, Mr Chaudois
[115], ayant été ruiné par les dépenses qu’entraîna la construction de cet édifice, ne l’habita que pendant quelques années, et le vendit avant l’entier achèvement de l’intérieur pour être organisé en un hospice destiné à recevoir des religieuses du même ordre. Devenu propriété nationale sous la Révolution, ce château fut acquis en 1793 par Mr Dorval
[116], époque à laquelle il était maire d’Arc et Senans
[117]. Un peu plus tard, en 1806, cet important immeuble devenait par acquisition la propriété de Mr Emmanuel de Siffrédy, lequel le conserva jusqu’à son décès, le 5 février 1867. Après le décès de ce dernier, le château et ses dépendances passèrent en la possession de Mr Henri Chevignard, neveu par alliance, fils adoptif et par conséquent héritier du nom, titre et fortune de son oncle et père, Mr Emmanuel de Siffrédy. Ces renseignements nous ayant été fournis par Mme veuve de Siffrédy, nous avons tout lieu de croire qu’ils sont rigoureusement exacts. Un souvenir local qu’il importe de transmettre à nos enfants : à l’angle méridional de l’enclos de Mr de Siffrédy, près de la route et en face du chemin du moulin Toussaint, existait encore il y a 20 ans l’ancienne et vaste chaumière à demi ruinée de Jean Claude Mourolin, dit le Bossu, chaumière qui en dernier lieu avait trois propriétaires, Jean Baptiste Mourolin, Antoine Viennet et Étienne Létivent. Mr de Siffrédy, en 1862, éprouvant le désir d’arrondir son enclos, se rendait propriétaire de cette masure, la fit démolir pour son emplacement. Prévoyant les justes exigences des propriétaires qu’il allait déloger, il proposa de procéder à chaque propriétaire une habitation convenable pour chacun d’eux, en rapport avec les nécessités de la profession exercée, ce que ces derniers acceptèrent. Jean Baptiste Mourolin eut les deux corps de bâtiment situés en arrière au sud de la maison d’école de garçons d’Arc
[118], Antoine Viennet une moitié, la partie nord-est de la maison qui aujourd’hui appartient en entier à Justin Lallemand, dit Brequillot et enfin à Étienne Faudot, Mr de Siffrédy lui fit bâtir la maison située au nord et tout à côté de celle d’Antoine Viennet. Tels sont les contre-échanges consentis entre Mr de Siffrédy et les derniers possesseurs de l’ancienne maison Mourolin.
| 28 | La construction de la maison d’Étienne Faudot remonte aux années | 1862-1863 | |
| 29 | Les travaux nécessités pour l’entier achèvement des deux bâtiments cédés à Jean Baptiste Mourolin ont été exécutés en | 1862-63 et 64 |
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| 30 | Ancienne maison Chenu Bamboche, exhaussée et agrandie, propriétaire Mr Fumey, gendre et successeur | 1879-1880 |
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| 31 | Ancienne maison Jean Claude Saurin, dit Mirliton, complètement détruite par un incendie en 1840 et réédifiée en | 1841 |
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| 32 | Maison Joseph Pernet, dit Zizi l’Américain, ancienne maison Jean Pierre André, incendiée en 1864 et reconstruite la même année | 1864 |
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| 33 | Ancienne maison de Jean Claude Bretant ; Jean Claude Rondot, dit le Blanc Bazod successeur, propriétaire actuel Félix Sauriat Baron, successeur des époux Rondot. Maison agrandie d’un beau corps de bâtiment par Sauriat Baron en |
1882 |
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| 34 | L’ancien immeuble de Charles François Mathieu, bâti en | 1717 | |
peut et doit être considéré comme une propriété vraiment historique. Tout d’abord, il fut habité par son premier propriétaire, Charles François Mathieu, l’un des premiers desservants de la chapelle d’Arc en Valhouais, puis plus tard par le frère de celui-ci, Guillaume Jules Mathieu
[119]. Le généreux bienfaiteur des pauvres d’Arc l’a possédée et l’habitait encore en 1760, année de sa mort. Ce fut peu après que cet immeuble passa en la possession de la famille André dit Dada, qui l’a toujours conservée. Il appartient encore aujourd’hui (1883) par moitié ou à peu près aux beaux-frères Aimé Ignace et Joseph Sauriat, gendres de feu Joseph André dit Dada. L’ensemble de la propriété Sauriat se compose d’un vaste bâtiment attenant au mur de clôture bordant la route no 24, lequel bâtiment comprend deux corps de logis, remise et grange mitoyennes, écuries, d’un pavillon élevé sur cave, d’un rez-de-chaussée et d’un étage et situé à l’angle méridional de la maison principale, deux portes charretières donnent accès aux deux cours qui précèdent chaque corps de logis, en particulier. |
|||
| La maison principale a fait l’objet d’importantes réparations en | 1859 et 1871 | ||
| quant au pavillon, sauf quelques légères réparations, il a conservé ses dimensions et son aspect primitif. | |||
| 35 | Maison Chavaux Joseph, dit Colette, commencée en | 1839 | |
| achevée en | 1863 | ||
| 36 | Sur l’emplacement occupé par les habitations André dit Cafou et François Lavaire dit Fanfan Jeantoucourt, s’élevait autrefois la maison Pernet Joseph dit Zizi l’Américain, incendiée le 8 septembre 1834. | ||
| 37 | Maison de Jean Baptiste Nicot dit le Gros, bâtie un partie en | 1828 | |
| l’autre partie, la partie nord comprenant une cave, un rez-de-chaussée et un étage supérieur ne fut construite qu’en | 1844 | ||
| Mr François Chenu, successeur de Jean Baptiste Nicot et propriétaire actuel, a sensiblement agrandi l’importance de l’immeuble. | |||
Deux chemins de communication, le chemin de la Grand Vye, ce chemin est un tronçon visible d’une large voie romaine qui partait de Besançon (Vesontio), suivait la vallée du Doubs jusqu’à Osselle où elle prenait une direction à gauche et parallèle à la lisière de la forêt de Chaux, le bois communal d’amont, traversait la plaine qui forme aujourd’hui le territoire d’Arc et Senans, se dirigeait ensuite sur les provinces lyonnaises après avoir franchi la Loue sur le pont aux arches, duquel Arc et Senans doit son nom arcus abréviation de arcubus [120]. Et celui de l’oratoire ou des Essarts, partant des deux sections du village, convergeant vers le hameau des Défoy à l’entrée duquel ils se réunissent. Enserré de trois côtés par les bois d’amont et de Château Rouillaud, le hameau des Défoy présente un aspect sombre et rustique, ses maisons couvertes de chaume, éparpillées à travers son territoire s’harmonisent avec l’état et la disposition des lieux avoisinants. De toutes les habitations semées jadis sur plusieurs points du territoire des Défoy, bon nombre d’entre elles ont disparu sous la pioche des démolisseurs, celles qui existent encore aujourd’hui (1882) sont le château tremblant, dernier reste de l’ancienne et vaste maison Roubey-Liellet, la maison de campagne de Mr de Siffredy, les maisons Percier, dit Jean Claude de la Louise, et Jean Pierre Pernet, dit Pierre de chez Jean Pierre et enfin celle appartenant actuellement à Pernet Jean Claude, dit Mégé.
L’amélioration des propriétés bâties n’a guère commencé aux Défoy que vers 1825. Aujourd’hui dans ce hameau, les habitations modernes sont plus solidement construites qu’autrefois, les logements sont moins humides, mieux éclairés. Citons pour terminer les travaux de construction et de restauration exécutés dans ce hameau pendant la période de 1825 à 1882 :
| 1 | Ancienne maison des frères Viennet, Jean Claude Sauriat, gendre et successeur, propriétaires actuels Charles Lavaire, beau-frère de Constant Sauriat Viennet. Ancienne maison des frères Viennet construite bâtie en | 1826-28 | |
| 2 | Maison Verjus construite en | 1824 | |
| sur l’emplacement qu’occupait une ancienne baraque | |||
| 3 | Ancienne maison François Liévaux, dit Vicaire, Joseph Liévaux successeur. Maison incendiée avec celle de Marc Pernet dit Greppiot le dimanche 10 janvier 1859. Ces deux habitations ont été rétablies peu de temps après qu’elles furent brûlées, la cause de cet incendie fut attribuée à l’imprudence d’un braconnier qui chassait à proximité des maisons et dont la charge de l’arme, poussée par le vent violent communiqua le feu à l’une d’elle. |
1859 |
|
| 4 | Maison Pierre Rondot bâtie en | 1864 | |
| sur l’emplacement d’une vieille cahute de son père Alexandre Rondot. | 1857 | ||
| 5 | Maison Rondot Champon, dont le corps de logis fut construit en | ||
| la grange et l’écurie en | 1864 | ||
| 6 | Ancienne maison Joseph Pernet, dit Greppiot, entièrement restaurée et agrandie en | 1851 |
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| Propriétaire actuel Claude Étienne Pernet, dit Lamy | |||
| 7 | À environ 80 mètres de la maison de Claude Étienne Pernet apparait au milieu des champs l’ancienne maison de feu Jean Claude Percier, maison construite aux environs de 1816. Après avoir appartenu à ce dernier pendant près d'un demi siècle, cet immeuble l'un des plus importants du Deffois devint successivement la propriété de Mr Curie, garde forestier et Joseph Malfroy tous deux gendres de Percier dit Jean Claude de la Louise. Cet immeuble appartient à Jean Claude Cussey dit Claude Cussey dit Rainie. |
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| 8 | À quelques 20 mètres en contrebas, à l’ouest du précédent immeuble, se trouve l’ancienne maison Pernet dit Pierre de chez Jean Pierre, mais particulièrement connu sous le nom de Jean Pierre de la Veuve. Cette vaste maison qui comprend à chaque extrémité du bâtiment deux granges et deux écuries a, pendant plusieurs années, appartenu à deux propriétaires Joseph Pernet dit le Bossu et Jean Denis Rondot, son beau-frère. Ce dernier, en 1864, fit transformer son ancien logement en une grange, au joignant de laquelle il construisit un nouveau corps de logis, côté nord du bâtiment, enfin en 1872, huit ans après la construction de ce nouveau logement, lorsqu’il eut acquis l’ancienne maison Nicolas Cussey au Vernois, Jean Denis Rondot vendit sa maison des Défoy à Sauriat Claude Philippe, dit Fanfan de la Poulotte, lequel la possède encore en 1884. |
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| 9 | Un immeuble appartenant à un particulier à quelques 50 mètres sud-ouest de l’emplacement qu’occupait jadis l’ancienne maison solitaire de Laurent Billerey, vis-à-vis de l’habitation des frères Sauriat et à une égale distance de la maison Pernet et du château tremblant, apparait au milieu des champs la petite maison de campagne bâtie aux frais de Mr Emmanuel de Siffedy en 1857. Cet immeuble, comme tous ceux dépendant de la succession de celui-ci, est passé en la possession de son neveu par alliance Mr Chevignard de Siffredy. |
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| 10 | Ancienne chaumière de feu Guillaume Philippe, entièrement reconstruite par son propriétaire actuel, Antoine Philippe dit Toinot le Pilote en | 1858 | |
| 11 | Ancienne maison de Jean François Démillière, dit Triantet, sise à l’extrémité des Défoy, maison dont le corps de logis a été construit en | 1837 | |
| Propriétaire actuel Jean Pierre Sauriat, dit l’Arnachetraque. | |||
Pour terminer notre excursion historique à travers l’antique et paisible hameau, nous jetons un coup d’œil sur la partie du hameau entre l’ancienne maison des frères Viennet et le puits communal établi en 1880. Ce point principal présente un aspect pittoresque et agréable en raison du rideau de pins sylvestres qui, été comme hiver, met une note gaie à l’entrée du hameau.
De l’extrémité des Défoy, en revenant sur nos pas jusqu’en face de la maison Viennet, nous nous dirigeons ensuite par le chemin de l’oratoire, vers le point où celui-ci s’amorce à la route no 26, c’est-à-dire près du passage à niveau qui sépare le hameau du Vernois de la section de Senans.
| 1 | À quelques 30 mètres du passage à niveau, au nord, sur une éminence d’où l’on peut découvrir une vaste étendue, s’élève gracieusement l’ancienne maison Vincent Regond, habitée aujourd’hui par la famille Justin Vincent, dit Plume Pattes, située entre le chemin neuf et la route no 26. Solidement construite, restaurée et agrandie, la maison Vincent, avec son vaste verger, est sans contredit la plus importante du hameau du Vernois. L’ancienne maison Vincent, quoique construite au cours de la première période du 19ème siècle, a toujours été bien entretenue, une vois charretière, partant du passage à niveau, conduit à la propriété Vincent, présente une pente assez roide.
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| 2 | Une propriété immobilière fieffée
[121]
– La maison de ferme sise au Vernois appartenant à Mme veuve Hugon d’Augicourt, fut jadis la propriété et la résidence de messire Ambroise Renard, en son vivant capitaine des gardes et vassal du marquis de Brun, seigneur de Roche et de Château Rouillaud. Cette maison restaurée et agrandie en 1861, est habitée aujourd’hui par Mr Paul Lavaire, fermier de Mme veuve Hugon d’Augicourt. Notons au passage, à titre historique, qu’une tuilerie renommée jadis par la qualité de ses produits existait naguère dans cette propriété. Cette tuilerie a cessé d’être exploitée peu avant la guerre de 1870, elle fut démolie en 1871. Et maintenant, quels furent les propriétaires, qui dans la possession de cet immeuble seigneurial, succédèrent au vassal du marquis de Brun. Pendant de longues années, Mr Bonmarchand et Me Hugon d’Augicourt. l’occupèrent. Parmi les principaux fermiers, qui ont tour à tour habité la maison de ferme, exploité la tuilerie et les terres, nous citons Démillière Jean François, 1798-1843, Jean François Démillière, fils du précédent, dit le Comte d’Artois de 1843 à 1852, François Rigaud de 1852 à 1864, Antoine Lavaire, dit Toine, de 1864 à 1869. Avec ce dernier finit l’exploitation de la tuilerie au Vernois. Après 1869, deux membres de la famille Lavaire, Jean Baptiste et Paul, ont successivement habité la maison de ferme, la construction d’une vaste grange fut commencée et achevée en 1871. |
| 3 | Ancienne maison Jean Prost, Joseph Pernot dit Guyon, successeur de Jean Baptiste Prost, dit Bêche, propriétaire actuelle Mme veuve Bulle, née Pernot Guyon, construite à une époque lointaine, l’ancienne maison Jean Prost n’était encore à la Révolution qu’une habitation de maigre apparence et dont il ne reste plus aucun vestige. C’est sur l’emplacement de cette humble chaumière que Jean Prost ou ses héritiers naturels firent construire en commun, au début du XIXème siècle, le bâtiment à usage de cultivateur qu’habite aujourd’hui Joseph Bulle, petit-fils de Joseph Pernot. Depuis, l’ancienne maison Prost a subi d’importantes réparations et agrandissements, notamment en 1839, époque à laquelle Joseph Pernot fit construire les deux pièces d’habitation dont les fenêtres et la porte d’entrée ouvrent du côté sud-est. Tous ces travaux furent entrepris par Mr Jean Baptiste Jacquot en 1864. Enfin, Jean Bulle, gendre de Joseph Pernot fit exhausser les murs extérieurs, refaire les piles et les cintres de la porte d’entrée de la grange, élargir celle de l’écurie et enfin, construire une double remise à la suite de celle-ci du côté nord-ouest. Dans la même propriété, face à la rue du vernois et vis-à-vis de l’entrée de la maison principale, s’élève un pavillon entièrement neuf construit en 1864-65 par Jean Bulle. Ce pavillon, dans lequel on entre par un perron de 5 marches de pierre granitique
[122], comprend une cave voutée, deux pièces au rez-de-chaussée et deux à l’étage supérieur. |
| 4 | Ancienne maison Liévaux, Antoine Liévaux, dit Cavalier, neveu et successeur de celui-ci fit restaurer et agrandir cette vieille habitation, moitié en 1872 et moitié en 1885. |
| 5 | Maison Claude Eme jeune, dit Mémé. Bâtie aux frais de celui-ci en 1851, a pendant au moins 30 années appartenu à Mr Lagrange, ancien garde forestier. L’ancienne maison Eme et ses dépendances sont depuis 1883 la propriété d’Auguste Liévaux, dit Quiquiche. Ce point du Vernois nous rappelle deux souvenirs D’abord, à quelques 10 mètres en avant de la maison existait la chaumière de François Eme, dit le bon père Francillon. Puis, vis-à-vis de la chaumière de ce dernier, sur le côté nord de la rue du Vernois, existait également une vieille maison depuis longtemps abandonnée, appartenant aux deux frères Liévaux-Botaux, Jean Baptiste et Claude, dit Juilla. Cette maison à demi ruinée fut démolie en 1838. |
| 6 | À une distance d’environ 100 mètres du point où nous sommes, sur le bord du chemin dit chemin neuf et près de l’angle méridional du bois de la Pérouse, apparaissait jadis la chétive habitation de Mme Eme, femme Girard en 1879. |
| 7 | Ancienne maison Pierre Prost, propriétaires actuels Barthelet et Bideaux. De cette maison, la partie appartenant à Jean Biseaux a été exhaussée et restaurée en 1873. |
| 8 | Pavillon Chenu, dit Labeu, construit en 1833. Il a eu pour propriétaires intermédiaires MM Mourolin et Peutet. Il a appartient aujourd’hui à François Mourolin, dit Fanferme. À ce corps de bâtiment composé de 4 pièces d’habitation, 2 au rez-de-chaussée et 2 à l’étage supérieur, sont adossées une grange et une écurie, bâties l’une et l’autre en 1870. |
| 9 | Pour terminer notre excursion à travers le Vernois, signalons encore le puits communal situé à l’entrée du large chemin qui conduit à la ferme Champon, joignant le 10ème triage à la forêt de Chaux. |
Tableau que présentait la commune de 1791 à 1804, d’après les récits consacrés par la tradition orale et les documents originaux inédits déposés aux archives nationales et départementales.
Afin de faciliter l’intelligence de ce qui va suivre, il convient de rappeler que la France en 1791 venait tout récemment d’être divisée en départements, les départements en districts, les districts en cantons et enfin, les cantons en communes. Le district de Quingey, lui, était composé de 6 cantons, y compris le chef‑lieu, Byans, Éternoz Liesle Ronchaux et Rurey, le canton de Liesle, auquel appartenait Arc et Senans, comprenait alors 6 communes, Arc et Senans, Liesle, Buffard, Fourg, Mesmay et Rennes [123] . C’est aussi pour familiariser le lecteur avec la nouvelle dénomination des mois de l’année que nous avons placé à la suite de ce chapitre le tableau représentant la concordance des calendriers républicain et grégorien.
Bien qu’en principe j’eusse résolu de consacrer ce chapitre à la seule commune d’Arc et Senans, les derniers documents que j’ai consulté concernent quelques localités du district de Quingey m’imposent en quelque sorte l’obligation d’y consigner certains faits se rattachant particulièrement aux communes de Liesle, Buffard, Fourg et autres lieux. Quant à la vile de Quingey, elle, nous ne saurions peindre en entier le tableau qu’elle représentait pendant la période révolutionnaire, nous nous bornerons donc à citer quelques épisodes dont Quingey fut le théâtre et à enregistrer quelques documents émanant des commissaires de ce district.
Le district de Quingey ayant pour commissaire un certain Paturot, assez expert en matière de persécution, comptait seulement 4 clubs, tous à l’exemple de ceux du chef-lieu et d’Arc et Senans, qui vécurent le plus longtemps, se montrèrent aussi paisibles qu’inoffensifs, ce que nous sommes heureux de relater ici.
Au milieu d’une population religieuse et relativement paisible, la paroisse d’Arc et Senans, malgré quelques révolutionnaires ardents, fut une des plus privilégiée sous le rapport des troubles occasionnés par les passions politiques, d’après les témoignages que nous avons recueillis de la bouche même de plusieurs contemporains. Il n’y eut que quelques dénonciations peu graves et une seule exécution capitale, dont nous parlerons.
Quand éclate la Révolution de 1789, la population d’Arc et Senans en particulier accueillit avec empressement les idées nouvelles qui devaient transformer la société, la délivrer du joug des seigneurs et partant, de la tyrannie des rois, elle ne s’était crue libre que de 1789 à 1791, époque où les excès allaient commencer pour ne prendre fin qu’après le long règne de la terreur.
Enfin, point n’est besoin de dire que la commune d’Arc et Senans, elle aussi, eut ses jours d’angoisse et de déception amère, ainsi que l’attestent les documents suivants, que nous reproduisons en entier, lesquels sont tirés des archives de cette commune.
1 – Ce jourd’hui, 21 juillet 1793 an II de la République française, nous, maire, officiers municipaux, procureur de la commune et notables formant le conseil municipal de la commune d’Arc et Senans, étant assemblés en la chambre commune du lieu-dit, le nommé Bourdeaux, ci-devant garde de la forêt de Chaux, s’est présenté à ladite assemblée pour demander un certificat de civisme. N’ayant pu lui en donner un, il partit en colère, avec menace qu’il a faite de brûler la cervelle de quelqu’un, en traitant ladite municipalité de mâtin, de voleur, de bougre, de coquin etc. En foi de quoi nous nous sommes signés.
2- Le 28 prairial an II, Claude Antoine Fournier, curé d’Arc et Senans, annonça aux citoyens présents à la messe, que c’était la dernière fois qu’il célébrait l’office. À l’issue de cet office, les clefs de l’église paroissiale furent remises au citoyen Antoine Létivent, agent national [124], assisté de Denis Léon Percier [125] et de Jean Baptiste Billerey, officiers municipaux. Le même jour, sur le réquisitoire d’Antoine Létivent, la municipalité fit disparaitre tous les signes extérieurs du culte catholique, décidant que la première fête de la décade serait célébrée en grande pompe le 30 prairial an II (18 juin 1794). Ce jour dit, tous les citoyens furent invités à se rencontrer à 10 heures du matin dans l’ancienne église paroissiale d’Arc et Senans, cet ordre formel, impératif, émanait du farouche Robespierre, de celui qui, le premier, osa invoquer l’auteur immortel de la nature, l’Être suprême, dont il venait de renverser les temples et d’assassiner les ministres.
3- En exécution de la loi des suspects [126], sur une simple dénonciation du commissaire Paturot, un mandat d’arrêt fut lancé contre les époux de Bussière, alors propriétaires des terres de Roche et de Château Rouillaud, accusés d’avoir, dans plusieurs circonstances, tenu des propos inciviques. Sur une réclamation de Mr de Renouard de Bussière, le citoyen Lejeune [127] , représentant du peuple pour le département de l’Indre, envoyé par la Convention nationale pour épurer l’administration du district de Quingey et établir le gouvernement révolutionnaire dans les départements du Doubs et du Jura, se rendit à Quingey pour s’informer à ce sujet. Là, après avoir entendu Paturot, Lejeune ordonna la mise en liberté provisoire des deux suspects, chargeant le susdit agent de prendre les informations nécessaires sur la vérité des propos reprochés aux prévenus. Ces propos n’ayant pu être prouvés, ils cessèrent d’être soumis à la surveillance de la municipalité d’Arc et Senans. Leurs biens et leurs personnes furent respectés au même titre que ceux des autres citoyens.
Lettre de Mme de Bussières à la municipalité - 27 février1791.
4- Plainte formulée par le citoyen Couteret, procureur de la commune, au sujet de la célébration de l’office divin dans les chapelles de la Saline de Chaux et du Château de Roche. Le 9 octobre 1791, le procureur de la commune d’Arc et Senans s’étant plaint que, sous prétexte d’entendre la messe célébrée par des prêtres non assermentés, il se faisait tous les dimanches et jours de fête, des rassemblements nombreux dans la chapelle de la Saline d’Arc, quoiqu’elle fut exclusivement destinée aux ouvriers de cet établissement et à ceux qui étaient impotents et hors d’état d’assister aux offices de la paroisse. Le district de Quingey, par la voix du patriote Paturot, déclara ces rassemblements pouvant troubler la tranquillité publique, fit défense à Mr Dorval, alors directeur de la Saline, de permettre l’entrée de la chapelle à toute personne qui ne serait pas attachée au service de l’usine, sous quelque prétexte que ce fut. En cas de non-exécution, la chapelle serait fermée. Le même jour, le procureur de la commune se rendit au château de Roche où Mr de Bussière faisait célébrer des messes par des prêtres non assermentés. Il défendit expressément au propriétaire de Roche d’y laisser officier sans être dûment autorisé. Ordre daté de Quingey, 10 octobre 1791, signé Paturot.
5 – L’an III de la république française une et indivisible, le 23 prairial (11 juin 1793), le citoyen Bernard Besson, charpentier à la Saline de Chaux, accusé de calomnies contre les membres de ladite commune, a comparu devant le conseil municipal. Il aurait dit en présence de témoins que la commune précitée s’était emparée des quêtes faites en faveur des défenseurs de la Patrie. Le citoyen Besson, ayant fait ses excuses aux autorités municipales, la plainte portée contre lui n’eut pas de suite fâcheuse.
6- Dénonciation contre le nommé Percier, dit Ribouit de Senans [128]. Ce fait odieux est le seul de ce genre qui eut lieu à Arc et Senans.. Dans le courant de janvier 1795, une violente discussion à propos de la situation politique dans le district de Quingey eut lieu dans la rue entre les nommés B… et Percier, dit Ribouit. Percier, dans la discussion, s’était cru blessé dans son amour propre par son adversaire, lui appliqua un vigoureux soufflet sur la tempe gauche. Le lendemain, B… (je passe son nom par égard à sa descendance), pour se venger de cet outrage public, adressa à la juridiction compétente une dénonciation calomnieuse contre J.P. Percier, qui fut immédiatement arrêté, puis traduit devant un tribunal révolutionnaire. Il fut condamné à mort
Le malheureux Percier fut exécuté sur la place de Quingey le 5 pluviôse an III de la République (24 janvier 1795). Il était âgé de 30 ans
Le cadavre de J.VC. Percier fut inhumé au cimetière de Quingey. L’arrestation, le jugement et l’exécution de Percier sont pleinement confirmés par un document inédit déposé aux archives révolutionnaires [129].
7- Dans les premiers mois de 1799, Claude François Amiet, instituteur patriote d’Arc et Senans, dénonça à l’autorité départementale le citoyen Jean François Plumet, agent de cette commune nommé par le département le 18 fructidor et réélu par le peuple aux élections de 1798 : « Il a jeté le masque du patriotisme et tâché d’assujetir les patriotes aux réfractaires. Il y a un an, le patriotisme paraissait prendre le dessus dans la commune, mais aujourd’hui, c’est le fanatisme qui prend sa place ». Ajoutons que ce libre penseur désespéré donnait en même temps sa démission.
8- Le 24 floréal an VI de la République (13 mai 1798), Denise Percier fut condamnée par le tribunal correctionnel à Besançon à 3 décades, 30 jours de prison pour avoir sonné les cloches.
Certes, les quelques abus que nous venons de signaler et que, dans l’intérêt de la vérité, nous ne pouvions passer sous silence, sont déplorables, mais ils sont l’œuvre de quelques agents municipaux trop ardents, entrainés dans le tourbillon révolutionnaire. Mais la population d’Arc et Senans, tout en obéissant aux lois, était tranquille, prudente et conciliante. Elle était fatiguée du régime terroriste, elle condamnait hautement le culte ridicule de la raison, représenté par une déesse, elle désirait le prompt rétablissement du culte de ses ancêtres, qui seul pouvait lui donner la paix et la concorde dont elle était privée depuis 1795.
Aussi, après la signature du concordat, le 18 juillet 1801, qui réconciliait la république avec le christianisme, quand les missionnaires parcoururent notre pays pour y replanter les croix abattues, chacun de nos concitoyens fut heureux d’y contribuer, tous avaient hâte de voir rouvrir leur vieille église, aucun des objets consacrés au culte catholique ne fut dégradé, ni profané par ceux de nos ancêtres qui, obéissant à un culte inique, les avaient fait disparaitre le 28 prairial an II (16 juin 1794).
Si le principe d’autorité morale ne fut que rarement méconnu, s’il fut respecté autant que pouvait le permettre l’entrainement des passions politico-religieuses par la majeure partie de la population, c’est qu’alors ils étaient représentés par une municipalité dont les membres étaient à la hauteur de leurs devoirs civiques.
Tout en rendant ici un sincère hommage à la mémoire de ces honnêtes républicains, qui, dans notre localité furent les principaux acteurs de la Révolution, nous croyons devoir rappeler leurs noms, afin que les jeunes générations soient renseignées.
| André Jean Baptiste | Chevalier Adrien | Létivent Antoine |
| Amiet Claude François | Duvois Michel | Malfroy Guillaume |
| Bataillard Jacques Joseph | Degand Jean Baptiste | Mourolin Joseph |
| Billerey Jean Baptiste | Détroy Alexis | Plumet Jean François |
| Broutet Ignace | Percier Caillet Denis | Patruet Jean Claude |
| Billamboz Léger | Gaffiot Marc | Rondot Jean Claude |
| Bideaux Jean François | Guy Jean Claude | Roubey Jean Baptiste |
| Billerey Adrien | Guy Antoine | Riffet Jean Baptiste |
| Chenu Guillaume | Percier Goubey J. François | Saurin Joseph |
| Couteret Jacques | Jeannisson Antoine | Viennet léger |
| Comte François | Lemonnier J. Baptiste | Vesse Jean |
Nomination des conseillers
L’an IX de la République, le 13 vendémiaire (5 octobre 1800), le citoyen François Comte, chef de la municipalité d’Arc et Senans, reçut du préfet du Doubs un extrait de son arrêté du 15 fructidor an VII, nommant les membres du conseil municipal de la commune, une lettre du préfet annexée audit arrêté désignait comme membre du conseil les dix citoyens dont les noms suivent :
Jean Jacques Bataillard, François Comte, Jean Chenu, Denis Percier, Guillaume Malfroy, Antoine Jeannisson, Jean Rousseau, Jean Baptiste Patruet, Jean baptiste Roubey, Jean Baptiste Riffet.
Nomination du citoyen Jean Claude Mourolin
Le ministre des finances
Au citoyen Mourolin Jean Claude, receveur des contributions directes à Arc et Senans,
Je vous préviens citoyen, que le premier consul vous a, par arrêté du 16 germinal an XII (6 avril 1803), dont l’extrait est ci-joint, nommé pour remplir les fonctions de receveur des contributions directes de la commune d’Arc et Senans. Au terme du précédent arrêté, vous devez entrer en fonction le 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803) et fournir en numéraire un cautionnement égal au vingtième de la contribution de l’an XI.
Ce cautionnement doit être versé en totalité à la caisse d’amortissement d’ici la fin du mois de fructidor prochain pour tout délai.
Je suis persuadé que vous répondrez par votre zèle et votre exactitude à la confiance du gouvernement.
Le ministre des finances
Signé Gaudin.
Calendrier républicain
Le 22 septembre 1793 avait été décrété le 1er jour de la République. Sur le rapport de Romme [130] , la Convention nationale décrète le calendrier républicain, divisible en 12 mois de 30 jours, soit trois décades par mois.
Fabre d’Églantine fit donner à ces mois des noms mélodiques et résumant aussi fidèlement que possible les phénomènes les plus généraux des saisons. Ce calendrier révolutionnaire destiné à remplacer le calendrier grégorien établi en 1582, est bien connu. Il fut en vigueur à partir du 5 octobre 1793 jusqu’au 8 janvier 1806, c’est-à-dire pendant 12 ans, 2 mois, 27 jours.
Aux époques révolutionnaires surtout, le désir d’un heureux changement est pour ainsi dire naturel aux Français, chacun sentait alors peu d’affection pour les anciens jours, les anciens mois, dont le cours, à cette époque, amenait sans cesse de nouvelles calamités. On les vit donc disparaitre et faire place à des mois dont la nomenclature retraçait les images de la nature, depuis vendémiaire, le mois joyeux des vendanges, jusqu’à floréal, consacré à Flore et fructidor, consacré à Pomone.
Par la suite, on crut reconnaitre que ce calendrier avait pour but principal la suppression du culte catholique. Cette arrière-pensée contribua à rendre peu à peu le nouveau calendrier désagréable, d’où sa suppression et le rétablissement du calendrier grégorien.
Les mois républicains sont : vendémiaire, octobre ; brumaire, novembre ; frimaire, décembre ; nivôse, janvier ; pluviôse, février ; ventôse, mars ; germinal, avril ; floréal, mai ; prairial, juin ; messidor, juillet ; thermidor, août ; fructidor, septembre.
Chaque jour de la décade (10) avait une définition : primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi.
Renouvellement du conseil municipal de 1865 à 1884
Élections municipales des 23 et 30 juillet 1865
Nom et prénom des candidats élus
| Nicolas de Meissas | Joseph Malfroy | Magnin Auguste |
| Berthet Paul | Chavaux Jean Pierre | Henri Chevignard de Siffredy |
| Bretant Alexis | Nicot Jean Baptiste | Rondot Jean Baptiste |
| Nicot Simon (Adjoint) | Pernet Joseph | Rigaud François (Maire) |
| Percier Jean Claude | Carrière François | Chenu Jean Pierre |
Élections des 7 et 14 août 1870
| Nicolas de Meissas | 228 voix |
|
| Berthet Paul | 226 |
Élu maire par le conseil municipal |
| Maire Louis | 212 |
Les 12 candidats ayant obtenu le plus de suffrages ont été élus au premier tour, la même année, Paul Aigrot et Jean Baptiste Rondot ont été nommés officiers de la garde nationale, Jean Baptiste Rondot élu adjoint |
| Chenu François | 195 |
|
| Michaud Pierre | 189 |
|
| Duchêne Louis Lucien | 188 |
|
| Rondot Jean Baptiste | 186 |
|
| Chavaux Jean Pierre | 185 |
|
| Pottier Florent Joseph | 180 |
|
| Rondot Pierre Louis | 171 |
|
| Jeannin Létivent J. Baptiste | 169 |
|
| Aigrot Paul | 165 |
|
| Pernet Bassot J. Baptiste | 164 |
|
| Percier Léon Jean Claude | 158 |
|
| Rigaud Paul | 154 |
|
| Sauriat André Joseph | 148 |
Élections du 30 août 1871
| Berthet Paul | 292 voix |
Réélu maire de la commune. |
| Percier Léon Jean Claude | 277 |
|
| Duchêne Louis Lucien | 276 |
|
| Chenu François | 274 |
|
| Aigrot Paul | 273 |
|
| Pottier Florent Joseph | 266 |
|
| Maire Louis | 261 |
|
| Rigaud Paul | 260 |
Nommé adjoint en remplacement de Jean Baptiste Rondot. |
| Sauriat André Joseph | 259 |
Les 16 candidats ci-contre ont été élus au premier tour de scrutin. |
| Jolyot Claude François | 257 |
|
| Rondot Jean Baptiste | 254 |
|
| Percier Étienne | 254 |
|
| Jeannin Létivent J. Baptiste | 254 |
|
| Pernet Bassot J. Baptiste | 252 |
|
| Rondot Pierre Louis | 251 |
|
| Chavaux Jean Pierre | 249 |
Élections du 22 novembre 1874
| Berthet Paul | 280 |
Réélu maire d’Arc et Senans |
| Aigrot Paul | 279 |
|
| Duchêne Louis Lucien | 270 |
|
| Sauriat André Joseph | 262 |
|
| Rigaud Paul | 260 |
Réélu adjoint |
| Maire Louis | 260 |
|
| Pottier Florent Joseph | 230 |
Un certain nombre de candidats n’ont dû leur élection qu’à une propagande effrénée et à leur inscription sur une liste tirée à des milliers d’exemplaires et distribuée à profusion. |
| Rondot Pierre Louis | 216 |
|
| Percier Étienne | 212 |
|
| Jeannin Létivent J. Baptiste | 200 |
|
| Pernet Bassot J. Baptiste | 200 |
Élections municipales du 6 janvier et du 24 février 1878
| Berthet Paul | 253 |
Maire sortant |
| Duchêne Louis Lucien | 245 |
|
| Aigrot Paul | 175 |
Élu maire le 21 janvier 1878 |
| Sauriat André Joseph | 166 |
|
| Rigaud Paul | 155 |
Nommé adjoint |
| Maire Louis | 151 |
|
| Pottier Florent Joseph | 145 |
D’après les résultats donnés par les précédents scrutins, l’esprit de dénigrement et de rivalité a déplacé la majorité et changé la situation électorale |
| Rondot Pierre Louis | 129 |
|
| Percier Étienne | 126 |
|
| Jeannin Létivent J. Baptiste | 124 |
|
| Pernet Bassot J. Baptiste | 123 |
|
| Colard Abel | 122 |
Élections des 4 et 11 mai 1884
Deux listes étaient en présence, l’une d’elles, celle qui a échoué et qui était composée de la majorité des conseillers sortants comprenait :
| Rigaud Paul | Chassagnole Claude Marie | Rigaud Jean François. Ce dernier était inscrit sur les deux listes. |
| Girod Michel Alexandre | Pernet Léopold | |
| Nicot Jean Simon | Bassot Francis | Ventrillon Jean Claude |
| Bretant Jean Baptiste | Bulle Joseph | Belpaume Jean Claude |
| Pernet Louis Étienne | Chavaux Claude François |
La deuxième liste, celle qui a triomphé et qui, au premier tour de scrutin est sortie entière était composée de :
| Chenu Constant | 211 |
Le conseil municipal issu des élections es 9 et 16 janvier était sans homogénéité et sans prestige. Les intransigeants qui faisaient partie de ce conseil (exclu Mr Boisson), n’ont pu au 4 mai 1884 le disputer aux candidats ayant la sympathie des électeurs. Ceux-ci, au lieu de se laisser surprendre par des promesses mensongères, les ont bien vite rendus aux douceurs de la vie privée. |
| Caron Amédée | 209 |
|
| Pernet Jean Claude, dit Mégé | 204 |
|
| Sauriat Joseph | 195 |
|
| Berthet Edgar | 192 |
|
| Nicot Claude Émile | 191 |
|
| Michaud Justin | 185 |
|
| Malfroy Claude François | 183 |
|
| Berthod Claude | 181 |
|
| Rondot Claude, dit Gentil | 180 |
|
| Rigaud Charles | 175 |
|
| Jeannin Létivent J. Baptiste | 170 |
Le 18 mai 1884 ont été élus Berthet Edgar, maire, Sauriat André Joseph adjoint.
Noms des maires qui se sont succédés dans l’administration de la commune d’Arc et Senans depuis la fin du règne de Louis XIV jusqu’à ce jour (1884).
Plusieurs siècles avant la révolution de 1789, les maires étaient bien plus l’agent et le représentant du gouvernement que de la commune qu’il administrait. Il ne recevait, dans les campagnes tout au moins, aucune rétribution, mais en revanche, il jouissait de l’exemption de toutes corvées, taille, charruage, cartes de four et autres prestations auxquelles des administrés étaient assujettis. Toutefois, il payait les dîmes absolument comme tous les autres sujets. La fonction qu’il remplissait était toujours très ambitionnée et sa compétition donnait lieu à des intrigues, à des cabales scandaleuses. L’office du maire n’était pas une sinécure, ce magistrat avait en effet dans ses attributions l’ordre public, la police et la voirie, il était même dès le XIIIème siècle, chargé de la basse justice, en même temps que du recouvrement des revenus seigneuriaux. Mais le premier de ses emplois lui fut retiré lorsqu’on constitua au siècle suivant les justices de la Prévôté. C’était le maire qui présidait de droit les assemblées communales, il était membre du consistoire local et prenait part aux délibérations de celui-ci. Il formait enfin avec quatre collègues le tribunal de la Prévôté, dont les membres étaient désignés par le conseil des princes, il surveillait aussi dans sa commune les intérêts du domaine et ceux des biens communaux qui étaient entre les mains de l’échevin et enfin, dès l’année 1660, il jouit du privilège spécial de fréquenter les cabarets de sa localité, à l’exclusion de tous les autres habitants.
Sous l’Empire, les maires étaient souvent pris [131] en dehors des conseils municipaux, ce qui était une atteinte portée au suffrage universel. Ce maire était nommé par le préfet [132] .
Noms de quelques maires d’Arc et Senans
Mr Chavaux Jean Pierre, il administra la commune pendant près de 30 ans.
Mr le docteur Berthet. Pendant son court mandat, il sut faire valoir et défendre les intérêts dont il était chargé. Il fut obligé de démissionner pour raison de santé.
Mr Paul Berthet, frère du précédent, nommé le 4 septembre 1870, il sut gérer la commune pendant les années difficiles de l’occupation allemande.
Pendant huit ans, du 15 septembre 1870 au 21 janvier 1878, avec des ressources restreintes et des obstacles de routes sortes créés par la guerre franco-allemande, Mr Berthet a su, par une répartition aussi intelligente qu’équitable, donner satisfaction aux besoins les plus pressants.
Mr Roubey Jean Baptiste, maire depuis la révolution de 1789 jusqu’au 16 septembre 1791.
Mr Riffet Jean Baptiste, maire depuis le 16 novembre 1791 jusqu’au 2 décembre 1792.
Mr Broutet Ignace, maire depuis le 2 décembre 1792 jusqu’au 18 brumaire an IV de la République (2 novembre 1795).
Mr Détroy Alexis, maire du 18 brumaire au 10 germinal 1797.
Mr Malfroy Guillaume, maire du 10 germinal au 27 frimaire an VI (17 décembre 1797).
Mr Plumet Jean François, maire depuis le 27 frimaire an VI jusqu’au 20 ventôse an VII (16 mars 1799).
Le citoyen Plumet, nommé par le département après le 18 fructidor an V, fut réélu par le peuple aux élections de 1798.
Mr Comte François, agent municipal du 20 ventôse an VII au 13 vendémiaire an VIII (50octobre 1800), réélu en cette qualité le 15 fructidor an IX. Sa valeur personnelle le désignait à la confiance de ses administrés.
Mr Dorval Jean François, maire depuis le 13 vendémiaire an IX au 9 juin 1806.
1803, deux ans après le concordat et lors de la réorganisation ecclésiastique du diocèse de Besançon, la municipalité, sur un devis approximatif de 1320 frs, fit exécuter diverses réparations à l’église paroissiale.
Mr Demesmay, maire depuis le 9 juin 1806 au 17 novembre 1807.
Mr Gilliard, maire du 19 novembre 1807 au 9 avril 1841.
Mr Patruet Jean Baptiste, maire du 9 avril 1814 au 21 avril 1821.
Mr Bataillard Jean Jacques, maire du 21 avril 1821 au 27 avril 1823.
Mr Jacquot Claude Joseph, maire du 27 avril 1823 au 22 septembre 1828.
1828, opérations relatives au cadastre du territoire d’Arc et Senans.
Mr Vincent Jean François, maire du 22 septembre 1828 au 19 juin 1840.
Mr Lavaire Jean Baptiste, maire du 19 juin 1840 jusqu’à la révolution de 1848.
Mr Chavaux Jean Pierre, maire depuis la révolution de 1848 jusqu’en 1852.
Mr Thiriet Justin, ancien directeur des Salines, maire du 1er octobre 1852 jusqu’en 1858
[133]
.
Mr Berthet Justin
[134], médecin, ancien capitaine de la garde nationale, maire depuis 1858 jusqu’en 1861.
Mr Chavaux Jean Pierre, maire du 22 juin 1861 au 4 septembre 1865.
Mr Rigaud François, maire du 4 septembre 1865 au 15 septembre 1870.
Mr Berthet Paul, frère du médecin, du 15 septembre 1870 au 21 janvier 1878.
Mr Aigrot Paul, maire du 21 janvier 1878 au 27 octobre de la même année.
Mr Boisson Louis Virgile, maire du 27 octobre 1878 au 18 mai 1884
[135]
.
Mr Berthet Edgar
[136]
, maire du 18 mai 1884 au 12 février 1885.
Mr Berthet Paul
[137]
, maire du 11 mars 1885 au ??
Quelques dates résumées de la vie du village
1819 |
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1828 |
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1831-32 |
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1833 |
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1836 |
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1838 |
|
1838 |
|
1838 |
|
1837-1839 |
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1839 |
|
1840-1841 |
|
1841 |
|
1843 |
|
1841-1843 |
|
1843-1844 |
|
1847-1848 |
|
1852 |
|
1855 |
|
1855 |
|
1855 |
|
1858 |
|
1858 |
|
1861 |
|
1862 |
|
1862 |
|
1862 |
|
1864 |
|
1866 |
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1870 |
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Liste des prêtres ayant desservi la paroisse de 1687 à 1884
Noirot Jean Baptiste de 1687 à 1729. Arc et Senans n’ayant été érigé en paroisse qu’en 1687, il s’en suit que Mr Noirot fut le premier curé de la localité, qui, avant cette date, dépendait de Chissey
[143].
Courbet Jean Baptiste, curé de la paroisse de 1729 jusqu’à le fin de l’année 1769.
Girod Pierre Ignace, vicaire desservant de la paroisse de 1770 à 1773.
Reddet, François Xavier, curé de la paroisse de 1773 jusqu’à son décès, le 21 juin 1784. La dépouille mortelle de Mr Reddet fut inhumée dans l’ancien cimetière d’Arc et Senans.
Queminet Michel François, curé de la paroisse de 1784 à 1791, époque de son décès. Durant son ministère, il eut trois vicaires, Mr Patenaille, victime des persécutions en 1797, M.M. Courvoisier et Magnin
[144].
Fournier Claude Antoine exerça les fonctions de prêtre de 1791 à 1793.
Demontrond Pierre Antoine desservant de la paroisse depuis le 5 fructidor an IX de la république (23 août 1801) jusqu’au 4 floréal an X (24 avril 1802).
Le cinq fructidor an IX de la république (23 août 1801), Claude François Amiet, instituteur remet à Mr Demontrond les clefs de l’église
[145].
Sauldubois Jean-Charles, curé d’Arc et Senans du 11 floréal an X de la République (1er mai 1802) jusqu’en 1815.
Paillard Pierre Isidore, desservant de la paroisse de 1815 à 1827.
Couteret Isidore, curé d’Arc et Senans de 1827 jusqu’au 21 juillet 1866, date de son décès. Le ministère de ce prêtre, originaire de Lombard, a duré trente-neuf ans, c’est à ce digne pasteur que la paroisse doit la réédification complète de son église. Il obtint la puissante intervention de Mr de Grimaldi, agissant au nom de Sa Majesté la reine Christine d’Espagne
[146].
Vieille Cyprien, curé de la paroisse du 14 août 1866 au 11 février 1878, jour de son décès.
Bague Georges, curé depuis le 16 mars 1878 jusqu’au ??
8 Septembre 1834 |
Incendie de l’ancienne maison Joseph Pernet dit Zizi l’Américain, sise à l’extrémité d’Arc. |
Novembre 1836 |
Ancienne maison Amiet, sise à Arc, entièrement détruite. Elle fut reconstruite en 1837. |
Février 1840 |
Maison Jean Claude Saurin, dit Mirliton, entièrement détruite. Elle fut réédifiée l’année suivante. |
26 décembre 1843 |
Incendie dû à la malveillance qui a détruit en quelques heures un hangar inoccupé. |
Octobre 1848 |
Dans la nuit du 5 au 6 octobre 1848, un incendie considérable s’est déclaré dans un vaste bâtiment appartenant aux frères Mourolin dit Quéchouret, cultivateurs au lieu-dit. Une partie du mobilier, ainsi que toutes les récoltes ont été la proie des flammes. Le bétail et les instruments aratoires ont pu être sauvés. |
10 janvier 1859 |
Un incendie dont la cause est attribuée à l’imprudence d’un braconnier à sérieusement endommagé deux maisons, l’une appartenant à François Liévaux, dit le Vicaire, l’autre à Marc Pernet, dit Greppiot, tous deux propriétaires aux Défoy. |
22 mai 1861 |
Un incendie réduisit en cendres la chaumière de Jean Claude Démillière, dit Brillat, sise à l’angle sud-ouest du nouveau cimetière. |
1864 |
La maison de Joseph Pernet, dit Zizi l’Américain, fut entièrement brulée et reconstruite la même année. |
7 janvier 1865 |
Un violent incendie s’est déclaré à Senans près de l’église et a fortement endommagé deux maisons d’habitation appartenant aux frères Billerey Charles et Jacques, dit Coco. Aux premiers cris d’alarme, les pompiers d’Arc et Senans et ceux de plusieurs localités voisines arrivèrent sur le lieu du sinistre, mais, en raison de la pénurie d’eau, ils ne purent fonctionner longtemps. Néanmoins, le bétail ainsi qu’une bonne partie du mobilier et du matériel agricole ont été sauvés, les deux immeubles étaient assurés et ont été reconstruits en 1866. |
20 août 1867 |
Entre 11 heures et midi, un incendie s’est déclaré au hameau des Défoy dans une remise appartenant à Joseph Sauriat aîné. Les dégâts ont été importants. |
2 mars 1869 |
De deux à trois heures de l’après-midi, un commencement d’incendie, dont la cause est due à un jeune enfant de 5 ans, a éclaté au Vernois dans la chaumière de Catherine Royer, née Rondot. Secours très rapides, peu de dégâts. |
28 juillet 1869 |
Entre 9 et 10 heures du soir, un incendie considérable causé par une étincelle provenant d’une machine servant à fabriquer des parquets s’est déclaré dans un hangar de la scierie Aigrot, située alors sur le canal des Salines. Grâce aux puissants secours, on put maîtriser le feu, attaqué par quatre pompes alimentées par les eaux du canal voisin ; on put préserver les autres bâtiments, mais le hangar, ainsi que les bois et le matériel, ont été la proie des flammes. |
6 décembre 1870 |
Vers cinq heures du matin, le tocsin éveillait la population, il signalait un nouvel incendie à la scierie Aigrot, dans le hangar où étaient installées les scies circulaires et la roue motrice de celles-ci. Ce fut seulement vers 9 heures du matin que le foyer fut vaincu. |
10 juin 1870 |
Un commencement d’incendie, dont la malveillance ne parait point étrangère, était signalé dans le 11ème et 13ème triage de la forêt de Chaux, feu que les bûcherons du 11ème, aidés de quelques habitants de Chissey et Chatelay, sont parvenus à éteindre. Un hectare ½ environ fut détruit. |
6 octobre 1873 |
Vers cinq heures du matin, un commencement d’incendie se déclarait encore à la scierie Aigrot, dans une cabane située sur la rive gauche du canal et près du hangar qui abrite les scies verticales, mais la rapide intervention de quelques ouvriers de l’usine a suffi pour éteindre le feu dans son début. |
31 mai 1874 |
Encore un feu de forêt, dont la cause est attribuée à la négligence d’un fumeur, qui, dit-on, aurait jeté une allumette non éteinte dans l’herbe sèche, éclatait dans la 14ème série. Le feu, activé par le vent et trouvant un facile aliment dans les herbes sèches qui couvraient le sol, s’est propagé avec rapidité sur une surface de 28 hectares de bois taillis. Éloigné des communes riveraines de la forêt, le fléau ne put être combattu que par les bûcherons du 11ème, requis à cet effet par les agents forestiers. |
31 octobre 1875 |
Un incendie considérable, dont la cause est purement accidentelle, a éclaté dans un vaste bâtiment occupé par Emmanuel Benoît, Joseph Chenu et les frères Menoux Louis et Jean Claude, dit Nini. Lorsque résonna le tocsin, les deux pompes d’Arc et Senans, suivies bientôt de celles de Liesle, Champagne, Chissey et Villers-Farlay, arrivèrent sur les lieux. Grâce à l’énergie et à l’activité des pompiers aidés de la population, on a pu se rendre maître du feu. Les pertes subies par les victimes s’élèvent à 17000frs. et sont couvertes par plusieurs assurances. Les profondes altérations des pierres n’ayant pas permis de reconstruire sur place, Chenu et les frères Menoux, au lieu de réédifier sur des ruines, jugèrent à propos de construire leurs nouvelles habitations sur un terrain au bord de la route, face aux anciennes maisons d’Étienne Nicot et Claude Malenfer. |
14 avril 1882 |
Encore et toujours un incendie de forêt, dont on n’a pu connaître la cause réelle, environ 50 hectares en bordure de la voie ferrée sont devenus la proie des flammes. |
20 sept. 1883 |
À onze heures et demie, un incendie d’une rare violence éclatait au milieu du hameau du Vernois, au centre d’un groupe de trois habitations et dans un corps de bâtiment appartenant à trois propriétaires, Jean Denis Royer, dit Titi, Lacroix gendre de celui-ci et jeannette Cussey, célibataire. |
18 mars 1884 |
Un incendie considérable, activé par les herbes sèches couvrant le sol dans la 2ème série de la forêt de Chaux, coupe 26-27-28-29. La superficie atteint est d’environ 80 hectares. Elle est en grande partie couverte de bois taillis de 15 à 20 ans d’âge. Grâce aux soldats de la garnison de Dole, des pompiers, des gendarmes et de bon nombre d’habitants de cette ville, on a pu, après 4 heures d’efforts, se rendre maître du feu. |
1er avril 1884 |
Vers deux heures de l’après-midi, un incendie beaucoup plus considérable que le précédent était encore signalé dans un autre point de la même forêt, dans le 9ème triage joignant à l’est Grand Contour et à l’ouest la route de Ranchot à Salins. L’extrême sécheresse du sol et les broussailles dont il était couvert, offraient un puissant aliment. Une pluie abondante vint à propos pour enrayer les progrès de l’incendie. Un nombre considérable d’ouvriers des usines de Fraisans, Jura, ainsi que les pompiers de St Vit accoururent sur le théâtre de l’incendie, où, après quelques heures d’efforts, ils s’en sont rendus maîtres. |
Accidents mortels – suicides de 1845 à 1885
| 1er novembre 1845 | Jean Baptiste Royer, dit le Blanc, était occupé à écarteler des souches d’arbres au moyen de la poudre de mine, lieu-dit aux Carrières. Trouvant que le coup ne partait pas immédiatement, il s’approcha trop tôt et il reçut un énorme éclat à la tempe, il fut tué sur le coup. |
| 15 décembre 1847 | Claude Berthod étant allé faire provision de beurre à Fraisans, où il s’était livré à quelques libations, eut l’imprudence de s’en retourner en cet état. Arrivé près de la colonne
[147], cet homme fatigué d’une longue route, mit son fardeau à terre, se coucha à côté et d’endormit du dernier sommeil. Son cadavre ne fut découvert que le lendemain à une heure avancée. |
| 13 janvier 1851 | Au hameau des Défoy, au domicile de Mr Curie, garde forestier, qui, après de copieuses libations faites avec son ami, Alexis Démillière eut la malencontreuse idée de décrocher l’arme chargée du garde. Après s’être amusé un instant avec cette arme, Démillière la plaça entre ses jambes, la crosse en bas, le bout du canon sous son menton. Il se mit en devoir de presser la détente avec l’orteil de son pied droit ; malheureusement, il n’y réussit que trop bien. Le coup partit, la balle lui traversa la tête du menton au sommet du crâne. La mort a été instantanée. |
| 15 juillet 1853 | Vers 10 heures du matin le cadavre de Félix Pelletier, âgé de 45 ans, brigadier forestier à la résidence de La Chatelaine, a été trouvé pendu à une fourche de chêne dans la 14ème série, coupe no 10 de la forêt de Chaux. |
| 6 décembre 1860 | Cet accident mortel s’est produit dans les circonstances que voici : |
| 18 octobre 1865 | Le cadavre de Jean Bart, originaire de Mulhouse, garçon boulanger à Arc et Senans a été trouvé pendu à un arbre dans le 11ème triage de la forêt de Chaux, à quelque cent mètres du chemin du Vernois aux Défoy. Le corps du malheureux jeune homme fut découvert par Mr François Pernet, dit Remeny, habitant le hameau des Défoy. |
| 15 décembre 1866 | Sur un point du 11ème triage de la forêt de Chaux distant d’environ deux km ½ du hameau des Défoy, a été trouvé face contre terre le cadavre de Jean Rondot, dit Bazod, célibataire et garde champêtre de la commune d’Arc et Senans. L'autopsie fut pratiquée par le docteur Lombard, assisté de Mr Magnin, médecin du village. Le docteur Lombard conclut à une congestion cérébrale causée par l’influence du froid et une trop grande absorption d’alcool. |
| 4 juillet 1867 | Un affreux accident de chasse, dû à une fatale méprise, est arrivé au hameau des Défoy le 4 juillet vers 9 heures du soir. Une battue amenait Jean Pierre Chenu d’Arc à l’extrémité des Défoy pour y surprendre le sanglier dévastateur des récoltes. Jean Pierre Chenu aperçut tout à coup, à une distance d’environ 25 mètres dans le sillon séparant deux pièces de terre couvertes de blé, une masse noire. Il crut reconnaitre un sanglier, il appuya sur la détente de son fusil. Hélas, il venait de blesser mortellement Jean Claude Pernet, dit Pigé, qui, avec Pierre Démillière, s’étaient embusqués dans les champs de blé avant l’arrivée de Jean Pierre Chenu. Le docteur Toubin de Salins, mandé en toute hâte, déclara que la blessure était des plus graves et conseilla de le transporter à l’hôpital de Besançon, où, après 30 jours d’atroces souffrances, il mourut le 4 août 1867. La balle, après être entrée près de l’anus, était ressortie entre le bas ventre et les parties sexuelles. |
| 28 novembre 1867 | François Berthod, bûcheron et Eplégny, garde particulier du bois de la Pérouse poursuivaient un sanglier qu’ils venaient de blesser gravement. L’animal vint se blottir dans un épais fourré, où il fut bientôt rejoint par nos deux chasseurs, tout disposés à lui donner le coup de grâce. Alors, le garde Eplégny, en proie sans doute au trouble et à la frayeur que lui causait l’attitude menaçante de l’animal blessé, fit partir malencontreusement son arme. Le coup, fort mal dirigé, vint frapper Mr Berthod, qui eut les deux cuisses traversées par la balle. Après quelques mois de soins, il fut complètement rétabli. |
| 23 juin 1870 | Madame veuve Démillière, née Prost, âgée de 76 ans, traversait la voie ferrée au moment où le train de 5h15 du soir partant pour Mouchard allait arriver en gare. Elle fut tuée sur le coup. |
| 8 novembre 1870 | Le cadavre d’un individu dont on n’a pu constater l’identité a été découvert sur la rive droite de la Loue, lieu-dit le bas des prés, territoire d’Arc et Senans. Le sang qui jaillissait encore des oreilles de la victime au moment où elle fut trouvée, fit supposer qu’elle avait été assassinée non loin de là et portée au bord de l’eau. |
| 23 février 1871 | La découverte du cadavre d’un homme étranger à la commune a été découvert par les soldats prussiens dans la Loue, entre le château de Roche et le moulin Nappey. On a trouvé sur lui aucune pièce prouvant son identité. |
| 1er février 1874 | Plusieurs jeunes gens se trouvaient réunis à huit heures du soir au domicile de Jean Claude Sauriat-Viennet (entrée des Défoy), lorsque survint tout à coup Joseph Liévaux, dit Vicaire, querelleur par caractère et qui était en état d’ivresse. Invité à sortir du domicile de Sauriat par les jeunes gens qui s’y trouvaient, Liévaux se mit à insulter Auguste Lavaire, auquel il appliqua un vigoureux soufflet sur la tempe, ce qui provoqua un tapage indescriptible. Pour faire cesser ce tumulte et prévenir des rixes possibles, un ami de Liévaux reconduisit celui-ci à son domicile, où ils continuèrent de boire.
Mais l’affaire n’était pas terminée pour autant. Moins d’une heure après, les jeunes gens s’avançaient dans la direction de la maison Liévaux en chantant à tue-tête. Ce fut alors que Liévaux sortit précipitamment de son domicile, s’arma d’une branche de limonière qu’il ramassa sur le lieu. Alors, Lavaire, excité par l’outrage public qu’il venait de recevoir, s’avança résolument sur Liévaux, lui arracha cet instrument meurtrier et lui en porta un coup si violent sur la nuque, qu’il l’étendit roide sur le sol. Liévaux, relevé par les siens, fut étendu mourant sur son lit. Il expira le lendemain matin à huit heures. Traduit en correctionnelle pour coups et blessures ayant entrainé la mort, le jeune Lavaire fut acquitté par le jury qui, dans ce cas, avait écarté toute préméditation. Acquitté le 8 avril 1874, Lavaire fut mis en liberté, après avoir subi une prévention de 83 jours. |
| 15 août 1874 | Le cadavre de Joseph Mourolin, dit Quêchouret, a été découvert dans le canal d’alimentation de l’usine Aigrot, à quelques mètres en amont de la roue hydraulique qui fait mouvoir les scies circulaires. On a retrouvé son chapeau, ses sabots, sa blouse sur le talus du canal, rive droite. Moins d’une heure avant de commettre son acte de désespoir, Mourolin était allé chez Jean Baptiste Rondot
[148], où il s’était fait servir, suivant son habitude, une goutte de marc en déclarant à ce dernier qu’il buvait son dernier verre. |
| 7 juillet 1878 | Jean Pierre Mourolin, dit Justin d’Arc, disparaissait furtivement de son domicile étant en état d’ivresse, sans que personne ne sut où il était allé. Quelques jours après sa disparition, sa mère, fort inquiète de l’abscence de son fils, envoya à sa recherche l’un des cousins de celui-ci, Jean Claude Menoux, dit Nini, lequel, après avoir suivi un certain temps la rive droite de la Loue, découvrit dans le lit de cette rivière, à environ 150 mètres en aval du moulin Toussaint, le cadavre du noyé émergeant de l’eau. |
| 17 mars 1879 | Dans la matinée du 17 mars, Jean Antoine Clerc, ancien militaire, âgé de cinquante et un an, a été trouvé pendu à l’aide d’une corde dans la cuisine de son logement. Afin de ne pas rater son funeste projet, le malheureux Clerc, après avoir passé la corde autour de son cou, s’est tiré un coup de pistolet dans la tête. |
| 1er juin 1879 | Le dimanche 1er juin, une barque montée par 5 personnes et dirigée par Labourot, traversait la Loue en amont du barrage établi entre les moulins Billerey et Labourot. La rapidité du courant fit chavirer la barque en franchissant le barrage. Quatre d’entre elles parvinrent à s’échapper en se cramponnant à la barque. Seule Mlle Labourot, âgée de 18 ans, fut noyée. Son corps fut retrouvé le lendemain à quelques mètres en aval du moulin Toussaint. |
| 2 mars 1883 | Un horrible accident est arrivé sur la ligne de Bourg à Besançon, au passage à niveau de la Pérouse. François Royet, dit Brutus, habitait depuis quelque temps dans une voiture installée sur la lisière du bois Fouillardot, en contrebas des vignes dont il avait en quelque sorte la surveillance. Or, le 2 mars 1883, vers les huit heures du matin, Royet, la tête enveloppée dans un mouchoir, se mettait en route pour Arc et Senans, dans le but de faire quelques provisions. Arrivé au passage de la Pérouse, il n’entendit pas les cris poussés par la garde-barrière « Attention, voici le train ! ». Juste à ce moment, le train de Besançon arrivait à toute vitesse, Royet fut broyé par la machine. |
| 31 juillet 1883 | Dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1883, une tentative de déraillement, qui fort heureusement n’eut aucune suite fâcheuse, a été commise au passage à niveau de la Grand Vye, entre les stations de Chatelay et d’Arc et Senans. L’auteur de cette tentative criminelle, Pierre Syre, bûcheron domicilié au hameau des Défoy, lequel était connu pour son intempérance, moins d’une heure avant le passage du train se dirigeant sur Paris, Pierre Syre, obéissant à une mauvaise inspiration, se mit à enlever le portillon pour le placer sur les voies. Après avoir commis cet acte de malveillance, il continua tranquillement son chemin. Un surveillant de nuit, alerté par les cris de la garde-barrière, arriva en toute hâte et s’empressa de retirer en dehors de la voie le dangereux obstacle. Il était temps, le train arrivant à toute vapeur. Cette tentative n’ayant occasionné ni pertes matérielles, ni accident, son auteur n’a été frappé que d’une peine très légère. |
| 8 décembre 1883 | Entre 1 heure et deux heures de l’après-midi, Nicot Edmond, ouvrier aux Salines d’Arc, âgé de 19 ans, attaquait par le bas au moyen d’une pioche un dépôt de sel dans l’un des grands magasins de cette usine. Tout à coup, une masse de sel d’un poids énorme se détachant de la partie supérieure du tas, ensevelit le malheureux ouvrier. Le chef de service et les ouvriers se précipitèrent à son secours et parvinrent à le dégager rapidement, mais il était si gravement atteint qu’il n’a pu survivre que quelques heures. |
| 20 avril 1885 | Vers quatre heures de l’après-midi, Constant Chenu du Moulin Toussaint âgé de 46 ans, regagnait à pied son domicile, lorsque, entre Mouchard et Salins, il voulut monter sur une voiture, d’où il tomba si malencontreusement, qu’il se fit une blessure très grave à la tête. Transporté à son domicile, il mourut le surlendemain. On n’a pas pu connaître le propriétaire de la voiture, ni savoir comment cet accident s’est produit. |
Des sobriquets : c’est la mode
En dépit des progrès de la civilisation, la singulière manie des sobriquets persiste quand même dans notre localité, où, sauf quelques exceptions, chaque chef de famille est gratifié d’un surnom transmissible à tous ses descendants mâles. L’origine des sobriquets, dont quelques-uns remontent à plusieurs siècles, provient soit d’un type, soit d’une infirmité, d’un défaut de nature ou autre. Quoiqu’il en soit, la plupart de nos sobriquets sont si dérisoires, si ridicules, que nous éprouvons une sorte de répugnance à les publier. Cependant, nous croyons indispensable d’en citer quelques-uns, pris au hasard et sans en atténuer la prononciation patoise, la liste suivante vous servira d’échantillon.
Pierre de chûe Pierre, Dodot de la Barque, Poulot d’la Manon, Toinot d’Pilote, Lequaî, l’Arnachetraque, Lamy Greppiot, Vachi é la couillandie, la Maguy Chietout, Chaffin, le Grand Cucu, Pataquin, L’oû P’teux, Fanfan à la Poulotte, L’exis d’la Denise, L’où Prince, L’oû Quieu, Couillerit, Pettrey, Lemiant, Trodolot, Beûle qui Beûle, Gargamel, Maïgé ou l’enfant du miracles, Le Diable, Jésus Christ.
Outre les sobriquets cités, il convient d’ajouter à cette liste, certains prénoms en patois, dont l’orthographe et la prononciation sont tellement dénaturés, qu’ils prêtent singulièrement au ridicule.
Maguy (Marguerite), Jeanyoudou (Jean Claude), Yodine (Claudine), Jeanniode (Jeanne Claude), Tiennette (Étiennette), Guyômou (Guillaume), Nenette (Annette), Nemmey (Irénée), Natoile (Anatoile), Bâti (Jean Baptiste), Thômas (Thomas), Lili (Louis), Coûlas (Nicolas), Tiennot (Étienne), Yoûdou (Claude), Jeûset (Joseph), Toinot (Antoine), Lise (Louise), Finotte ou Fifine (Joséphine).
Pour terminer gaiement cet article emprunté à nos mœurs locales, je dois à mes lecteurs une courte anecdote qui peint admirablement les mœurs de cette époque dont je fus le témoin.
C’était au printemps 1838, j’étais alors dans ma 11ème année. Un étranger au village, d’une mise assez élégante et s’exprimant avec aisance, suivait le chemin des Essarts. Chemin faisant, il fit la rencontre d’une femme du pays qu’il interrogea poliment en ces termes :
- « Pardon madame, connaissez-vous dans ce pays un propriétaire auquel je pourrais acheter quelques kilos de miel ? »
- « Oui monsû », répondit la bonne femme, « Pierre de chûe Jean Pierre qui d’moure é Défoy dret su lo riotto é coûta d’chûe Jean Claude de lô Louise, veu en remettrot d’lou bon en coût. »
- « Comment voulez-vous que je trouve, Madame ce propriétaire, N’aurait-il pas un autre nom ? »
- « Ô, nenni Monsû, y man cougnissou d’autre que s’tû qui. »
- « Par où faut-il que je passe pour y aller ? »
- « Alla dret d’vant vo, veu passeri vey la Sainte Virge qu’vô voîtait là au quêchot, vô prendrie l’oû sentie des seppins é peu vô chédrie dret d’sus l’ou Défoy. »
- « Pierre de chue Jean Pierre, lo riotto, Jean Claude de la Louise, les seppins , grommela notre étranger, ce sont des noms et des indications impossibles, tout cela me parait fort difficile de trouver mon homme de miel, »
Puis, il se reprit « Merci quand même, madame, de vos obligeantes indications. »
- « Nio pas d’quoi, Monsû. »
Après quelques explications, la bonne femme qui venait du hameau des Défoy, continua son chemin dans la direction de Senans en murmurant cette phrase étrange :
- « Jeusse béni d’Dieu, qu’l’à bête s’toumouqui, y n’cougnit pas encou lou Défoy et peu Pierre d’chûe Jean Pierre qu’olla don lavou y voudrot ! »
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[2] La décision a été prise lors de la délibération du conseil du 14 mars 1802.
[3]
Claude François Amiet instituteur, marguillier et secrétaire greffier de la commune depuis le 16 novembre 1791 où il a été nommé en séance du Conseil Municipal. Il est attesté comme greffier de la commune ou bien « expert » dans des actes, dans le cadre d’un tribunal de famille (procès Marguerite Bourdon, épouse de François Percier Remeny, contre les Pernet) déjà en 1792. Source : archives familiales Michaux-Vernerey.
Claude François Amiet est né en 1744 à Mignovillard, décédé le 12/09/1817 à Arc et Senans, marié à Jeanne Claude Richard, décédée à Arc et Senans, le 2 avril 1817. Source AD25. Il a épousé le 21 février 1775 Jeanne Richard de Port-Lesney, où il était déjà recteur d’école. Source : acte de mariage de CF Amiet, AD39.
[4] La monnaie était frappée dans différentes villes, c’est pourquoi on trouve dans les textes anciens des francs-bordelois (Bordeaux), des francs viennois (Vienne en Dauphiné), des francs parisis (Paris), des francs tournois (Tours). Encyclopédie Méthodique, Tome 4, Panckoucke Paris, 1784.
[5]
Avant la Révolution, il existait deux Deffois, les Défoy de Roche et les Défoy de Château Rouillaud. Source : Archives familiales, Actes d’acensement de 1686, 1688 et 1734. Dans le Dictionnaire de l’ancienne langue française, du IXe au XVe, Frédéric GODEFROY, Tome premier, Paris, 1881, « defois » signifierait « terres, bois en defens, dont l’entrée était interdite. »
L'oratoire de la Grotte des Essarts fut érigé suite au voeu de l'abbé Couteret formulé lors d'une procession en ce lieu, alors que l'épidémie de choléra faisait des ravages en Franche-Comté. Deux cas ayant été constatés au village, un monument serait élévé à cet endroit si le village était épargné. Source : Létondal, Joseph, Arc et Senans à travers les âges, 1927.
Le chemin des Essarts s'amorçait au bas de l'actuelle rue de la Laiterie, au bas de la "rampe de Bocot". Le tracé de la voie ferrée Franois St Amoiur l'a déplacé au droit de la rue de l'Espérance. Source AD25, cote 3P22, vue 2/20.
[6] La liaison Dole-Salins fut inaugurée le 17 mai 1857. Attendue depuis plusieurs années, sa construction fut initiée par Jean-Marie de Grimaldi en 1852, puis la concession fut vendue le 10 août 1855 à la compagnie PLM.
[7] Le terme « Vieille Barque » a sans doute pour origine le fait que l’ancien passage (« ancien bac », par opposition à celui créé à l’extrémité de la « Route du Pont » après la création de la Saline d’Arc était situé à la fin de la « Route ou chemin de Salins », qui aboutissait à cet endroit. Probablement une déformation du mot « bac » en « barque », liée au fait que la barque était l’outil de travail du « barcotier ».
[8] Voir en annexe le relevé cadastral situant les cantons d’amont et d’aval.
[9] Avant la construction d’un pont sur la Loue, ce chemin menait au bac qui permettait de traverser la rivière en direction de Salins.
[10] Paul Berthet, maire de la commune de 1870 à 1878 (2 mandats), frère du docteur Pierre, Denis, Justin Berthet, maire de la commune de 1858 à 1861.
[11] Les seuls ponts permettant de franchir la Loue avec un véhicule étaient à cette époque celui de Port-Lesney, pont en pierre construit au XVème siècle et celui de Chay (1760). Ce nouveau pont suspendu était à péage - Ordonnance royale du 10 juillet 1835. Celui de Champagne sur Loue date de 1896, celui de Brères de 1845.
[12] Obvier : parer à une éventualité en prenant toutes les mesures susceptibles d’éviter ou de faire face au mieux à une éventualité.
[13] Il s’agit en fait de la moitié de l’ancienne propriété d’Antoine JEANNISSON, boucher, que son gendre, Jean-François Prost, dit le Blondain ou le Blondin, a habité. Le propriétaire réel était Jean-François JEANNISSON, le fils, qui l’a vendue en 1836 à Claudine ou Claudinette QUENON, née TISSERAND, de Besançon. Celle-ci l’a cédée en 1837 à la commune qui projetait de la transformer en maison d’école de garçons.
[14] Gabriel MENOUX est décédé avant 1793, c’est son fils, Jean Étienne MENOUX, décédé en 1809, qui a rédigé le testament d’avril 1808 avec la condition expresse que la commune en fasse une maison d’école. Son épouse s’est remariée avec le capitaine pensionné DÉLIOT, de Fourg, La maison n’échut à la commune qu’en 1837.
[15] Il s’agit ici vraisemblablement du presbytère actuel, la maison d’école des filles a, quant à elle, été complètement restaurée au début des années 1840.
[16] L’école entra en fonction en 1838.
[17] Il était autrefois difficile de nourrir le bétail tout au long de l’année, les prairies artificielles n’existaient pas encore. Le parcours était un réseau ouvert de pacage, de lieux de pâture, constitués de pâturages communaux, de routes, chemins, bois, reliés entre eux par des passages. Il pouvait être étendu aux terres cultivées après la récolte Sous la garde d’un berger, les animaux du village se nourrissaient tout au long de ces parcours. Ce droit de parcours a été supprimé en 1889.
[18] Voir les pages concernant la notice imprimée par les soins de Jean-Marie de Grimaldi.
[19] Tous les éléments décrits ensuite sont détaillés avec précision par le donateur lui-même dans une « Notice sur l’église d’Arc et Senans », imprimée par ses soins à Lons-le Saunier et publiée anonymement lors de la consécration de l’église, en 1852.
[20] Ces festivités, accompagnées par un grand banquet, offert par Jean-Marie de Grimaldi à la Saline, dont on peut trouver le menu dans l’ouvrage de l’abbé Joseph Létondal, Arc et Senans à travers les âges, 1924, à la page 178.
[21] Actuellement 19, place de l’Église.
[22] Cette bataille opposa l’armée prussienne à celle du général Bourbaki (armée de l’Est).
[23] L’article 1167, du 19 ventôse an X (10 mars 1802), Chapitre « Caisse d’amortissement », relatif à l’administration des bois communaux du Répertoire des lois et des arrêtés du gouvernement de l’an 1789 à l’an XI, Paris, 1804, prévoit que « le prix des coupes extraordinaires de ces bois sera versé à la caisse d’amortissement, pour y être tenu à la disposition des communes, etc., avec intérêt de trois pour cent par an. ». La Caisse d’amortissement a été créée sous le Consulat aux fins d’étalement de la dette publique. Elle fut liquidée en 1816 sous la Restauration et remplacée par la Caisse des dépôts et consignations.
L’article 98 de la loi du 28 avril 1816 précise que « la caisse d’amortissement actuelle sera liquidée. Les sommes dont elle est débitrice, passeront à la charge du trésor, qui sera tenu de rembourser les capitaux et de payer les intérêts dans les cas et aux époques où il y aura lieu auxdits remboursements et paiement. » Budget de 1816, Loi sur les finances du 28 avril 1816, Guillaume, Paris, 1816, page 33.
[24]
La garde nationale fut créée le 13juillet 1789 pour contribuer au maintien de l’ordre à Paris et c’est La Fayette, son premier commandant en chef, après qu’elle eut participé à la prise de la Bastille, qui lui donnera son nom. La Grande Peur de 1789 contribua à la constitution de telles milices dans de nombreuses villes et villages. De plus, la révolution municipale favorisa la création de ces gardes nationales, qui furent soumises à la tutelle des municipalités, l’équipement des gardes nationaux était à la charge des communes.
Le décret du 12 juin 1790 en précisa le règlement et celui du 14 octobre 1791 décida que le service dans la garde nationale était obligatoire pour les citoyens actifs de dix-huit à soixante ans. Par actif, il faut entendre qui paient l’impôt, les autres pouvaient y participer, à la condition d'être reconnus « bien intentionnés ». « Tous les français de 20 ans à 60 ans sont appelés à ce service. » Journal des conseillers municipaux. » No 12, juillet 1834, page 416. Les officiers étaient élus par les gardes nationaux.
Sous le Consulat en l’Empire, la garde nationale fut intégrée à l’armée. La Restauration replaca la garde nationale dans sa fonction initiale, avec les mêmes conditions de recrutement.
Depuis sa création, la garde nationale parisienne intervint à chaque époque de troubles politiques, se plaçant tantôt du côté de l’autorité, tantôt dans l’opposition armée. C’est Adolphe Thiers qui supprima, le 25 août 1871, la garde nationale qui avait joué un rôle actif dans la Commune de Paris. En 1905, l’instauration du service militaire généralisé, sans tirage au sort, mettra définitivement fin à ce corps, créé pour défendre l’intérêt général.
[25] Auxquels il faut ajouter les Percier Bassand, les Percier Léon.
[26] D’après ce qui est dit plus loin, page 36, il s’agirait du frère de Charles François Mathieu, desservant de l’ancienne chapelle d’Arc.
[27] Emmanuel, Jean, Joseph, Augustin de Siffredy Mornas, né le 25 avril 1784 à Salins, propriétaire du château d’Arc.
[28] Le curé de la paroisse, Isidore Coutteret, soutenu par l’autorité diocésaine, s’opposa au rétablissement d’une chapelle à Arc. Les travaux en restèrent au gros œuvre jusqu’en 1861.
[29]
Mr de Siffredy désirant agrandir sa propriété, échangea une vaste chaumière occupée par Jean-Claude Monrolin, dit le Bossu, située à l’angle méridional de son enclos, en face du chemin du moulin Toussaint, contre les deux corps de bâtiment situés en arrière au sud de la maison d’école de garçons d’Arc.
Devenu légitime propriétaire, Mr Monrolin fit tout d’abord achever celui destiné au logement d’un desservant, puis plus tard il convertit en cave la cage de la nouvelle chapelle.
[30] Le 15 février 1862, le conseil municipal accepte « un legs fondé d’une rente annuelle et perpétuelle de 200 Francs contenu dans le testament olographe du sieur Billerey (Pierre Joseph) en date du 10 décembre 1856, laquelle est constitué en faveur des enfants indigents au-dessus de 7 ans qui fréquentent l’école des Frères de Marie à Senans, si l’établissement des Frères venait à être supprimé, les 200 francs seront réversibles à la fabrique de la commune d’Arc et Senans . » Ils seront de fait restitués à la fabrique de la paroisse par décision du conseil municipal en date du 8 juin 1884. Source : archives communales, registre des délibérations du conseil, 1856-1884.
[31] Il s’agit des Frères de Marie.
[32] Isidore Coutteret, curé de la paroisse d’Arc et Senans de 1827 à 1866, était natif de Lombard.
[33]
Acte sous seing privé, passé le 29 septembre 1880, enregistré à Quingey le 1er octobre 1880 et transmis aux hypothèques de Besançon le 5 du même mois. AD25, Adjudication du 10 août 1879 – AD25 3E57/271, Registre des formalités hypothécaires, Volume 728, Article 51, cote QHYP/2/T/728. La propriété appartenait à Mme veuve « Irénée » Démillière, née Prost Bénigne. Donation acceptée le 28 novembre 1880 et approuvé le 3 février 1881. Bénigne Prost est en fait veuve de Jean Claude Démillière, neveu de Just Demillière, décédé aveugle à l’âge de 48 ans à Dole. Irénée est probablement un surnom dû aux nombreux Démillière de la commune. Il est recensé en 1872 « Demillière Jean-Claude, dit Nêné, cultivateur, aveugle », impasse du Chanoine. Il s’agit des parcelles section E de 131 à 135.
À noter qu’à cette date, la mairie était en location dans le pavillon appartenant aux héritiers Bataillard, avec un bail jusqu’au 1er avril 1884. Source : Registre des délibérations du conseil municipal de la commune, 12 juin 1881.
En 1884, la maison section E, cote 134, Impasse du Chanoine, est aménagée en mairie. Source : Archives communales, registre des Augmentations et Diminutions de propriétés.
L’orthographe du nom du « prince » est très variable. Sur le document du registre des hypothèques, il est question d’un M. Vetschnastavi, prince Verlkontsky.
Quant à son origine et sa présence au village, elles demeurent encore inconnues à ce jour. Cette famille de princes Wolkonsky ou Volkonski est d'origine russe, de Saint-Petersbourg.
[34] L’implantation d’une usine de sel à Arc n’est pas étrangère au développement du village. Nombre de familles, artisans, ouvriers, sont venues s’installer lors de la construction et plus tard, lorsque le site fut en production. Les forges de Roche contribuèrent également à cette augmentation de population.
[35]
À l’extrémité sud-ouest de la maison Bretant, sise en face du château d’Arc, existe encore un important atelier qui, aux dires des anciens du village, abritait autrefois une forge où Alexis Bretant fabriquait des charrues.
Les Bretant / Bretand seraient à l’origine des bûcherons de la forêt de Chaux. On trouve des Bretand/Bretatn, « coupeur dans la forêt de Chaux » à plusieurs reprises dans les registres paroissiaux d’Arc et Senans (1737-1869).
[36] Appelé également turquié ou blé de Turquie. DUCHESNE, Édouard, Adolphe, Traité du maïs ou blé de Turquie, Paris, 1833, p. 34.
[37] Il s’agit du blocus continental, décrété par Napoléon 1er le 21 novembre 1806, début de la guerre économique contre l’Angleterre.
[38] Voir en annexe un contrat du 30 décembre 1861 concernant l’embauche d’un fromager par les sociétaires de la fromagerie de Senans.
[39]
La reine Marie-Christine de Bourbon-Siciles, reine, puis régente d’Espagne, n’a jamais été impliquée directement dans l’achat d’une saline en France, que ce soit celle d’Arc ou celles de Lorraine, bien que la presse de l’époque, locale et nationale, comme Le Constitutionnel, se soit fait l’écho de ces affirmations. La saline d’Arc, celles de Salins et celle de Montmorot ont été acquises par Jean-Marie de Grimaldi en 1843 sur ses fonds propres. Ce n’est que plus tard (1848) qu’une société en commandite fut créée pour les Anciennes salines nationales de l’Est, regroupant celles de Salins, Arc, Montmorot, Dieuze, Vic et Moyenvic dans laquelle entra le comte de Riánsares, mari de la reine Marie-Christine, lequel investit dans plusieurs affaires, avec plus ou moins de réussite.
En 1860 Jean-Marie de Grimaldi fut évincé par Calley de Saint-Paul grâce à des manœuvres financières plus ou moins régulières, de l’administration des Salines de l’Est, qui furent ensuite transformées en 1862 en société anonyme, statut que Jean-Marie de Grimaldi avait toujours cherché à obtenir.
[40] Elle fut construite dans le but d’exploiter les petites-eaux de Salins, dont la teneur en sel était faible, grâce à un système de graduation, pour lequel la place et les conditions de ventilation étaient insuffisants à Salins et grâce au bois de la forêt de Chaux, toute proche.
[41] Il s’agissait d’une double canalisation. Voir document les pages concernant la saumoduc.
[42] Ces colonnes sont en pierre calcaire.
[43] Les barrières de Paris ont été décidées en 1784 et inaugurées le 19 juin 1790. Elles sont donc postérieures à la Saline.
[44] Là aussi, il s’agit de calcaire.
[45] Voir document en annexe.
[46] La scierie mécanique, construite à l’origine pour les besoins de la Saline d’Arc, située après le canal.
[47]
Ce procédé avait pour effet d’accélérer l’évaporation et donc d’augmenter la concentration en sel.
Jean-Marie de Grimaldi n’a jamais été convaincu de l’efficacité de ce procédé : « En prenant possession des salines du Jura, j’avais immédiatement renoncé à ces procédés arriérés (la graduation), dont le monopole de l’État avait seul pu supporter les charges, mais qui ne pouvaient plus tenir face à la concurrence qu’allait susciter la liberté de fabrication et de vente. Il n’était plus possible de faire du sel avec d’autres eaux que des eaux à peu près saturées, et pour les obtenir, il fallait recourir, comme en Allemagne, à l’exploitation de sel par trous de sonde. » Édouard Toubin, Notes sur Salins extraites des archives du Jura et celles de la ville de Salins, sans date, Médiathèque de Salins-les-Bains, cote MS 383, p. 66
[48] Dès son arrivée à Salins, au mois de novembre 1843, Grimaldi s’était lancé dans la recherche de nouveaux gisements de sel gemme en utilisant la technique des forages, technique développée depuis le début du XIXème siècle. Ces sondages furent effectués à Salins, Montmorot, Grozon et Arc. Son projet initial était de transférer la production de sel à Arc, mieux placée que Salins, mais les sondages ne donnèrent aucun résultat. Ils permirent de parvenir à Salins à des gisements d’eaux plus saturées. Depuis cette époque, on ne fit plus parvenir de petites eaux à la saline d’Arc mais des eaux plus saturées, ce qui permit d’augmenter la production de manière importante. Ibid.
[49] Le sous-sol de notre région ne contient pas de granit.
[50] Dans l’Annuaire statistique et historique du département du Doubs de 1827, il est mentionné une scierie à côté de la graduation : « Sur le canal, un peu au-dessous desdites roues, est établie une scierie pour le service de la saline. »
[51] L’existence de ce moulin est mentionnée dans l’acte d’acquisition du domaine de Roche par Guiot de Rochefort, écuyer, du 9 juin 1367. Source : AD25, cote 87J2.
[52]
Un procès en Cour d’Assises de Besançon en date du 8 avril 1821 , impliquant Xavier Percier-Léon, dit Jean-Louis, ainsi que d’autres comparses, a condamné ceux-ci à des peines d’emprisonnement pour vol de fonte au fourneau de Roche en 1820, fonte qu’ils revendaient à Salins (AD25, Série U, cote U5242 (1821-1822). Dossiers de procédure (1821), cotes U179 – U731). Le fourneau fonctionnait donc encore à cette date. La fonderie et la forge de Roche appartenaient à Léonard Caron, maître de forges à Fraisans. Archives départementales du Doubs, Série U, cote U5242 (1821-1822). Dossiers de procédure (1821), cotes U179 – U731.
Les Caron sont originaires de Savoie et sont venus s’installer dans la région (Quingey) dans la seconde moitié du XVIIème siècle, comme de nombreux autres savoyards, ainsi qu’en témoignent les registres paroissiaux de cette époque. Pierre Caron (1727-1782) fut maître de forges à Seveux. Léonard (1752-1822), son cousin, entra à son service en tant que commis de forges (responsable d’une forge). Léonard resta associé à la veuve de Pierre jusqu’en 1796. En 1798, il s’installa à Fraisans comme maître de forges, forges exploitées depuis 1782 par les Caron, société « Caron Frères » depuis 1789. Source : Laurent Caron, 1985.
[53] Journal des Mines, 1801-1802, volume 11, pages 349, 350. En 1737, par acte notarié, un échange de terre entre le seigneur de Brun et le seigneur de Châtillon eut lieu dans le but d'établir un haut-fourneau à Roche.
[54] Un peu plus loin, on lit que la chapelle d'Arc était frappée d'un cens de 50 livres au profit du seigneur de Roche, Agahange de Brun qui avait acquis en 1740 le fief de Château-Rouillaud et par la même occasion récupéré cette redevance.
[55] Si cette tuilerie était sans doute la plus importante, la plus ancienne était celle située dans la rue des Tuileries. C’était la tuilerie du domaine de Roche sur Loue, attestée dans un inventaire de 1667.
[56] On peut voir l’emplacement de cette tuilerie, ainsi que celui de la tuilerie située au Joncheret sur le plan cadastral de 1828. La tuilerie de la rue des Tuileries, existe encore, seuls le fourneau et l’habitation attenante ont disparu.
[57] Lettre patente : décision royale sous forme de lettre scellée.
[58] Dans les fonds du domaine de Roche aux archives départementales du Doubs, on trouve, sous la référence 87J3 des documents attestant de la vente, en juin 1367, des terres de Château Rouillaud par Jean de Châlon et Marguerite de Flandres, comtesse de Bourgogne, à Guiot de Rochefort, lequel a revendu en août 1373 le domaine de Château Rouillaud à Guillaume Mouchet.
[59] Agatange Ferdinand, baron de Brun. Celui-ci a acquis, par adjudication le domaine de Roche avec ses frères, lors de la vente aux enchères du domaine par Jeanne de Rye, veuve du marquis de Varambon, en avril 1667. Un inventaire complet du domaine a été établi à cette occasion par Claude Boyvin, docteur ès droit, conseiller en la cour souveraine du parlement à Dole (AD25, cote 87J4).
[60] Mai 1756. AD25, cote 87J6.
[61] 16 mars 1779. AD25, cote 87J7.
[62]
Il convient ici de corriger quelques erreurs : Étienne Cyprien Renoüard de Bussière, marquis de Roche, acquit du comte de Jouffroy, héritier de son frère, le marquis de Jouffroy de Précipiano, le domaine de Roche en avril 1784 (AD25, cote 87J8). À cette même cote, on trouve une copie de la vente du domaine à ce dernier par le roi Louis XVI.
Claude Jean Jacques Bovet, industriel à Boudry, canton de Neuchâtel (fabrication de textiles imprimés – indiennes), fit l’acquisition du domaine en 1798 (fructidor, an VI) de la veuve d’Étienne Cyprien Renoüard de Bussière, Suzanne Doucet (source : fonds Caron AD25, cote 87J9). Il y a fait construire les terrasses, jardins, fontaines et jets d’eau. Le domaine restera dans la famille Bovet trois générations durant jusqu’à la vente, en décembre 1864, aux familles Nicolas de Meissas et Amédée Caron, qui à épousé la fille unique de Nicolas de Meissas. Le 24 novembre 1809, par devant Maître Masson, notaire à Quingey, Claude Jean Jacques Bovet vendit la tuilerie, les terrains attenants et le pré de l’étang à Claude Joseph Jacquot, ainsi que plusieurs pièces de terrain à différents acheteurs. (Charles Louis Masson, notaire à Quingey, AD25, cote 3E2/284).
Les descendants de Claude Jean Jacques Bovet, Charles, Hélène et Arnold Bovet, vendirent le domaine de Roche à François Achille Nicolas de Meissas (4/5) et Amédée François Caron (1/5) le 12 janvier 1865, pour la somme de 480000 francs.
AD25 - Répertoire des formalités hypothécaires Vol. 428 Article 12. Registre des transcriptions hypothécaires cote QHYP2/T/428.
La Grange Jouffroy était sortie du giron de la seigneurie de Roche en 1748, lors du partage de la succession de Ferdinand Agatange de Brun, décédé en 1746, Henriette Charlotte Gabrielle de Brun, sa fille unique, n’avait obtenu que la maison de Dole, Souvans, Villers les Bois, Amange, Crissey, Liesle, la Grange Jouffroy et Azans. Déshéritée en partie, son père l’avait placée dans un couvent pour empêcher son mariage avec Henri de Saulx. Elle y resta pendant 14 années et ne s’est pas mariée, mais elle a adopté Pierre-Anne Ferdinand, comte de Scey, né en 1798, son parent, qui a relevé le nom de Brun. La seigneurie de Roche a échu à la sœur d’Agathange, Jeanne Marie de Brun, baronne de Montagu de Boutavant. Source : M. de Courcelles, Dictionnaire universel de la noblesse de France, tome 3, Paris, 1821, p. 118,119.
Claude Jean Jacques Bovet a racheté la ferme de la Grange Jouffroy à Mlle Louise Caroline Élisabeth "Élise" de Reinach, chanoinesse à l'abbaye bénédictine d'Andlau (Alsace), devenue propriétaire par acquisition des biens d'Henriette de Brun le 3 avril 1799. Celle-ci était la soeur de Pierre Georges de Scey-Montbéliard.(Acte passé par devant Me Roze, notaire à Liesle, le 14 floréal an 8 - 4 mai 1800).
[63] La ferme située sur la route d’Arc et Senans à Quingey.
[64] Dans les procès-verbaux du Directoire, lors de la séance du 29 thermidor an VI (16 août 1798), il a été question de « l’achat à la veuve Renouard de Bussière du bois de Château-Rouillaud, jouxtant la forêt nationale de Chaux, près d’Arc et Senans » et, le 27 vendémiaire an VII (14 octobre 1798), d’une « autorisation au ministre des finances de passer le contrat de cette vente. » Source ; Archives nationales, Pierre-Dominique Cheynet, Index des procès-verbaux du Directoire exécutif, an V- an VIII, Tome VI, 2001.
[65] Le gouffre du Pourchemin, situé dans la partie sud de la Pérouse. Pour l’avoir exploré plusieurs fois, il semble difficilement concevable que cette cavité ait jamais pu servir de refuge à la population, tant son accès est peu aisé. De plus, la distance qui le sépare du château, environ 700 mètres à vol d’oiseau, rend peu crédible l’existence d’un souterrain. L'imaginaire collectif, influencé par d'autres exemples réels (grotte d'Oselle), est sans doute pour beaucoup dans cette légende. Il se présente comme un gouffre d’effondrement vertical avec entonnoir, profond d’une dizaine de mètres, situé sur une faille verticale orientée nord-ouest-sud-est, sur laquelle se sont formées quelques dolines plus ou moins marquées. De la surface, on peut distinguer de part et d’autre de l’effondrement les départs de la faille, complètement comblée, dont l’orientation aurait pu faire accréditer cette rumeur locale de souterrain accédant au château. On peut par ailleurs faire remarquer que le château de Roche fut complètement reconstruit en 1758 par le marquis de Grammont, sur un autre emplacement que l’ancien, ce qui remet encore en cause un éventuel souterrain qui aurait servi pendant la guerre de dix ans, à l’époque de l’ancien château. Il a par contre servi de dépôt sauvage d’objets divers, comme un conteneur de parachutage d’armes de la seconde guerre mondiale.
[66] Sylvain-Phallier Lejeune (1758-1827). Avocat, conventionnel montagnard pendant la Révolution. En décembre 1793, il est envoyé dans le Doubs et le Jura par le Comité de salut public pour organiser le gouvernement révolutionnaire. En 1794, il est chargé des salines du Doubs, du Jura et de la Meurthe, ce qui pourrait expliquer sa présence au château de Roche. Il s’agirait donc de l’année 1794 et non 1784.
[67] Lors du fameux épisode de la retraite de l’Armée de l’Est, commandée par la général Bourbaki.
[68] Une partie des terres appartenait au domaine de Roche. Plusieurs documents, notamment des actes d’acensement, font état du « Deffoy de Roche ».
[69] Pierre François Augustin Langronne, décédé le 24 avril 1857, à Arc et Senans.
[70] Jeu originaire de l’Ouest de la France, où ce mot signifiait « quille » en patois local.
[71] La propriété comprenant ces deux constructions appartenait à Antoine Jeannisson, boucher, qui l’a acquise avant 1800. La propriété a ensuite été acquise par adjudication par son fils Jean-François le 8 mai 1835 (Archives départementales, Série U, cote U3452). Le 21 décembre de la même année, il revendit la moitié de la propriété, (l’actuel 14 de la Grande Rue), à Jean-Claude Bassot (Registre de l’enregistrement de Quingey – cote 22Q20). La seconde moitié a été vendue le 15 avril 1836 à Claudinette Quenon, née Tisserand de Besançon (AD25 - cote 3E28/44). Le 14 août 1837, la commune rachète cette partie de la propriété originelle à Claudinette Tisserand (AD25, série 3E28, cote 3E28/46). La confusion provient du fait que Jean-François Prost, dit Blondain, était le gendre d’Antoine Jeannisson, et qu’il a probablement poursuivi l’activité de boucher de son beau-père, tout en occupant les lieux.
[72] Voir pages 19 et 28
[73] Plus loin, l’auteur parle d’un Guillaume Jules Mathieu, frère de Charles François.
[75] Compter sans son hôte : Décider unilatéralement, sans se soucier d’autrui , ne pas prévoir les interventions extérieures, les problèmes causés par son hôte.
[76] Isidore Coutteret.
[77] On trouve indistinctement les orthographes Mourolin, Montrolin ou Monrolin.
[78]
Selon la légende, un riche bourguignon, appelé Rainfroy, qui vivait dans le château de Clervans, au bord du lac de la Loue. Celui-ci refusait que sa fille, Euriette, épouse un humble troubadour sans fortune, Loys, fils du seigneur de Montbarrey. Chaque nuit, Loys rendait visite à sa belle enfermée dans une tour du château en traversant le lac en barque. Une nuit de tempête, il se noya au milieu du lac. Quand son père mourut, Euriette fit vider le lac en rompant les digues de Parcey pour le retrouver. Elle fit bâtir à Ounans une chapelle, où elle fut inhumée avec son troubadour.
Marquiset Armand, Statistique historique de l’arrondissement de Dole, tome second, Besançon, 1842, p.171, 172.
[79] Il fut incendié en 1638, lors de la guerre de Dix Ans.
[80] L’actuelle propriété des frères et sœurs Dole.
[81] Voir les pages concernant la famille Broutet.
[82] Ignace Broutet (1757-1839), célibataire, fils d’Hugues Étienne Broutet. Il fut greffier de justice du domaine de Roche et c’est lui qui a rédigé le cahier de doléances de la communauté d’Arc et Senans en 1789. Il a racheté en février 1803 à Jean François Démillière la maison et dépendances sise actuellement au 2 de la Grande Rue, ancienne maison Rougeron. AD25, Acte du 6 ventôse, an XI, cote 3E34/66.
[83]
Le comte d’Artois était le titre du futur Charles X, qui succéda à Louis XVIII, son frère, en 1824. L’origine de ce surnom est peut-être à chercher dans la personnalité du comte d’Artois, personnage peu courageux, qui « montrait peu d’empressement quand il s’agissait d’aller guerroyer » d’après Oscar Lambert, Rue des salauds : l’histoire leur a donné une rue…et pourtant !, Éditions de l’Opportun, Paris, 2013, chapitre « rue d’Artois ». Le comte d’Artois fut l’un des premiers à émigrer en 1789 (16 juillet).
Jean-François Démillière père traita par acte notarié pour la somme de 2000 francs, comme l’autorisait la loi à l’époque, avec Jean Baptiste Prost, le remplacement de son fils au service militaire. Ce dernier n’est jamais revenu des campagnes napoléoniennes. AD25, cote 3E/6/6 – 30 mars 1813.
[84]
Titre d’un ouvrage pamphlétaire écrit en 1852 par Victor Hugo, alors en exil, à la suite du coup d’État du 2 décembre 1852, qui permettait au président de conserver le pouvoir en dépit de la constitution de la Seconde République.
Hugo, Victor, Napoléon le Petit, Londres, Bruxelles, 1852.
[85]
Le 17 août 1865, Napoléon III et l’impératrice Eugénie entreprirent un voyage en Suisse, voyage privé et en principe incognito, dans la région où l’empereur a passé sa jeunesse, passant par Strasbourg. Ils séjournèrent 2 jours à Arenenberg, canton de Thurgovie, puis à Meyringen, canton de Berne. Le retour s’effectua par Neuchâtel et Pontarlier, pour arriver au palais de Fontainebleau le 25 au soir.
Source : Journal Le Constitutionnel des 18 – 27 août 1865.
Hortense de Beauharnais, sa mère, s’est exilée en décembre 1815 à Constance, où sa cousine, Stéphanie de Beauharnais était mariée au Grand-Duc Charles II de Bade. Elle achète en février 1817 le château d’Arenenberg, sur la rive thurgovienne du lac. Ils s’y installent en 1818. Louis Napoléon y vécut jusqu’à l’âge de 30 ans, fit ses études à Augsburg, en Bavière. En 1830, il s’engage comme volontaire dans l’armée suisse obtient même la nationalité suisse dans le canton de Thurgovie et devient capitaine d’artillerie en 1834, avant son exil en Angleterre en 1836, sous la pression de la France.
Source : Mathonnet, Philippe, Les 200 ans de Napoléon III, un empereur tellement suisse, journal Le Temps, Lausanne, 24 mai 2008. Le château d'Arenenberg à Salenstein abrite aujourd'hui un musée Napoléon.
La ligne Salins Pontarlier a été ouverte le 6 novembre 1862, celle de Neuchâtel à Pontarlier le fut en 1860. L’arrêt en gare d’Arc et Senans est peut-être lié à la manœuvre d’un aiguillage, la ligne Franois-Arc et Senans a été ouverte en 1864 ou à un remplissage d'eau pour la machine à vapeur.
[86] L’armée des Vosges, commandée par Giuseppe Garibaldi. L’armée des Vosges avait à ce moment son quartier général à Autun.
[87] L’armistice général fut signé à Versailles le 28 janvier 1871.
[88] Il semble que l’auteur confonde granit et calcaire.
[89]
La quantité de sel produite à la Saline de Chaux, voulue par la ferme générale pour exploiter les petites eaux de Salins, a toujours été inférieure aux prévisions : en 1779, la saline produisait 30000 quintaux de sel, soit la moitié de la quantité prévue, en 1793, 16 000 quintaux (Source : WELLER Olivier, DUFRAISSE Alexa, PÉTREQUIN Pierre, Sel eau et forêt d’hier à aujourd’hui, Presses universitaires de Franche-Comté, 2008).
Selon l’Annuaire du Doubs de 1804, on parlait alors d’abandonner la production de sel et de la remplacer par fabrication d’étoffes imprimées, sur le modèle de ce qui se faisait dans la Suisse voisine. Ce n’est à partir de 1846 avec l’utilisation des trous de sonde et l’exploitation d’eaux salées plus concentrées (de Grimaldi) que la production put atteindre des niveaux plus acceptables. La technique de la graduation, trop dépendante des conditions climatiques n’a jamais été d’une grande efficacité.
[90] La corde est une ancienne mesure de bois de chauffage que l’on prenait avec une corde. La corde équivalait environ à quatre stères, mais cette quantité pouvait varier selon les régions.
[91] Les baraques de bûcherons-charbonniers établis en forêt de Chaux.
[92] Marquiset, Armand, Statistique historique de l’arrondissement de Dole, Tome premier, Besançon, 1841, p.36. On trouve par ailleurs dans cet ouvrage bien d’autres informations sur la forêt de Chaux. Pour la petite histoire, il est précisé dans cet ouvrage que le Missale Bysuntinum, imprimé à Paris en 1508, sur lequel Louis XIV a prêté serment, se trouve à la bibliothèque de Dole.
[93] Le procureur de la commune est élu dans les mêmes conditions que le maire. Il est chargé de la bonne exécution des lois de la République.
[94] Les communes sont à présent propriétaires des bois sur lesquels elles ont des droits, ce qui représente pour elles des sources de revenus potentiels.
[95]
Charles Baptiste François Vernerey de Servin, né à Baume-les-Dames le 14 mars 1750, décédé à Besançon le 4 mai 1798. Homme de loi, député du Doubs à l’Assemblée Nationale et à la Convention. Il vota la mort de Louis XVI. Il a été avocat au Parlement de Besançon, administrateur du directoire du département du Doubs et président du club des Jacobins.
DAYET, Maurice, Notes sur le Conebtionnel Vernerey et sa famille, Extrait des mémoires de la Société d'Émulation du Doubs, 8ème série, tome VI, Besançon, 1911.
[96] L’article 61 section VIII du code forestier de 1827 privait à nouveau les communes riveraines de leurs droits d’usage. Baudrillart , Jacques Joseph, Code forestier, Paris, 1827, p. 19.
[97] La révolution de juillet, les Trois Glorieuses. Louis-Philippe 1er succède à Charles X.
[98]
La ville de Dole avait, elle aussi, intenté un procès contre l’État en 1827 pour faire reconnaître ses droits. Le jugement en appel du 9 janvier 1839 de la cour royale de Besançon mit définitivement fin aux droits des habitants.
Baudrillart, Jacques Joseph, Code forestier, Paris, 1827, p. 19.
[99] Procès gagné en première instance le 28 août 1839.
[100] « Le gouvernement pourra affranchir les forêts de l’État de tout droit d’usage en bois, moyennant un cantonnement, qui sera réglé de gré à gré, et, en cas de contestation, par les tribunaux.
L’action en affranchissement d’usage par voie de cantonnement n’appartiendra qu’au Gouvernement, et non aux usagers.»
Baudrillart, Jacques Joseph, Recueil chronologique des réglemens sur les forêts, chasse et pêche, tome III, Paris, Paris, 1827, p. 535.
[101] Soit 109 hectares (soit environ 25%) de moins que lors de l’offre de 1858, ce qui diminuera à l’avenir les opportunités de ressources financières de la commune de manière non négligeable.
[102] Toutes ces informations proviennent de l’ouvrage d’Armand Marquiset, Statistique historique de l’arrondissement de Dole, Tome premier, Besançon, 1841, p. 33, 54 et 55. Jean-Baptiste Rondot s’est beaucoup inspiré de cet ouvrage, sans toutefois le citer.
Ces lettres patentes sont consultables aux Archives départementales du Doubs, Parlement de Besançon, actes importants, cote B 2165, folio. 495, B2173, folio 172, B2169 folio 156.
[103] Les colonnes Guidon, édifiées en 1826. Elles étaient au nombre de 8, la 7ème, située originellement à l’intersection de la D 31 et de la route forestière du Grand-Contour, a été démolie en 1938.
[104] La construction de certaines de ces maisons remonte bien au-delà de 1818, c’est le cas pour la maison d’école de garçons, la maison d’école des filles de Senans ) ou la maison des frères Broutet, par exemple, ou d’autres.
[105] Voir page 38. Lors de la modification de ce bâtiment pour le transformer en maison d’école en 1838, son état fut jugé tel qu’une complète reconstruction fut nécessaire. Source archives communales.
[106] Il s’agirait de Roger Philippe Marie Adrien de Riancourt (1782-1865), lieutenant-colonel d’État-Major, demeurant à Paris, 12 rue Montaigne..
[107] Jean Pierre Lamy a épousé en 1828 Jeanne Thérèse Rigaud, fille de Louis Lazare Rigaud et Marie Broutet, sœur d’Ignace (mariage en 1787).
[108] Cette propriété, qui appartenait, avec l’actuelle école Saint-Bénigne, à Hugues-Étienne Broutet, à été acquise par adjudication (adjudication sur saisie, suite à de nombreux procès, dont les minutes figurent dans les archives familiales) le 18 décembre 1802 par Jean-François Démillière. Le 6 février 1803, Jean-François Démillière revendait la moitié de cette propriété (qui correspond à la propriété décrite ci-dessus) à Ignace Broutet, fils d’Hugues Étienne. Lui-même ne conserva que la partie qui correspond à l’actuelle école Saint-Bénigne, au 3 de la rue de la Fromagerie. Archives familiales - AD25, Augustin LANOIX, notaire à Besançon. Acte du 6 ventôse, an XI, cote 3E34/66.
[109] Cette maison (14 Grande Rue) correspond à la moitié de la propriété d’Antoine Jeannisson, vendue en 1836 par Jean François Jeannisson, fils d’Antoine à Jean Claude Bassot en décembre 1835 ((l’actuel 14 Grande Rue). À l’origine, ce bâtiment correspondait aux écuries et au grangeage d’Antoine Jeannisson, qui était boucher. L’autre moitié a été achetée par la commune en 1838 (16 Grande Rue), pour la transformer en maison d’école.
[110] Claude Joseph Jacquot, négociant en bois et entrepreneur. Il a construit un certain nombre de maison dans le village, notamment les bâtiments d’école. Maire de la commune de 1823 à 1828.
[111] Jean Baptiste Jacquot a poursuivi son activité, il est cité comme entrepreneur en 1864 (page 69).
[112] Jean Pierre Chavaux, maire de 1848 à 1852 et de 1861 à 1865.
[113] Au recensement de 1886, Joseph Chevalier, 51 ans, habite au 23 bis Grande Rue avec sa femme, Zoline Sigonney et ses deux fils, Louis, 8 ans et Auguste, 6 ans. En 1881, ils sont recencés rue des Topes (Vieille Barque) avec son cousin Joseph « Émile ».
[114] Le curé de l’époque Isidore Coutteret l’envoya au petit séminaire d’Ornans, il poursuivit ses études à École, puis au grand séminaire de Besançon, où il fut ordonné prêtre. Il fut affecté au Vicariat du Mayssour, à Bangalore, dans la Mission de Pondichéry. En 1852, il fut nommé chapelain militaire, poste qu’il occupa pendant 22 ans. Il fonda la Société des Frères de Saint Joseph, multiplia les orphelinats et s’occupa beaucoup à lutter contre la pauvreté des familles indigentes. Il fut nommé Vicaire Apostolique avec le titre d’Évêque d’Hiérapolis en 1873et et mourut le 25 novembre 1880. Archives des Missions Étrangères de Paris.
[115] On trouve ce nom orthographié de différentes manières : Chaudouet, qui semble être l’orthographe originelle, ou Chaudouais ou Chaudois. Ces graphies différentes sont probablement dues au fait qu’à cette époque, avant la réforme orthographique de 1835, le son « oi » se prononçait « ouai ». Les Chaudouet sont concernés par les différents procès qui ont abouti à la vente sur saisie d’Hugues Étienne Broutet.
[116] Premier directeur de la Saline d’Arc.
[117] C’est Ignace Broutet qui était maire en 1793, Jean François Dorval fut maire de 1801 à 0806.
[118] La construction inachevée de la nouvelle chapelle d’Arc, projetée par Emmanuel de Siffrédy après la démolition de l’ancienne en 1836.
[119] À la page 36, l’auteur présente Guillaume Jules Mathieu comme le neveu de Charles François Mathieu, desservant de l’ancienne chapelle d’Arc.
[120] Dans le Dictionnaire des communes du Doubs, Éd.Cêtre, 1982, p. 118, on peut lire : « Le village apparaît sous la forme d’Arcum en 1049 », sans autres précisions sur la source de cette information. À la page 122 du même ouvrage, on trouve la même citation concernant le village d’Arcier et, à la page 139, concernant le village d’Arçon, « la localité apparait en 1141 sous le toponyme d’Arcum ». Quant à l’origine du nom Senans, elle serait, d’après plusieurs études, plutôt d’origine burgonde.
[121] Tenue en fief.
[122] Même remarque que précédemment.
[123] Le 5 février 1790, l’Assemblée Constituante divisait la France en départements. La Franche-Comté était divisée en 3 départements (Amont, Besançon et Aval), chacun d’eux en 6 districts. Le district de Quingey comptait alors 3 cantons, dont celui de Liesle (Liesle, Mesmay, Rennes, Buffard, Senans, Arc et Fourg). En 1800, les districts seront remplacés par les arrondissements et la loi du 28 janvier 1801 réduisit le nombre de cantons : celui de Liesle disparaitra au profit du canton de Quingey. PIGALLET Maurice, Répertoire numérique de la série L, AD25, Besançon 1912.
[124] La fonction d’agent national fut créée sous la terreur. L’agent national était chargé de représenter le gouvernement auprès des administrations locales. Ils sont chargés de veiller à l’application des lois et de dénoncer les négligences dans leur mise en œuvre.
[125] Probablement Denis Percier Léon.
[126] Décret du 17 septembre 1793, relatif aux gens suspects (Loi de prairial).
[127] Voir page 32.
[128] Il résidait dans le pâté de maisons à l’angle de la rue des Tuileries et la place de l’église.
[129] Il s’agit de Jean Pierre Percier et les faits relatés ici ne correspondent pas exactement à la réalité de l’époque. À la cote L2732 de la série L – Époque révolutionnaire des archives départementales, on trouve le jugement du tribunal criminel du Doubs séant à Besançon, en date du 16 novembre 1794, concernant cette affaire, jugement qui montre bien le caractère expéditif et exagéré de la justice de l’époque de la "Terreur".
[130] Romme Gilbert, Rapport sur l’ère de la République, séance du 10 septembre 1793, Paris, 1793
[131] Choisis.
[132] Hormis la parenthèse de la seconde République (Juillet 1848-1851), où les maires des petites communes (moins de 6000 habitants) étaient élus par le conseil municipal, les maires étaient nommés par le préfet pour les petites communes et par le pouvoir central pour les villes de plus de 6000 habitants, choisis parmi les membres du consil municipal. Ce n’est qu’à partir de 1871 que les maires seront élus régulièrement par le conseil municipal.
[133] Jean-François Dorval, directeur de la Saline, maire de 1801 à 1806.
[134]
Justin Berthet (Pierre, Denis Justin, né le 1712/1823, à Arc et Senans, décédé le 3 juillet 1863 à Aix les Bains), il a été maire de la commune de 1858 à 1861, il démissionna pour raison de santé.
J. Berthet a écrit en 1862 un ouvrage intitulé : Aix-les-Bains, ses Thermes, traité complet descriptif et thérapeutique des Eaux minérales, sulfureuses, alcalines, iodo-bromurées d'Aix en Savoie, publié chez Putod.
(Sources : Archives d’Aix les Bains - État civil, Jean-Baptiste Rondot, correspondant de la Société d’Émulation de Montbéliard, Notes relevées dans les archives d’Arc et Senans avant 1886, 1888, Archives communales, Centre historique des Archives nationales
[135] Son mandat se termina par un procès que lui a intenté le pharmacien du village, Mr Jacquet, jugement rendu le 10 juillet 1884, Marie Stéphane Jacquet, pour « non comparution » mors de la déclaration de naissance de son fils. Plusieurs jours lui furent nécessaires pour pouvoir déclarer son enfant en mairie, le maire étant introuvable.
[136] Frère de Justin et de Paul Berthet.
[137] D’un caractère plutôt « entier », contrairement à son frère Justin, plus diplomate, il défraya la chronique en 1885, comme l’attestent les différents articles du Petit Comtois. C'est une période où libéraux (cléricaux) er radicaux républicains (anti-cléricaux) s'affrontent au sujet des écoles. Pour mémoire, les écoles publiques de Senans ont été dirigées par des congréganistes jusqu'à ce qu'une municipalité radicale intransigeante les remercie à partir de 1879.
[138] La commune avait envisagé d’acheter un terrain dans ce but, mais elle a finalement opté pour l’acquisition de la maison Jeannisson.
[139]
Justin Berthet (Pierre, Denis Justin, né le 1712/1823, à Arc et Senans, décédé le 3 juillet 1863 à Aix les Bains), médecin, ancien capitaine de la Garde Nationale, il a été maire de la commune de 1858 à 1861, il démissionna pour raison de santé. J. Berthet a écrit en 1862 un ouvrage intitulé : Aix-les-Bains, ses Thermes, traité complet descriptif et thérapeutique des Eaux minérales, sulfureuses, alcalines, iodo-bromurées d'Aix en Savoie, publié chez Putod.
(Sources : Archives d’Aix les Bains - Archives communales, Centre historique des Archives nationales)
[140] À partir de 1879 et l’élection d’un nouveau conseil municipal sous la direction de Virgile Boisson, un vent d’anticléricalisme souffla sur la commune jusqu’en 1884 : renvoi des Frères de Marie de l’école de garçons de Senans, tentative de suppression du vicariat de la paroisse, renvoi des sœurs de la Charité de l’école communale de filles de Senans, arrêté d’interdiction de processions religieuses.
[141] Déjà lors du recensement de 1872, les habitants sont regroupés sous des noms de rues, dont certains ont disparu : rue du Cercle, rue Jeannisson, rue Jules César, rue de la République, Devant la Saline, route du Pont pour la section de Senans. Le Vernois avait sa Grande Rue, sa rue du Dessus, sa rue du Linge, sa rue de l’Assiette, sa rue Champon. Il y avait de même une Grande Rue à Arc, une rue Devant la Saline, une rue Mourolin. En 1881 et au moins jusqu’en 1911, le haut de la Grande Rue formait la rue de la République. AD25 Dénombrement de la population.
[142] Il n’est fait aucune mention de l’école libre de Senans, créée en 1881, qui, elle aussi, possède une salle d’asile. La salle d’asile évoquée est celle de l’école d’Arc, créée par Jean Marie de Grimaldi en 1851, celle de Senans est encore au stade de projet.
L’école de filles de la section d’Arc ne sera terminée qu’en février 1883. Une maison et une parcelle de terrain appartenant aux héritiers de Mlle Mercier, décédée à Chatelay en 1879, ainsi que deux autres parcelles de terrain appartenant respectivement à Jean Joseph et Jean François Rigaud ont été achetées au nom de la commune en 1880 par Joseph, Julien, Michel Alexandre Giraud. (Source : archives communales, délibération du conseil du 15 février 1880).
[143]
Joseph Létondal, dans son ouvrage « Arc et Senans à travers les âges », 1923, chap. III, p. 25, 26, fait remonter la fondation de la paroisse à une époque bien plus ancienne. Il cite un acte de donation du domaine de Château Rouillaud, datant de 1367. Toujours dans le même ouvrage, il évoque un Jehan d’Étalans, curé de Senans, près de Roche (chap. VIII, p. 89).
Curés de la paroisse : Claude Barbe de Villers-Farlay (1623-1632, le registre paroissial commence à cette époque), Jean Villemot (1832-1643), Antoine Dole (1644-1646), Claude Villemot (1648-1649), Nicolas Bourgeois, de Salins (1649-1674), Pierre François de Roche, d’Échenoz (1675-1686), Jean Baptiste Noirot, de Pupillin (1687-1722), Jean Baptiste Noirot, neveu du précédent (1722-1729). Ces informations, données dans le même ouvrage, proviennent du pouillé du diocèse de Besançon (AD25).
[144] Joseph Morel, de 1784 à 1785, Jean Baptiste Noirot, 1785, qui démissionne aussitôt. Joseph Létondal, Arc et Senans à travers les âges », 1923, p. 90.
[145] Claude François Amiet occupait avant la révolution, outre les fonctions d’instituteur et de greffier de la commune, celle de marguillier, comme c’était la coutume. La remise des clés au curé de la paroisse est la conséquence du concordat signé le 15 juillet 1801.
[146]
La reine Marie-Christine d’Espagne n’a pas été impliquée financièrement dans la reconstruction de l’église, pas plus qu’elle ne l’a été dans l’achat des salines de Salins, d’Arc et de Montmorot. Jean-Marie de Grimaldi s’en explique d’ailleurs clairement : « Toutefois, je dois à la compagnie des anciennes salines de l’Est, dont j’ai l’honneur d’être le représentant, compagnie sérieuse, légale, rendue publique par l’accomplissement des formalités dont la loi fait une condition absolue, de protester contre une erreur déjà vieille et que je supposais depuis longtemps abandonnée, à savoir, celle qui attribuerait la propriété exclusive de nos salines à une auguste personne dont on me supposerait le mandataire, ou plutôt le prête-nom. »
TOUBIN Édouard, Notes sur Salins, chapitre Les salines, Médiathèque de Salins-les-Bains, cote MS383, sans date, p. 53. Lettre adressée par Jean-Marie de Grimaldi au rédacteur du journal Le Constitutionnel, publiée dans l’édition du 28 août 1850, p. 3.
C'est Jean-Marie de Grimaldi lui-même qui a financé sur ses propres deniers une partie des travaux de l'église (Clocher et nefs latérales, notamment) ainsi que les oeuvres d'art et tableaux qui s'y trouvent. Ses petits enfants ont d'ailleurs réclamé après 1905 la restitution de ces pièces par vois de justice.
[147] Colonne Guidon à l’intersection de la route de Rans et de celle de Grand-Contour, la seule qui a été démontée.
[148] Jean Baptiste Rondot, l’auteur de ce document, habitait à cette époque la rue des Forges. Source : AD25, Recensement de 1872.